Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 58)
SUPP. p. 66. l. 13. Jean Zimiscès. C’étoit l’empereur Constantin Porphyrogénète.
N. 98. – Vladimir, né d’une concubine, ayant assassiné son frère pour régner. (1759: Volodimer) (422).
SUPP. p. 66. l. 23. Volodimir [sic] né d’une concubine. On sçait que dans le paganisme la différence entre une femme et concubine n’étoit pas grande; ainsi il est peu essentiel de relever cette circonstance dans un si grand prince. Les auteurs qui ont dit cela paroissent avoir voulu ternir sa gloire.
IBID. ayant assassiné son frère pour régner. Vladimir [sic] entreprit la guerre contre son aîné pour se défendre, et il ne l’assassina point ni commanda de le faire ce qui est évident, parce que les assassins au lieu d’attendre une récompense de Vladimir se réfugèrent chez ses ennemis les Pacinacites [sic].
N. 99. – Le patriarche Photius, si célèbre par son érudition immense, par ses querelles avec l’église Romaine, et par ses malheurs, envoya baptiser Volodimer, pour ajouter à son patriarchat cette partie du monde [note de Voltaire: «Tiré d’un manuscrit particulier déposé aussi à la Bibliothèque, intitulé Du gouvernement ecclésiastique de Russie»] (édition 1759).
ЛОМ. II. Фотий патриарх будто крестил всю Россию, чего отнюдь не бывало. Оскольд и Дир ходили воевать на Грецию во дни Фотиевы, и некоторые из Россиян крестились. После того, спустя лет около двух сот, Владимир, приняв греческое христианство, окрестил большую часть России, при греческом патриархе Николае Хризовуле, первым российским митрополитом Михайлом и протопопом Анастасием корсунянином.
REM. II. p. 67. l. 7. envoya baptiser Wolodimer. Le patriarche Photius vécût au milieu et vers la fin du IXme siècle. Le grand duc Wolodimer reçut le bapthême en 988. (REM. I.: idem.)
SUPP. p. 67. l. 5. Le patriarche Photius. Ce n’étoit pas Photius qui siégoit alors, c’étoit le patriarche Nicolas Chrysoberge; Photius étoit mort en 891 et ainsi 97 ans auparavant.
JOUR. Page 67, le patriarche Photius si célèbre par son érudition, par ses querelles avec l’Église et par ses malheurs envoya baptiser Volodimer, etc. Voilà bien des circonstances; mais il n’est pas possible que M. de Voltaire les ait écrites d’après «un manuscrit intitulé Gouvernement ecclésiastique de Russie». Eh, comment pourroit-on supposer que les manuscrits qui ont été fournis à M. de Voltaire renfermassent un tel anachronisme? Photius mourut en 891, Wladimir, et non Volodimer, ne fut baptisé qu’en 988 sous le patriarche Nicolas Chrisoberge. Comment concilier d’aussi fortes contradictions? Il ne faut pas au reste confondre le patriarche avec le métropolitain. – Réponse de Voltaire: «Cette observation critique est bonne: elle est fondée et raisonnable. M. de Voltaire a connu la méprise: voy. notre Journal du Ier Novembre dernier, pag. 120 et 121».
Voltaire a reconnu son erreur et l’a également corrigée dans l’introduction au 2me vol. de son «Histoire».
Le 22 avril 1761, probablement afin de contrôler ses connaissances, Voltaire pria Thieriot de lui envoyer un calendrier ou un almanach, contenant la liste des patriarches grecs. «J’en ai besoin, non pas que je pense un vif intérêt à l’Église grecque, mais en qualité de pédant» (N. 4530).
Dans les éditions parues après 1768 le texte primitif fut substitué par les mots suivants:
«Un patriarche de Constantinople, nommé Chrysoberge, envoya un évêque baptiser Vladimir, pour ajouter à son patriarcat cette partie du monde».
Mais on a conservé la note: «Tiré d’un manuscrit particulier, intitulé «Du gouvernement ecclésiastique de Russie» (pp. 422–423).
Voir aussi appendice N. 2, par. 12.
N. 100. – Un Grec fut premier métropolitain de Russie ou patriarche (édition 1759).
REM. II. p. 67. l. 12. 0u patriarche. Il y a une grande différence entre patriarche et métropolitain. Il y a encore actuellement des métropolitains en Russie. (REM. I.: idem.)
SUPP. p. 67. l. 11. Un Grec fut le premier métropolitain de Russie, ou patriarche. Il y a bien de différence entre un métropolitain et patriarche. Le patriarchat ne fut fondé en Russie qu’en 1589. Un Syrien de nation, nommé Michel, fut le premier métropolitain eh Russie.
Voltaire suivit les indications qui lui étaient fournies et dans les modifications introduites dans le 2me vol. il donna à la phrase précédente une nouvelle tournure: «Un Syrien nommé Michel, fut le premier métropolitain en Russie, etc.». Le mot «etc.» fait supposer que Voltaire eût accepté seulement l’observation concernant la nationalité et eût continué à ne voir aucune différence entre le titre de métropolite et celui de patriarche.
