Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 84)
MAGAZ. 116. le premier de novembre. – Die Kronprinzessin starb im Kindbette. Denn sie gebahr den 10/21 October und starb den 20 October/1 November 1715.
N. 423. – Le czar croyait surtout avoir la prérogative de disposer d’un empire qu’il avait fondé. (573).
Voir appendice N. 5, troisième objection de Voltaire.
N. 424. – L’Impératrice Catherine accoucha d’un prince, qui mourut depuis en 1719 (573).
Voltaire indiqua l’année de la mort après avoir reçu la réponse à la question adressée à ses correspondants de Pétersbourg.
Voir appendice N. 5, quatrième objection de Voltaire.
N. 425. – (L’impératrice Catherine accoucha d’un prince…) Soit que cette nouvelle abattît le courage d’Alexis, soit imprudence, soit mauvais conseil, il écrivit à son père qu’il renonçait à la couronne (573).
ALEX. l. 6. le courage d’Alexis. Je crois que le mot de courage se prend toujours en bonne part et alors il suppose une certaine fermeté d’âme qui manquait précisément à Alexis. Mais c’est à Vous d’évaluer la signification des termes; on les adoptera dans le sens qu’il Vous plaira de leur donner.
N. 426. – il paraît étrange que le czar voulût voyager en laissant dans ses États un fils si mécontant et si obstiné… A peine fut-il [le czar] à Copenhague qu’il apprit (ce qu’il pouvait présumer) qu’Alexis ne voyait que
ALEX. p. 8. à peine fut-il à Copenhague qu’il apprit ce qu’il devait bien présumer qu’Alexis ne voyait que des mécontents. Cette parenthèse ce qu’il devait bien présumer, n’accuse-t-elle pas finement le Tsar de manque de prudence? Il a d’autant plus l’air d’un reproche qu’on vient de dire: il est étrange que le czar voulût voyager en laissant dans ses États un fils si mécontent.
Voltaire laissa sans changement les derniers mots, mais dans la phrase «à peine etc.» il substitua «pouvait présumer» à «devait bien présumer».
N. 427. – C’était à peu près la même aventure que celle de Louis XI lorsque, étant encore dauphin, il quitta la cour du roi Charles VII, son père, et se retira chez le duc de Bourgogne. Le dauphin était bien plus coupable que le czarovitz, puisqu’il s’était marié malgré son père, qu’il avait levé des troupes, qu’il se retirait chez un prince naturellement ennemi de Charles VII, et qu’il ne revint jamais à sa cour, quelque instance que son père pût lui faire. Alexis, au contraire, ne s’était marié que par ordre du czar, ne s’était point révolté, n’avait point levé de troupes, ne se retirait point chez un prince ennemi, et retourna aux pieds de son père sur la première lettre qu’il reçut de lui (574–575).
ALEX. p. 9. Le dauphin étoit bien plus coupable que le Tsarévitch puisqu’il étoit marié malgré son père qu’il avoit levé des troupes, qu’il se retirait chés un prince naturellement ennemi de Charles VII, et qu’il ne revint jamais à sa cour quelque instance que son père pût lui faire. – Cette comparaison de la conduite du dauphin avec celle du Tsarevits est ammenée trop manifestement à la charge de Pierre I. Le caractère et le genie des deux princes sont diamétralement opposés et s’il y a de la ressemblance dans quelques unes de leurs démarches, les motifs me paraissent trop différens pour les mettre au niveau. Vous savez, Monsieur, bien mieux que moi que Varillas Mezesai Mathieu disent que le dauphin quoique vieux dans le fond avoit de grandes qualités. Il étoit très habile dans l’art de régner, consommé [?] dans les ruses de la politique d’une valeur éprouvée. Il avoit été à plusieurs expéditions où il acquit beaucoup de réputation principalement par la défaite d’environ 5 mille Suisses près de Bâles qui s’étoient défendus avec une bravoure signalée. Charles VII voyait en lui un successeur dont les vertus et les vices se contrebalançaient tellement que la gloire du royaume ne courait aucun risque. Pierre I ne pouvoit envisager dans son fils que le destructeur de ses grands travaux et l’opprobre d’un empire qui lui devoit toute sa splendeur. Enfin le tsarevits avoit bien plus de vices que le dauphin sans avoir aucune de ses vertus. Il ne s’étoit pas marié, il est vrai, contre le gré de son père, mais il traita si mal une épouse accomplie qu’il avoit reçu de sa main, qu’il abrégea ses jours par les chagrins qu’il lui causa. Il n’a point formé de faction ouverte, il n’a point levé des troupes, mais avoit-il assez de tête et de dextérité pour conduire une entreprise de cette nature? Il avoue lui-même que si les rebelles l’avoient appellé et qu’ils eussent été assés forts, il se seroit déclaré pour eux..
Il ne se retira point chez un prince ennemi, mais le tsar n’en avoit point alors, quelques années plutôt au lieu de se mettre sous la protection de Charles VI il se serait peut-être joint à Charles XII. Il retourna, comme Vous dites, aux pieds de son père à la première lettre qu’il reçut de lui. Quel autre parti pouvoit-il prendre? Ne nous apprenez Vous pas Vous même p. 16 que Charles VI s’étoit contenté de donner une retraite au prince et on l’avoit renvoyé, quand le tsar instruit de sa retraite l’avoit redemandé? On ne sauroit donc interpréter ce retour forcé comme une marque d’obéissance filiale à moins de se contredire.
