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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 65)

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SUPP. p. 105, l. 6. alors il prit parti de la dévotion et des rospopites persécutés. Chowanski avoit protégé les roskolniks avant la célébration du concile. Apparement que leur mauvaise conduite lui avoit ouvert les yeux, car depuis ce temps-là les mémoires authentiques ne font plus mention d’aucun fait qui ait eu de rapport à sa première conduite.

SUPP. p. 105, l. 7. il souleva etc. l. 10. la conspiration fut plus sérieuse. Tout cela est faux.

SUPP. p. 105, l. 12. Chowanskoi ne prétendoit pas moins que l’empire – il résolut de massacrer, etc. Il est vrai que dans la publication, qu’on a fait, le 13 Décembre 1682, du supplice des princes Chowanskoi, père et fils, on les a accusé de mauvaises intentions contre la vie des zars et d’avoir cherché à s’emparer de l’autorité souveraine, mais cette accusation ne s’est fondée que sur un billet attaché à la porte du palais à Colomenskoe, où les zars et toutes la famille zarienne étoient allés se divertir le 1 Septembre. On n’a fait là-dessus aucune inquisition. Sans preuves, sans témoins, sans interrogations, sans confrontations, les deux princes furent exécutés, ce qui étoit l’ouvrage de la princesse Sophie, qui craigna leur grand pouvoir auprès des strélits, et peut-être envioit aussi à sa sœur cadette de lui être préférée par un jeune présomptueux. Matfeow ne paroit pas avoir crû que les Chowanskoi ont été si coupables. Il dit en termes exprès que les accusations ont été forgées par le rusé Miloslawski et ses adhérans.

SUPP. p. 105, l. 18. obligés de se retirer au monastère de la Trinité. La Cour étoit allé le 1 Septembre à Colomenskoe, village éloigné de 7 werstes de Moscou, où le zar Alexei Michailowitsch avoit en coutume de séjourner souvent pour se divertir. Le lendemain matin on trouva un billet attaché à la porte du palais, qui parla que les Chowanskis étoient intentionnés de massacrer les zars, le patriarche et les boyars, et vouloient s’emparer du throne. La Cour partit à la hâte de Colomenskoe pour le couvent de Sawa Storoschewski, d’où elle envoya des ordres à Moscou et dans les villes voisines à toute la noblesse de venir au secours de leurs majestés. De ce couvent on partit pour le village Wosdwischenskoe, qui est situé à demi-chemin entre Moscou et le couvent de la Trinité. La date du départ pour Wosdwischenskoe n’est pas marquée; mais la Cour y resta plusieurs jours, et c’est là où se fit le supplice des Chowanskis. Il faut savoir, que la princesse commença alors à craindre plus que jamais le pouvoir des Chowanskis, parce qu’on venoit de l’avertir, qu’ils avoient pris à Moscou avec le secours des strélits certains arrangements, qui ne pouvoient pas lui être indifférents. Le 17 Septembre, jour de nom de la princesse Sophie on apprit que les Chowanskis étoient sortis de Moscou accompagnés de quelques strélits, ce qui fit soupçonner, que leur dessein pouvoit être de venir attaquer la Cour. Aussitôt la princesse ordonna au prince Iwan Michailowitsch Lykow d’aller avec ce qu’il trouverait de monde à la suite des zars, au rencontre des princes, et de se saisir de leurs personnes. Lykow le fit. Il trouva l’un et l’autre sur leurs terres en différents endroits. Il les amena à Wosdwischenskoe, et on les mit à mort le même jour à l’instigation de Miloslawski, qui n’étoit pas du sentiment d’entendre ce qu’ils pourraient alléguer pour leur justification. Quelques strélits de leur suite furent exécutés pareillement. Lorsque les strélits à Moscou entendirent ce qui venoit d’arriver à Wosdwischenskoe, ils se révoltèrent hautement pour venger la mort des Chowanskis, et cela donna occasion que leurs majestés et toute la Cour se retirèrent au couvent de la Trinité. Ils donnèrent au bojarin Michel Petrowitsch Golowin le commandement sur les strélits, qui par sa vigilance et prudence calma bientôt les troubles. Le 6 Novembre la Cour retourna à Moscou.

N. 164. —…se retirer au monastère de la Trinité, à douze lieues de Moscou («Moscou» également dans l’édition de 1761.) (438).

REM. II. p. 105, l. 19. de Pétersbourg. Lisés: «Moscou». (REM. I.: idem.)

N. 165. – Ce monastère de la Trinité appartient aux moines basiliens… Les moines possédaient quatre lieues de pays à la ronde. La famille czarienne y était en sûreté, plus encore par la force que par la sainteté du lieu. De là Sophie négocia avec le rebelle, le trompa, l’attira à moitié chemin, et lui fit trancher la tête, ainsi qu’à un de ses fils, et à trente-sept strélitz qui l’accompagnaient [note de Voltaire: «1682»] (438–439).

REM. II. p. 106, l. 4. On ne saurait dire précisément que les moines possédassent tout le terrain à quatre lieues à la ronde. Ils ont des terres immenses, à proportion des autres couvents, mais dispersées par cy par là. Il y a plus de cent mille paysans, qui apartiennent à ce couvent. (REM. I. et MÜLLER: même texte.)