C’est curieux que dans les éditions plus récentes le texte primitif, même dans sa première partie, soit resté inchangé. Ainsi nous lisons dans l’édition Garnier: «Un Grec fut le premier métropolitain de Russie ou patriarche».
Au sujet du premier métropolite russe et de sa nationalité voir E. Голубинский, История русской церкви. Vol. I, 1repartie. М. 1880, p. 245.
N. 101. – Un des patriarches grecs, nommé Jérémie… sacra patriarche l’archevêque de Novogorod, nommé Job, en 1588 (423).
SUPP. p. 68. l. 2. archevêque de Novogorod nommé Job. Il n’a jamais été archevêque de Novogorod. D’evêque de Colomna il fut fait archevêque de Rostoff et après métropolitain de Moscou. C’est de cette dignité que le zar Fédor Iwanovitsch le fit élever à celle de patriarche.
N. 102. – Le patriarche de Russie… eut rang dans l’église grecque après celui de Jérusalem… Ceux de Jérusalem, de Constantinople, d’Antioche, d’Alexandrie, ne sont que les chefs mercenaires et avilis d’une église esclave des Turcs (423).
REM. II. p. 68. l. 12. Ceux de Jérusalem. Celui de Constantinople est le premier et le plus ancien. (REM. I.: idem.)
Voir appendice N. 2, par. 13.
N. 103. – C’est d’un homme devenu patriarche de toutes les Russies que descendait Pierre le Grand en droite ligne (423).
ЛОМ. I. chap. I, p.
REM. I. p. 68. l. 19. C’est d’un homme devenu patriarche. Il faudroit expliquer les circonstances de la généalogie, qui autrement ne sauroit manquer de frapper, car on sait que les patriarches ne se marient point.
REM. II. p. 68. l. 19. C’est d’un homme devenu patriarche. Mr. de Voltaire est prié de donner un autre tour ou commencement de ce période, en suivant les mémoires, qu’on lui a fourni, ou de l’ôter entièrement. Faire descendre Pierre I en ligne droite d’un patriarche, sans dire comment, ne peut manquer de frapper tout lecteur, d’autant plus qu’on sait que les patriarches ne se marient point.
SUPP. p. 68. l. 19. C’est d’un homme devenu patriarche que descendoit Pierre le Grand. Cela paroit être déplacé ici; on ne devroit pas donner des enigmes à deviner dans une histoire.
N. 104. – C’était peu que le souverain marchât nu-tête une fois l’an devant le patriarche, en conduisant son cheval par la bride (423).
REM. II. p. 68 à la fin. marchant tête nue. Il faudroit ajouter dans quelle occasion. C’est le jour de Rameaux, lorsque, imitant l’entrée de Jésus-Christ à Jérusalem, le patriarche representoit la personne de notre Seigneur. (REM. I.: idem, texte légèrement modifié.)
Voir appendice N. i, objection 12.
N. 105. – Le patriarche Nicon, que les moines regardent comme un saint, et qui siégeait du temps d’Alexis, père de Pierre le Grand, voulut élever sa chaire au-dessus du trône; non-seulement il usurpait le droit de s’asseoir dans le sénat à côté du czar, mais il prétendait qu’on ne pouvait faire ni la guerre ni la paix sans son consentement. Son autorité, soutenue par ses richesses et par ses intrigues, par le clergé et par le peuple, tenait son maître dans une espèce de sujétion. Il osa excommunier quelques sénateurs qui s’opposèrent à ses excès, et enfin Alexis, qui ne se sentait pas assez puissant pour le déposer par sa seule autorité, fut obligé de convoquer un synode de tous les évêques. On l’accusa d’avoir reçu de l’argent des Polonais; on le déposa; on le confina pour le reste de ses jours dans un cloître, et les prélats élurent un autre patriarche (424).
REM. II. p. 69. l. 6. Nicon. Pas les moines, mais quelques uns du bas peuple, qui le regardent encore comme un saint. La plupart des raisons alléguées par des auteurs étrangers, de la querelle entre le tsar et Nicon sont fausses. On ne manquera pas d’envoyer à M. de Voltaire un extrait des actes de son procès, pour lui donner une juste idée de cet homme et de sa fameuse dispute avec le tsar Alexis Michailovits, uniquement pour sa satisfaction (Manque dans les REM. I).
SUPP. p. 69. l. 6. Nicon que les moines regardent comme un saint. On affronte par cette expression tout le haut clergé de Russie, tous les évêques et archevêques étant moines. D’ailleurs c’est une accusation mal fondée, comme aussi la plus grande partie de celles [?] que Mr. de Voltaire mêt ci-après sur le compte de Nicon.
N. 106. – Il y eut toujours, depuis la naissance du christianisme en Russie, quelques sectes, ainsi que dans les autres états; car les sectes sont souvent le fruit de l’ignorance, aussi bien que de la science prétendue (424).