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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 59)

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SUPP. p. 70. l. 2. Il y eut toujours depuis la naissance du christianisme quelques sectes. On pourroit dire qu’aucune église n’en eu moins de sectes que celle de Russie.

N. 107. – La secte de ces raskolnikis, composée aujourd’hui d’environ deux mille mâles… est la plus ancienne; elle s’établit dès le XIIesiècle (424).

REM. II. p. 70. l. 12. deux mille mâles. C’est le nombre de ceux qui se sont fait inscrire comme roskolniks, et qui payent une certaine taxe de plus que les autres paysans. Il y en a bien vingt fois autant et plus, qui les sont en secret. (REM. I.: idem.)

SUPP. p. 70. l. 15. Roskolniki depuis le douzième siècle. Ils n’existent que depuis le temps du patriarche Nicon.

N. 108. – Au reste, il n’y a, dans un si vaste empire, que vingt-huit sièges épiscopaux (425).

ЛОМ. II. Епархий в России мало поставлено.

SUPP. p. 72. l. 4. Vingt-huit sièges épiscopaux. On compte à présent trente; du temps de Pierre le Grand ils étoient du nombre de vingt-cinq.

N. 109. – Cette église, d’ailleurs, était si peu instruite que le czar Feodor, frère de Pierre le Grand, fut le premier qui introduisit le plain-chant chez elle (425).

SUPP. p. 72. l. 188. Cette église étoit si peu instruite. L’église Russienne a eu depuis son commencement la Sainte Écriture et les principaux Pères d’Église grecque dans sa langue. Elle n’étoit donc pas mal instruite. Le manque du plain-chant ne peut en être une preuve. Celui-ci fut introduit à Moscou par le patriarche Nicon, après qu’on l’avoit eu longtemps auparavant à Kiow.

N. 110. – Foedor, et surtout Pierre, admirent indifféremment dans leurs armées et dans leurs conseils ceux du rite grec, latin, luthérien, calviniste: ils laissèrent à chacun la liberté de servir Dieu suivant sa conscience, pourvu que l’État fût bien servi (425).

SUPP. p. 72. l. 12. Fedor, et surtout Pierre, admirent indifféremment dans leurs armées ceux du rite grec, latin, etc. Le zar Iwan Wasilievitsch l’avoit déjà fait. Boris Godounof prit beaucoup d’étrangers en son service. Le zar Alexis Michailovitsch forma plusieurs régiments tant d’infanterie que de cavallerie sur le pied étranger, à l’aide des officiers de presque toutes les nations de l’Europe.

N. 111. – Il n’y avait, dans cet empire de deux mille lieues de longueur, aucune église latine (425).

REM. II. p. 72. l. 19. église latine. Le Père Avril dit à la page 131 de son Voyage qu’à son arrivée à Moscou en 1687 il alla loger chés les Jésuites, que l’empereur y avoit établi depuis un ou deux ans en considération des officiers allemands qui occupoient les premières charges dans l’armée des tsars. A son passage par Astrakan 1686 il se logea dans le caravanserai des étrangers. Il avoit sans doute logé chés des religieux de sa religion, s’il y en avoit eu. Voyage du P. Avril, p. 85. (Manque dans les REM. I.)

N. 112. – Quand les Jésuites voulurent s’introduire [dans] ses États, il [Pierre] les en chassa par un édit au mois d’Avril 1718. Il souffrait les Capucins comme des moines sans conséquence, et regardait les Jésuites comme des politiques dangereux (édition 1759).

SUPP. p. 72, à la fin. Quand les jésuites voulurent s’introduire dans ses États il les en chassa en 1718. Les jésuites ont été chassés deux fois: premièrement, en 1689 dans le mois d’août, après la disgrâce du prince Wasili Wasiliewitsch Golizin, comme remarque Neuville dans sa Relation à la page 177. Et le P. Avril nous dit dans son Voyage à la page 131, qu’ils avoient été reçus à Moscou en 1683. Ainsi il paroit qu’ils se sont mêlés alors dans les pernicieux desseins de la princesse Sophie. Je ne saurois dire quand ils y sont rentrés, mais leur second bannissement en 1718 fait croire qu’ils ont eu part à la conspiration en faveur du zarevitsch.

Voltaire se servit de cette observation et dans l’introduction au 2me vol. il écrivit: «Il regardait les Jésuites comme des hommes dangereux; on peut ajouter, que les Jésuites qui s’étaient introduits en Russie en 1685 en furent chassés en 1689 et qu’y étant rentrés, ils en furent encore chassés en 1718».

De ce fait ce passage fut modifié ainsi dans la suite: «Quand les Jésuites voulurent s’introduire dans ses États, il les en chassa par un édit, au mois d’Avril 1718. Il souffrait les Capucins comme des moines sans conséquence, et regardait les Jésuites comme des politiques dangereux. Ces Jésuites s’étaient établis en Russie en 1685; ils furent expulsés quatre ans après; ils revinrent encore, et furent encore chassés».

