Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 67)
Alors la princesse se mit en marche vers le couvent de la Trinité en compagnie de quelques unes de ses sœurs. Elle portoit une image du Sauveur sur ses bras, comme une preuve de son innocence. A son arrivée à Wosdwischenskoe elle reçut un message de la part de Sa Majesté par un seigneur de la Cour de n’aller plus loin. Elle répondit avec fierté, que son intention étoit d’aller voir son frère et se reconcilier avec lui, qu’elle le feroit assurément, ne croyant pas que quelqu’un oseroit l’en empêcher. On dépêche un autre seigneur vers elle, pour lui dire, qu’on seroit obligé de recourir à la force, en cas qu’elle s’obstineroit de poursuivre sa marche. Enfin elle entendit raison et retourna à Moscou. Quelques jours après on envoya le bojarin Pierre Wasiliewitsch Scheremetow et un lieutenant colonel des strélits pour demander à la princesse de leur livrer sans tergiversation le traître Tscheglowitoi. Le zar Iwan fut requis en même temps d’interposer son autorité pour que la princesse ne s’opposait pas à la demande qu’on lui feroit. En effet elle soutint l’innocence de Tscheglowitoi de toutes les forces et lui donna un asyle dans ses chambres à la Cour. Elle ne le rendit qu’après que le zar Iwan lui avoit fait dire qu’il désapprouvoit absolument son obstination qu’il n’étoit pas de sentiment de se brouiller pour elle avec son frère, moins encore pour le traître Tscheglowitoi. Tscheglowitoi fut donc rendu et amené au couvent de la Trinité; examiné dans le conseil d’État, il fut mis à la question, il confessa son crime, et il fut décapité. Quelques strélits confidents de Tscheglowitoi eurent le même sort, d’autres furent punis du knout et envoyés en exil en Sibérie. A la place de Tscheglowitoi succède le bojarin prince Iwan Borissowitsch Troekurow en qualité de chef des strélits. C’étoit un homme habile et sévère, qui par ses peines infligées à propos sçavoit prévenir les desordres de cette soldatesque tant accoutumée aux émeutes. Jusqu’ici le prince Wasili Wasiliewitsch Galizin étoit resté à Moscou chez le zar Iwan et la princesse Sophie. Il croyoit peut-être faire par là son devoir, puisque l’administration des affaires tant du dedans que du dehors de l’empire lui étoit confiée.
Mais cela ne l’excusa pas, puisque les autres seigneurs avoient suivis les ordres de Pierre en se rendant au monastère à la première convocation. Il fut exilé avec son fils aîné à Poustoserskoi Ostrog. Depuis on lui a permis de demeurer à Mesen, et en dernier lieu à Pinega, où il est mort en… [points de suspension dans le manuscrit] après quoi son fils a obtenu la permission de retourner à Moscou. L’affaire finit par un ordre de l’empereur à sa sœur de quitter le palais impérial et de se retirer dans le couvent Nowodewitschei, pour y finir ses jours. Elle le fit, quoiqu’avec beaucoup de répugnance, et y prit la voile quelques années après, ayant été nommée Susanne. Les sœurs et tantes sont resté dans le palais. Cela fait, Pierre retourna le 10 Octobre à Moscou. Ce récit est tiré de la relation de Matfeow. On n’y trouve que la seule date du retour de Sa Majesté à Moscou; mais celle du 11 Septembre 1689 dont j’ai fait mention dans ma remarque sur la page 101, ne doit pas être oubliée, parcequ’elle marque la fin de la régence de la princesse Sophie.
N. 175. – Sophie et Ivan, restés dans Moscou, conjurent le corps des strélitz de leur demeurer fidèles (441).
REM. II. p. 111, l. 13. Sophie et Ivan conjurent les strélits. C’étoit Sophie seule. Ivan n’y avoit d’autre part que celle qu’on abusoit de son nom. (MÜLLER: idem. Ceci manque dans les REM. I.)
N. 176. – Quelques-uns furent décapités, après avoir éprouvé le supplice du knout ou des batoques (441).
REM. II. p. 112, l. 23. après avoir éprouvé le supplice du knout et des batoks. Tcheglovitoi, chef de cette conspiration, ainsi que quelques autres furent décapités; d’autres eurent le knout. On coupa à quelques-uns la langue, et on les envoya en exil. On a déjà fait remarquer ailleurs que les batoks ne sont qu’un châtiment léger, qu’on n’employe pas pour des crimes graves (REM. I. et MÜLLER: même texte).
N. 177. – Le prince Gallitzin, qui avait un de ses parents auprès du czar Pierre, obtint la vie (441).
SUPP. p. 113, l. 2. le prince Galizin qui avoit un de ses parents auprès du czar Pierre. Mr. de Voltaire parle ici du prince Boris Alexeewitsch Galizin sans le nommer. C’étoit un des principaux favoris du zar Pierre dans sa jeunesse.
N. 178. – Le prince Gallitzin… fut relégué sur le chemin d’Archangel. La Neuville… dit qu’on prononça la sentence à Gallitzin en ces termes: «Il t’est ordonné par le trèsclément czar de te rendre à Karga, ville sous le pôle…» (441–442).