Toutes les exhortations de Pétersbourg et son insistance mal masquée furent vaines: dans son texte manuscrit Voltaire ne céda sur aucun point.
N. 428. – On pouvait le considérer comme un jeune homme mal conseillé qui était allé à Vienne et à Naples au lieu d’aller à Copenhague. S’il n’avait fait que cette seule faute, commune à tant de jeunes gens, elle était bien pardonnable. Son père prenait Dieu à témoin que non-seulement il lui pardonnerait, mais qu’il l’aimerait plus que jamais. Alexis partit sur cette assurance; mais par l’instruction des deux envoyés qui le ramenèrent, et par la lettre même du czar, il paraît que le père exigea que le fils déclarât ceux qui l’avaient conseillé, et qu’il exécutât son serment de renoncer à la succession (575–576).
ALEX. p. 12. C’étoit un jeune homme qui étoit allé à Vienne et à Naples au lieu d’aller à Copenhague. S’il n’avoit fait que cette seule faute, commune à tant de jeunes gens, elle étoit bien pardonnable. Ce n’est pas précisément son évasion qui rend criminel, mais le motif qui l’y porta: ce sont les démarches illicites qu’il fit auprès de l’empereur pour obtenir du secour contre son père. Il avoue lui-même qu’il cherchoit à parvenir à la succession de quelque autre manière que ce fut excepté de la bonne, et qu’il vouloit l’obtenir par une assistance étrangère. Ce n’est donc plus un jeune homme échappé à la maison paternelle pour voir le monde; c’est un fils désobéissant que ni la bonté ni la rigueur ne pouvoient ramener sur le chemin de l’honneur; c’est un rebelle qui aspire au trône.
Cette fois encore Voltaire resta sourd aux sollicitations venant de Pétersbourg.
N. 429. – Il semblait difficile de concilier cette exhérédation avec l’autre serment que le czar avait fait dans sa lettre d’aimer son fils plus que jamais (576).
ALEX. p. 12. Il sembloit difficile de concilier cette exhérédation avec l’autre serment que le tsar avoit fait dans sa lettre d’aimer son fils plus que jamais. – J’en conviens, mais ne pourrait-on pas dire ici pour disculper le tsar que lorsqu’il écrivit cette lettre à son fils il ne savoit point encor à quel point il fut criminel. Il avoit juré de pardonner à un fils égaré et désobéissant, mais non pas à un fils dénaturé qui soupiroit après la mort de son père; il a donc pu très bien accorder le châtiment avec la religion et ne pas remplir son serment sans être parjure.
N. 430. – On ne voit pas d’abord comment l’empereur aurait pu faire la guerre au czar pour un tel sujet, et comment il eût pu interposer autre chose que des bons offices entre le père irrité et le fils désobéissant (577).
ALEX. p. 15. On ne voit pas comment l’empereur auroit pu faire la guerre au tsar pour un tel sujet, et comment il auroit pu interposer autre chose que des bons offices. – Combien de guerres commencées pour de moindres sujets? Si la politique y auroit trouvé son compte, croyés Vous en conscience que ce prétexte ne lui eut pas parut assez valable? Au reste l’équité et la modération de la cour de Vienne dans cette affaire ne rend pas l’intention du tsarévitch moins criminelle.
N. 431. – Fait à Moscou, le 14 février 1718, n. st. Signé de notre main, et scellé de notre sceau (578).
MAGAZ. 126. le 13 n. st. 1718. – Am 4/15 Februar.
Dans la nouvelle édition il y a probablement une faute d’impression («14»). Soit dans l’édition de 1764 que dans celle qui est citée par Büsching nous lisons «13». Selon la rectification de Büsching il aurait fallu dire le 15 février.
N. 432. – Il fallait décider entre les intérêts de près de dix-huit millions d’hommes que contenait alors la Russie, et un seul homme qui n’était pas capable de les gouverner (578–579).
MAGAZ. 128. que contenait alors la Russie. – Wer kann dieses wissen? Indem vor 1721 keine Zählung der Personen in Russland geschehen ist.
N. 433. – résident de l’empereur, nommé Beyer (579).
MAGAZ. 128. nommé Beyer. Bleyer.
N. 434. – Une accusation plus grave fut une minute de sa propre main d’une lettre écrite de Vienne aux sénateurs et aux archevêques de Russie; les termes en étaient forts: «Les mauvais traitements continuels que j’ai essuyés sans les avoir mérités m’ont obligé de fuir: peu s’en est fallu qu’on ne m’ait mis dans un couvent. Ceux qui ont enfermé ma mère ont voulu me traiter de même. Je suis sous la protection d’un grand prince: je vous prie de ne me point abandonner à présent». Ce mot d’à présent, qui pouvait être regardé comme séditieux, était rayé, et ensuite remis de sa main, et puis rayé encore; ce qui marquait un jeune homme troublé, se livrant à son ressentiment, et s’en repentant au moment même (579).