Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 69)
SUPP. p. 124, l. 11. il y avoit déjà un régiment – formé par le général Gordon. Il y avoit plusieurs de ces régiments établis du tems du zar Alexis Michailowitsch. Le régiment Butirski, qui a toujours conservé son nom, étoit un des plus anciens. Je ne sçai pas si le nombre de cinq mille hommes pour le régiment de Gordon, et de douze mille pour celui de Le Fort, est juste.
N. 191. – Le tiers de cette armée, appelée régiment, fut composée de Français réfugiés (446).
SUPP. p. 125, l. 4. le tiers de cette armée appellée régiment, fut composé de François réfugiés. Cela me paroit fort douteux. Ces François devroient avoir laissé des descendants à Moscou, ou dans l’armée, cela ne se trouve pas. Il se peut que le tiers des officiers du régiment de Le Fort ont été des François réfugiés. On pourroit prier Mr. de Voltaire de nous envoyer une copie des mémoires du général Le Fort, elle seroit utile pour l’histoire à plusieurs égards.
N. 192. – Pierre voulut voir une de ces images de la guerre, un de ces camps dont l’usage commençait à s’introduire en temps de paix. On construisit un fort, qu’une partie de ses nouvelles troupes devait défendre, et que l’autre devait attaquer (446).
SUPP. p. 125, l. 12. on construisit un fort. On l’a fait deux fois. Premièrement, en 1692, près de Semenowskoe, dans le voisinage de Moscou. Pour la seconde fois, en 1694, après le retour de Sa Majesté d’Arcangel, dans un endroit Koschuchowskoi, que je ne sçai pas bien marquer.
N. 193. – Le czar… comme il avait fait Le Fort général de terre sans qu’il eût encore commandé, il le fit amiral sans qu’il eût jamais conduit un vaisseau; mais il le voyait digne de l’un et de l’autre. Il est vrai que cet amiral était sans flotte, et que ce général n’avait d’armée que son régiment (446).
SUPP. p. 126, l. 5. il le fit amiral – sans flotte. Le Fort ne fut déclaré amiral qu’après qu’on avoit commencé à bâtir des vaisseaux de guerre à Voronesch. C’étoit en 1696.
SUPP. p. 126, l. 8. ce général n’avoit que son régiment. Il est probable que dans ce tems-là l’armée n’étoit pas réglée comme elle est à présent. On ne sçavoit par exemple pas [sic], ce que c’étoient que des divisions en tems de paix sous les ordres des généraux. Chaque colonel, commandoit son régiment en chef. Mr. Le Fort faisoit la fonction de général pour la première fois au siège d’Asow en 1695. Voyés l’Histoire d’Asow dans le «Recueil pour l’histoire de Russie», tome II, p. 181. Mais ce n’étoit pas sa faute que c’étoit la première guerre pendant son généralat.
N. 194. – On réformait peu à peu le grand abus du militaire, cette indépendance des boïards qui amenaient à l’armée les milices de leurs paysans (447).
SUPP. p. 126, l. 10. On réformait peu à peu – cette indépendance des boyards. L’indépendance étoit déjà abrogée en 1680 par le zar Fedor Alexiévitsch. Voyés le «Recueil pour l’histoire de Russie», tome V, p. 15.
N. 195. – L’amiral Le Fort… il fit construire par des Hollandais et des Vénitiens des barques longues, et même deux vaisseaux d’environ trente pièces de canon, à l’embouchure de la Veronise, qui se jette dans le Tanaïs (447).
SUPP. p. 126, l. 23. deux vaisseaux. Outre les deux vaisseaux, dont l’empereur montoit un, et l’amiral Le Fort l’autre, on avoit aussi bâti à Woronesch 23 galères, 2 galeazes et 4 brûlots, et on s’en servit au second siège d’Asow en 1696. Voyés le «Recueil pour l’histoire de Russie», tome II, p. 184. Ces vaisseaux étoient bâtis près de la ville de Woronesch, qui est éloignée de 7 werstes de l’embouchure de la rivière du même nom. Le chantier près de l’embouchure à Tawrow n’a commencé qu’en 1702.
N. 196. – Le czar avait à choisir, en 1689, entre la Turquie, la Suède et la Chine, à qui ferait la guerre. Il faut commencer par faire voir en quels termes il était avec la Chine, et quel fut le premier traité de paix que firent les Chinois (447).
SUPP. p. 127, l. 5. le czar avoit à choisir en 1689. M. de Voltaire recule ici de plusieurs années après avoir déjà parlé d’événements beaucoup plus récents. La guerre avec la Chine n’avoit pas à commencer alors. Elle finissoit en 1689 par le traité de Nertschinsk qui appartient à l’histoire de la régence de la princesse Sophie. Par conséquent il auroit fallu traiter de cette guerre et conclusion de paix avant le sixième chapitre.
N. 197. – Se rapporte à la p. 447 (chap. VI).
ЛОМ. I. chap. 4. В сей главе много отнято чести у Петра Великого и отдано Лефорту. Между тем все так коротко и недостаточно, что совсем не может ни мало служить, хотя к краткой истории государевой.
n. 198. – Chapitre VII. Congrès et traité avec les Chinois (447).
SUPP. p. 128. Congrès et traité avec les Chinois. Tout ce chapitre mérite d’étre rectifié d’après l’Histoire du fleuve Amour, qui se trouve dans le 2etome du «Recueil pour l’histoire de Russie».