REM. II. p. 106, l. 4. Sophie négocia avec le rebelle. Ce rebelle étoit Kovanski chef de la cour des strélitz. Sophie n’y étoit pas. C’est Pierre qui employa l’artifice pour l’attirer au couvent de la Trinité (REM. I. et MÜLLER: même texte).

SUPP. p. 106, l. 1. moines Basiliens. Puisqu’il n’y a pas d’autres moines en Russie, que de l’institution de S. Basile, il ne paroit pas nécessaire d’ajouter l’épithète «Basiliens». Mr. de Voltaire auroit pu en faire mention dans le second chapitre.

SUPP. p. 106, l. 6. plus par la force que par la sainteté du lieu. Cette remarque paroit être superflue. On pourroit croire, que Mr. de Voltaire eût voulu se moquer de la sainteté des couvents.

SUPP. p. 106, l. 7. de là Sophie négocia avec le rebelle, etc. Nous avons déjà remarqué que la princesse n’étoit pas dans le couvent de la Trinité, lorsqu’elle envoya pour Chowanski. Aussi n’y avoit-il aucune négociation. Il ne faut pas peindre les hommes plus méchants, qu’ils ne sont.

FAUTES, p. 106, l. 1. moines Basiliens. Il n’y a pas d’autre ordre monastique en Russie que celui de St. Basile.

N. 166. – Le corps des strélitz, à cette nouvelle, s’apprête à marcher en armes au couvent de la Trinité, il menace de tout exterminer; la famille czarienne se fortifie; les boïards arment leurs vassaux; tous les gentilhommes accourent; une guerre civile sanglante commençait. Le patriarche apaisa un peu les strélitz; les troupes qui venaient contre eux de tous côtés les intimidèrent: ils passèrent enfin de la fureur à la crainte, et de la crainte à la plus aveugle soumission, changement ordinaire à la multitude. Trois mille sept cents de leurs femmes et de leurs enfants, se mirent une corde au cou, et marchèrent en cet état au couvent de la Trinité, que trois jours auparavant ils voulaient réduire en cendres. Ces malheureux se rendirent devant le monastčre, portant deux ŕ deux un billot et une hache; ils se prosternčrent ŕ terre, et attendirent leur supplice; on leur pardonna. Ils s’en retournčrent ŕ Moscou en bénissant leurs maîtres, et pręts, sans le savoir, ŕ renouveler tous leurs attentats ŕ la premičre occasion (439).

SUPP. p. 106, l. 11. le corps de strélits, etc. jusqu’à la ligne 12 de la page suivante. Tout ce paragraphe ne se fonde sur aucune autorité digne de foy. Nous avons déjà rapporté ce qui se passa à Moscou, en quoi nous avons suivi Matfeow. On peut encore ajouter, que dans le commencement de l’année 1683 plusieurs strélits furent exilés et envoyés en Sibérie, où ils ont été enrôlés parmi les Cosaques.

SUPP. 107. A la place du paragraphe dont nous avons parlé, on pourroit mettre deux événements: le premier, que la princesse Sophie donna le commandement des strélits à un secrétaire nommé Fedor Tscheglowitoi, qu’elle fit secrétaire d’Etat, ou dumnoi diak, et après ocolnitschei, homme rusé, avec qui elle communiqua tous ses secrets; et le second, que Pierre I commença en 1683 à former le petit corps des Poteschni, dans lequel il s’est fait enrôler lui-même en simple soldat, pour donner l’exemple de subordination à ses sujets. Mr. de Voltaire rapporte ce fait dans le chapitre suivant, mais il vaudroit mieux suivre l’ordre chronologique, parce que par là on reconnoit le génie précoce de l’empereur, qui n’avoit que onze ans lorsqu’il mit le fondement de la grande réforme dans le militaire.

N. 167. – Sophie… Pour augmenter sa puissance, elle la partagea avec le prince Basile Gallitzin, qu’elle fit généralissime, administrateur de l’état, et garde des sceaux (439).

SUPP. p. 107, l. 18. Basile Gallitzin. Le prince Wasili Wasiliewitsch Golizin avoit le titre de président de la chancelerie des ambassades, ce qui est la même dignité que nous appelions à présent celle du chancelier. En effet il étoit premier ministre tant pour les affaires de dedans que de dehors de l’empire.

N. 168. – Ce ministre [Basile Gallitzin] contint la milice des strélitz en distribuant les plus mutins dans des régiments en Ukraine, à Casan, en Sibérie. C’est sous son administration que la Pologne, longtemps rivale de la Russie, céda, en 1686, toutes ses prétentions sur les grandes provinces de Smolensko et de l’Ukraine (440).

SUPP. 108, l. 10. ce ministre contint la milice des strélits. C’étoit le seul article qui manqua à l’autorité de Golizin. Il n’avoit aucun commandement sur les strélits. La princesse Sophie l’avoit donné à Tscheglowitoi, qui étoit beaucoup plus son confident que Golizin.