Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 64)
SUPP. p. 103, l. 11. un certain Abakum. Il faut observer, qu’Awakum ne vivoit plus alors. Il auroit été condamné par un concile assemblé à Moscou en 1677 à être envoyé en prison Pustoserskoi Ostrog. Il continua non obstant à semer sa doctrine, et proféra des injures contre le gouvernement. C’est pour ça on l’avoit mis à mort. Nikita, complice d’Awakum, étoit rentré dans le sein de l’église, après une réfutation solennele de ses erreurs; mais on l’apperçut par la suite qu’il ne l’avoit fait que par dissimulation.
JOUR. Croyez-vous qu’on puisse prendre et faire passer pour le nom d’une personne le mot Rasp0p qui signifie prêtre excommunié? c’est ce qu’a pourtant fait l’historien du czar, pag. 103, 104 et 105. – Objection de Voltaire: «Qu’on lise tout ce morceau dans l’histoire de M. de Voltaire et l’on verra que cette prétendue erreur ne jette aucune espèce de contre-sens dans le récit des brigues de ce Raspop ou de ce prêtre excommunié, si toutefois l’explication du Critique n’est pas fausse».
N. 160. – Les sectaires enfin entrèrent dans la cathédrale, où le patriarche et son clergé officiaient: ils le chassèrent, lui et les siens, à coups de pierres, et se mirent dévotement à leur place pour recevoir le Saint-Esprit (438).
SUPP. p. 103, l. 20. les sectaires entrèrent dans la cathédrale. Ce fait ne se trouve pas ni dans la relation de Matfeow, ni dans le livre «Цвет духовной», par conséquent il doit être regardé comme faux.
N. 161. – On courut avertir la princesse Sophie et les deux jeunes czars de ces désordres; on fit dire aux autres strélitz qui soutenaient la bonne cause que les czars et l’église étaient en danger. Le parti des strélitz et bourgeois patriarcaux en vint aux mains contre la faction des abakumistes; mais le carnage fut suspendu dès qu’on parla de convoquer un concile (438).
SUPP. p. 104, l. 6. On courut avertir la princesse Sophie. p. 104, l. 10. le parti des strélits et bourgeois patriarcaux en vint aux mains, etc. p. 104, l. 13. Le carnage fut suspendu dès qu’on parla de convoquer un concile. Tout cela paroit être ajouté par l’historien. Il ne s’en trouve rien dans les mémoires authentiques. C’étoit, selon Matfeow, le prince Chowanski, qui porta la princesse à convoquer le concile.
N. 162. – Le patriarche et un évêque disputèrent contre Raspop, et, au second syllogisme, on se jeta des pierres au visage. Le concile finit par couper le cou à Raspop et à quelques-uns de ses fidèles disciples, qui furent exécutés sur les seuls ordres des trois souverains, Sophie, Ivan et Pierre (438).
REM. II p. 104, l. 21. Il n’y eut que le seul Nikita Rospop qui fut décapité. Quelques-uns de ses principaux adhérans subirent la peine du knout et furent exilés. (REM. I. et MÜLLER: même texte.)
SUPP. p. 104, l. 19. au second syllogisme on se jetta des pierres au visage. On voit bien que Mr. de Voltaire a voulu plaisanter sur ce concile. On ne disputa pas par syllogismes, et on ne s’est pas jetté des pierres au visage. Voilà comme le fait est raconté dans le livre «Цвет духовной». Après la mort du zar Fedor Alexeewitsch les roskolniks tumultuoient à Moscou ayant à leur tête le dit Nikita. Ils prétendoient que le patriarche devoit disputer avec eux dans le marché devant le Kreml. On se douta que leur intention n’étoit que de lapider jusqu’à la mort tout le clergé russien. Le patriarche et plusieurs évêques se trouvoient dans l’église cathédrale, d’où ils envoyèrent un protopop avec une exhortation pastorale écrite par eux pour les calmer. Ce protopop, ayant commencé à lire son exortation, manqua d’être massacré. Sur cela les deux zars (ou plustôt la princesse Sophie) ordonnèrent que tout le clergé s’assembla au palais dans la grande chambre appellée Granowita Palata. Et on fit dire aux roskolniks d’y venir. Les deux zars présidoient à cette assemblée. La zarine Natalia Kirilowna, mère du zar Pierre, la princesse Tatiana Michailowna, tante des deux zars, et les princesses Sophie et Marie, leurs sœurs, y assistoient. Le clergé consistoit du patriarche, de 9 métropolites, de 5 archevêques, de 2 évêques, et de plusieurs archimandrites, prieurs et autres écclésiastiques. Toute la noblesse, tant gens de la Cour, que de la Robe, et les chefs de l’armée, s’y trouvoient également, et outre cela il y avoit des députés des régiments, en garnison à Moscou, pour pourvoir à la sécurité publique. Les roskolniks entrèrent en procession, portant devant eux des images des saints et tenant des bougies allumées dans leurs mains. Ils présentèrent aux zars une