MÜLLER. Eine vollständigere Nachricht von diesen Begebenheiten hat Herr Prof. Müller im 2-ten Bande der «Sammlung russischer Geschichte», S. 293–448 ertheilet.
N. 199. – Quand on est sorti de la Sibérie proprement dite, et qu’on a laissé loin au midi cent hordes de Tartares, Calmoucks blancs, Calmoucks noirs, Monguls mahométans, Monguls nommés idolâtres, on avance… sur le fleuve d’Amur ou d’Amour (447).
SUPP. p. 128, l. n. Monguls mahométans. Point de Monguls mahométans, si non dans les Indes.
N. 200. – Ce fleuve [d’Amour]… va se perdre après tant de détours dans la mer de Kamshatka. On assure qu’à son embouchûre dans cette mer, on pêche quelquefois un poisson monstrueux, beaucoup plus gros que l’hippopotame du Nil, et dont la mâchoire est d’un yvoire plus dure et plus parfait. On prétend que cet yvoire faisait autrefois un objet de commerce, qu’on le transportait par la Sibérie, et que c’est la raison pour laquelle on en trouve encor plusieurs morceaux enfouis dans les campagnes. C’est ce qu’on a dit de plus vraisemblable sur cet yvoire fossile dont nous avons déjà parlé; car il parait chimérique de prétendre qu’autrefois il y a eu des éléphans en Sibérie (édition 1759).
REM. II. p. 129. poisson monstrueux. Ce n’est à l’embouchure du fleuve Amour, c’est dans la mer Glaciale, depuis l’embouchure de la rivière d’Anadyr jusqu’au cap des Tchouktchis, qu’on prend ces poissons monstrueux, ou plutôt ces grands hyppopotames, dont les dents, et non pas les mâchoires, font un objet considérable du commerce de la Sibérie. Ils sont de la même beauté et dureté que les dents des éléphants. (MÜLLER: idem. REM. I.: même texte, mais sans les mots: «depuis l’embouchure – des Tchouktchis».)
SUPP. p. 129, l. 9. poisson monstrueux. L’auteur entend sans doute sous cette description les vaches marines, parcequ’il parle après de l’yvoire qu’on en tire. Je ne sçai pas, si cet amphibie est plus gros que l’hippopotame du Nil. Ils sont peut-être de la même grandeur, mais avec cette différence, que l’hippopotame est un quadrupède, et la vache marine est du même genre que les veaux marins. L’yvoire ne vint pas de la mâchoire de cet animal, non plus que l’éléphant. Ce sont les dents de l’un et de l’autre. Mais ces dents sont fort différents en grandeur.
SUPP. p. 129, l. 12. cet yvoire faisoit autrefois un objet de commerce. Il le fait encore. On transporte les dents des vaches marines d’Anadirsk (car c’est aux environs du cap Tschukotski, et non à l’embouchure du fleuve Amour, qu’on les trouve) à Yakouzk, et de là à la Chine, en Perse, en Turquie. Les peuples orientaux estiment ces dents beaucoup plus que l’yvoire de l’éléphant, parce qu’il est plus dur et plus blanc. Ils en font les manches de leurs sables et poignards.
SUPP. p. 129, l. 15. on en trouve encor plusieurs morceaux enfouis dans les campagnes. On n’en trouve jamais sous terre, et dans aucun endroit que dans ceux, où on trouve les vaches marines. Les vaches marines les perdent quelques fois et les laissent sur les rivages. On tue aussi cet animal pour en avoir les dents, ou pour en tirer la graisse.
SUPP. p. 129, l. 17. c’est ce qu’on a dit de plus vraisemblable sur cet yvoire fossile. Mr. de Voltaire prétend expliquer l’origine de l’yvoire fossile de Sibérie, par les dents des vaches marines, qui selon lui ont été apportés là par le commerce. Il n’auroit pas conjecturé si à travers, s’il savoit de quoi il s’agit. J’ai déjà remarqué la différence de l’un et de l’autre. Le meilleur yvoire fossile de Sibérie se trouve entre les fleuves Sana et Indigirka, sur les côtes de la mer Glaciale. Les vaches marines n’habitent pas cette contrée, et ce n’est pas la route du commerce. D’ailleurs c’est une marchandise de prix, qu’on ne perd pas facilement en chemin. Et que dirat-on de l’yvoire fossile de Thuringe et du païs de Wurtemberg? Seroit-il venu aussi du cap Tschoukotski?
SUPP. p. 129, l. 19. Il paroit chimérique de prétendre, qu’autrefois il y a eu des éléphans en Sibérie. Si quelqu’un qui voudroit expliquer l’origine des coquilles et poissons pétrifiés, qu’on trouve sur le haut des Alpes raisonnoit de la sorte, et disoit: il paroit chimérique de prétendre, qu’autrefois il y a eu des coquilles et poissons sur ces montagnes, qu’en diroit-on? Personne n’a prétendu qu’autrefois il y a eu des éléphans en Sibérie; cependant il est incontestable, que les dents et les os de mammont, qu’on trouve en Sibérie (et ce sont les mêmes dont parle Mr. de Voltaire sous le nom d’yvoire fossile) sont des vrays dents et os d’éléphant. On a fait la comparaison des uns et des autres dans l’académie des sciences de St-Pétersbourg, où on a eu l’occasion d’anatomiser plusieurs éléphans, et on a trouvé en tout une parfaite ressemblance.