REM. II. p. 113, l. 6. relégué sur le chemin d’Arkangel. Galitzin fut relégué à Pustosero, petit bourg situé sur les bords de la rivière de Petchora près de la mer Glaciale; on le transporta de là à Pinega dans le voisinage d’Arkangel. (REM. I. et MÜLLER: idem).
REM. II. p. 113, l. 10. Karga ville sous le pôle. Le nom de la ville Kargapol, à moitié chemin entre Moscou et Arkangel, a trompé Neuville. Il y a chés les Russes plusieurs noms des villes qui se terminent en p0l. On voit bien que Neuville étoit mauvais géographe. (REM. I.: même texte à l’exclusion de la dernière phrase: «On voit – géographe».)
SUPP. p. 113. l. 6. sur le chemin d’Arcangel. C’est bien au delà d’Arcangel que Pustoserskoi Ostrog. La ville de Kargapol, dont Mr. de Voltaire parle ci-après, est situé en deçà d’Arcangel, mais pas aussi sur la route en parlant de Moscou.
N. 179. – La princesse Sophie fut reconduite dans son monastère de Moscou (442).
REM. II. p. 113. l. 23. reconduite. La princesse Sophie ne fut pas reconduite dans le couvent. Elle y entra pour la première fois. Il y a même ici une contradiction à ce qui est marqué plus haut à la page 92. (REM. I.: même texte, mais sans la dernière phrase: «Il y a… 92». MÜLLER: même texte que dans les REM. II.: jusqu’aux mots «plus haut» inclusivement.)
N. 180. – Ivan… mourut en 1696 (442).
SUPP. p. 114, l. 6. Iwan mourut en 1696. C’étoit le
n. 181. – Pierre le Grand… il était récemment marié [note de Voltaire: «en juin 1689»], et il avoit épousé, comme tous les autres czars, une de ses sujettes, fille du colonel Lapuchin, mais étant jeune, et n’ayant eu pendant quelques temps d’autre prérogative du trône que celle de se livrer à ses plaisirs, les liens sérieux du mariage ne le retinrent pas assez. Les plaisirs de la table avec quelques étrangers attirés à Moscou par le ministre Gallitzin ne firent pas augurer qu’il serait un réformateur (442).
ЛОМ. I. chap. 4, p. 53. Будто Петр В. после брака, будучи 17 лет, жил только в роскоши, не имея никаких других прерогатив в рассуждении трона. Но известно, что 14 лет зачал собирать регулярное войско, других обучать и сам обучаться.
ЛОМ. I. chap. 4, même page, les liens sérieux etc. Должно совсем вон выкинуть, равно как и ses débauches de table.
SUPP. 116, l. 4. récemment marié, et dans la note: juin 1689. J’ai déjà dit plus haut, que ce mariage fut célébré le 27 Janvier.
SUPP. p. 116, l. 6. colonel Lapuchin. C’étoit Fedor Abramowitsch Lapoukhin. Je ne sçai pas, s’il a été colonel; mais il fut déclaré boyarin lorsque l’empereur prit sa fille en mariage.
SUPP. p. 116, l. 11. quelques étrangers. Mr. Le Fort en étoit un depuis l’année 1689, comme nous le remarquons ci-après.
N. 182. – Il s’appliquait à l’art militaire et au gouvernement (443).
SUPP. p. 116, l. 16. il s’appliquoit à l’art militaire. Pierre s’étoit formé depuis l’année 1683 avec ses Poteschnie aux exercices militaires, mais ce n’étoit que par manière de divertissement d’où vient aussi le nom de Poteschnie qu’on donna à cette compagnie de jeunes gens. Ils étoient tous de bonne famille, et leur nombre accrut de temps en temps. Mr. Le Fort persuada l’empereur en 1690 de leur donner un uniforme, de les mettre en toute sur le pied étranger et d’en faire sa garde. Cinq ans après l’empereur en fit les deux régimens Preobraschenski et Semönowski.
N. 183. – On s’attendait encore moins qu’un prince qui était saisi d’un effroi machinal qui allait jusqu’à la sueur froide et à des convulsions quand il fallait passer un ruisseau deviendrait un jour le meilleur homme de mer dans le Septentrion. Il commença par dompter la nature en se jetant dans l’eau malgré son horreur pour cet élément; l’aversion se changea même en un goût dominant (443).
ЛОМ. I. chap. 4, p. 60. Sueur froide et convulsions quand il falloit passer un ruisseau. Я имею примеры, что государь в детстве воды не боялся и часто ездил Москвою рекою к Савве Сторожевскому с братом своим царем Иоанном Алексеевичем. На сей же странице о ботике весьма ложное известие.
SUPP. p. 116, l. 19. effroi machinal. Cette erreur est inventé par Strahlenberg. Aucun auteur avant lui n’en a fait mention. Nos mémoires russiens n’en disent mot. Et jamais on n’a entendu en Russie que Pierre le Grand ait eu en sa jeunesse une aversion pour l’eau.