18+
реклама
18+
Бургер менюБургер меню

Шарль Бодлер – «Грустный ветер» и другие стихотворения. Перевод Елены Айзенштейн (страница 7)

18
Frileux comme l’hiver, s’assied près des tisons; Paris est dans la boue au beau mois où Florence Égrène ses trésors sous l’émail des gazons. Vois! les arbres noircis contournent leurs squelettes; Ton âme s’est trompée à sa douce chaleur : Tes yeux bleus sont encor les seules violettes, Et le printemps ne rit que sur ta joue en fleur!

Юной итальянке

Февраль дрожит белой изморозью и снегом; Дождь бьется по углам крыш, словно о край ковчега; И ты говоришь: «О, ангелы-братья, Когда же смогу лесных фиалок собрать я?» Небо наше плачущее, и весна во Франции Словно зима у тлеющего камина; Париж в грязи, когда Флоренция в прекраснейший из сезонов Перебирает сокровища под эмалью газонов. Вижу деревья с контурами черных тог; Твоя душа обманута их нежным пылом: Лазурны только фиалки глаз твоих милых, И весну смешит цвет твоих щёк!

À trois Paysagistes

Salon de 1839

C’est un bonheur pour nous – hommes de la critique, Qui, le collier au cou, comme l’esclave antique, Sans trêve et sans repos, dans le moulin banal Tournons aveuglément la meule du journal, Et qui vivons perdus dans un désert de plâtre, N’ayant d’autre soleil qu’un lustre de théâtre — Qu’un grand paysagiste, un poète inspiré, Au feuillage abondant, au beau ciel azuré, Déchire d’un rayon la nuit qui nous inonde Et nous fasse un portrait de la beauté du monde, Pour nous montrer qu’il est encor loin des cités, Malgré les feuilletons, de sévères beautés Que du livre de Dieu la main de l’homme efface; De l’air, de l’eau, du ciel, des arbres, de l’espace, Et des prés de velours, qu’avril étoile encor De paillettes d’argent et d’étincelles d’or. – Enfants déshérités, hélas! sans la peinture, Nous pourrions oublier notre mère Nature; Nous pourrions, assourdis du vain bourdonnement Que fait la presse autour de tout événement, Le cœur envenimé de futiles querelles, Perdre le saint amour des choses éternelles, Et ne plus rien comprendre à l’antique beauté, À la forme, manteau sur le monde jeté, Comme autour d’une vierge une souple tunique, Ne voilant qu’à demi sa nudité pudique! Merci donc, ô vous tous, artistes souverains! Amants des chênes verts et des rouges terrains, Que Rome voit errer dans sa morne campagne, Dessinant un arbuste, un profil de montagne, Et qui nous rapportez la vie et le soleil Dans vos toiles qu’échauffe un beau reflet vermeil! Sans sortir, avec vous nous faisons des voyages, Nous errons, à Paris, dans mille paysages; Nous nageons dans les flots de l’immuable azur, Et vos tableaux, faisant une trouée au mur, Sont pour nous comme autant de fenêtres ouvertes Par où nous regardons les grandes plaines vertes, Les moissons d’or, le bois que l’automne a jauni, Les horizons sans borne et le ciel infini! Ainsi nous vous voyons, austères solitudes Où l’âme endort sa peine et inquiétudes, Grottes de Cervara, que d’un pinceau certain Creusa profondément le sévère Bertin.