requête remplie de mensonges, et sans aucune signature. Elle est insérée dans le dit livre. Lorsqu’on la lut, Nikita insulta le patriarche par des moqueries injurieuses. L’archevêque Athanase de Colmogori réprimanda Nikita de son manque de respêt pour une personne si respectable, ce qui échauffa tellement le dernier, qu’il pensa se venger sur l’archevêque par des coups de bâtons. Les députés des régiments se mirent entre deux, et retinrent le furieux. Après le patriarche prononça un sermon pour réfuter les erreurs des roskolniks, ce que ceux-ci ne voulurent entendre et commencèrent un si grand tumulte, que les zars se levoient pour se retirer. Le patriarche les pria de rester encore un moment. On recommença à lire la requête, et avant que de la finit il devint tard, tellement qu’on ne put prendre aucune resolution. Les roskolniks s’étant retirés de l’assemblée les premiers, crioient sur les rues de toute leur force d’avoir vaincu le clergé; et prêchoient pendant quelques jours leurs erreurs publiquement au peuple. A la fin la Cour envoya des troupes pour prévenir que le mal ne devint plus grand. On se saisit de Nikita, et de quelques autres principaux du tumulte. Le premier fut décapité, et les autres furent mis entre les mains du patriarche, qui les confia à la surveillance des évêques. C’est ce qui a été publié alors par authorité patriarchale. Matfeow ajoute que les roskolniks allant au concile avoient chargé leurs poches de pierres, mais il ne dit pas, qu’ils en ont fait usage.
SUPP. p. 104, l. ult. Sophie, Iwan et Pierre. On n’a jamais mis le nom de la princesse devant les noms des zars, mais toujours après, et aussi cela ne se faisoit pas alors. Sophie, quoique régente de l’empire, fit expédier tous les ordres sous les seuls noms des zars. Elle n’a commencé à ajouter le sien qu’en 1687.
N. 163. – Dans ce temps de trouble, il y avait un knès, Chovanskoi, qui, ayant contribué à l’élévation de la princesse Sophie, voulait, pour prix de ses services, partager le gouvernement. On croit bien qu’il trouva Sophie ingrate. Alors il prit le parti de la dévotion et des raspopites persécutés; il souleva encore une partie des strélitz et du peuple au nom de Dieu: la conspiration fut plus sérieuse que l’enthousiasme de Raspop… Chovanskoi ne prétendait pas moins que l’empire; et, pour n’avoir désormais rien à craindre, il résolut de massacrer, et les deux czars, et Sophie, et les autres princesses, et tout ce qui était attaché à la famille czarienne. Les czars et les princesses furent obligés de se retirer au monastère de la Trinité (438).
SUPP. p. 105, l. 1. dans ce temps de trouble il y avoit un knès Chowanskoi. Il paroit par ce qui a été dit, que Chowanski vient ici trop tard. Il auroit fallu faire mention de lui d’abord après le récit de la première rébellion des strélits, puisqu’alors la princesse donna le commandement en chef de ces troupes au prince Iwan Andreevitsch Chowanski et à son fils le prince André Iwanowitsch. Ces princes se finirent aimer fortement par les strélits. Ils leurs obtinrent la permission d’ériger une colonne devant le palais sur laquelle on grava les noms des grands qui avoient été tués dans la première rébellion, en les caractérisant comme traîtres de la patrie, qui par conséquence avoient été massacrés légitimement. Ils leurs procurèrent des patentes de remerciement de leurs fidèles services, expédiées au noms des zars et ruinèrent le thrésor par des présents, qu’ils leurs faisoient.
SUPP. p. 105, l. 2. ayant contribué à l’élévation – vouloit partager le gouvernement. On croit, qu’il trouva Sophie ingrate. Chowanski n’avoit en rien contribué à l’élévation de la princesse. Aussi ne l’a-t-on pas soupçonné de vouloir partager le gouvernement avec la princesse. Matfeow a peint son portrait comme d’un homme simple et sans courage. Etant parvenu à la grande autorité que lui donnoit son commandement sur les strélits, il força la veuve du dumnoi diak Larion Iwanow, tué dans la rébellion, de se marier avec lui. Ainsi il ne pouvoit pas prétendre sur Sophie, comme Mr. de Voltaire paroit vouloir indiquer. Mais son fils, le prince André, jeune homme sans conduite et sans expérience, a été accusé d’avoir aspiré au throne par un mariage avec la princesse Catherine, sœur cadette de Sophie, ce qui doit avoir aliéné Sophie des intérêts des Chowanski. Une autre raison étoit, que les Chowanski s’étoient brouillés avec le bojarin Miloslawski, parent de la princesse du côté de sa mère, homme rusé, et, selon Matfeow, premier mobile de tout ce qui s’étoit fait pour établir l’autorité de la princesse.