N. 113. – La Russie… on la voit auparavant… armer du temps d’Héraclius quarante mille petites barques, se présenter pour assiéger Constantinople, imposer un tribut aux Césars grecs (426).

REM. II. p. 74. l. 7. Héraclius. C’étoient les Avares (en russe: Obri) qui lui firent la guerre, et qui manquèrent de le faire prisonnier en 619. Suivant les annales de Nestor, les Russes se présentèrent pour la première fois en 864 devant Constantinople. Ils en furent chassés, et leur petite flotte détruite par un prétendu miracle. La seconde fois Oleg tuteur du jeune grand duc Igor assiégea au commencement du Xme siècle la ville de Constantinople avec une nombreuse armée par terre et 2.000 barques portant chacune 40 hommes. Les empereurs grecs, pour s’en défaire d’une bonne manière, furent obligés de lui accorder un tribut. En 940 le grand duc Igor entreprit une autre expédition par terre et par mer contre Constantinople. Les empereurs Roman et Constantin détournèrent encore cet orage en s’offrant de nouveau à payer un tribut. Cedrenus, historien grec, fait monter cette flotte russe dans cette dernière expédition à 10, et Zonaras à 15.000 voiles. (Dans les REM. I. nous ne trouvons que la première phrase: «C’étoient – en 619».)

N. 114. – Le grand-knès Vladimir, occupé du soin d’introduire chez lui le christianisme, et fatigué des troubles intestins de sa maison, affaiblit encore ses États en les partageant entre ses enfants. Ils furent presque tous la proie des Tartares, qui asservirent la Russie pendant deux cents années. Ivan Basilides la délivra et l’agrandit (426).

REM. IL p. 74. l. 10. grand-knès. Il vaut mieux dire: grand duc, comme on l’a fait ailleurs, et comme tous les auteurs françois les nomment. (Dans les REM. I.: première moitié seulement: «Il vaut – ailleurs».)

REM II. p. 74 à la fin. Ivan Basilides. Ajoutés: «le grand duc». (REM. I.: Pour le distinguer du tsar de ce nom il faudroit ajouter: «le grand duc».)

SUPP. (p. 74). l. 15. Volodimer fatigué des troubles de sa maison affaiblit. Il n’y a pas eut de troubles intestins sous le règne de Vladimir qu’après le partage qu’il fit de ses états entre ses enfants. C’est une faute universelle de presque tous les auteurs étrangers qui ont écrit sur la Russie d’attribuer l’affaiblissement de l’empire qui en a facilité la conquête aux Tartares au partage fait par Vladimir. Il faut plutôt attribuer ce malheur au partage que Jaroslaw fit entre ses enfants, et aux dissensions des derniers princes de la Russie. D’ailleurs quelques principautés, qu’on suppose avoir pris leur origine du temps de Vladimir ne se sont formés que sous le joug des Tartares.

N. 115. – Avant Pierre le Grand… la Russie… ne possédait rien dans la Finlande, rien dans la Livonie; et la Livonie seule vaut mieux que n’a valu longtemps toute la Sibérie. Les Cosaques n’étaient point soumis; les peuples d’Astracan obéissaient mal (426).

ЛОМ. I. chap. I, p. 30. Ливония больше доходов приносит, нежели Сибирь. Сомневаюсь.

REM. II. p. 75, l. 7. Les Cosaques n’étoient point soumis. Il faut bien distinguer les Cosaques. Ceux du Don l’étoient de tout temps; ceux de l’Ukraine l’étoient aussi depuis 1654, qu’ils se rendirent au tsar Alexis. Les seuls Zaporoviens quoique dépendants du hetman de l’Ukraine se mutinoient quelque fois. (REM. I.: idem.)

SUPP. p. 75. l. 8. les peuples d’Astracan obéissoient mal. Je ne sçaurois pas le confirmer. L’état de ses peuples n’a pas été changé par Pierre le Grand, non plus que celui des Cosaques.

N. 116. – La mer Blanche, la Baltique, celle du Pont-Euxin, d’Azof, et la mer Caspienne, étaient entièrement inutiles à une nation qui n’avait pas un vaisseau, et qui même dans sa langue manquait de terme pour exprimer une flotte (426).

SUPP. p. 75. l. 16. nation qui n’avoit pas un vaisseau. La Russie a eu des vaisseaux depuis le temps du zar Iwan Wasiliewitsch, tant sur mer Glaciale que Caspienne, et les Cosaques en ont eu sur la mer Noire.

JOUR. La mer Blanche, la mer Baltique, etc., pag. 75. Il est vrai que Pierre le Grand a fait construire des vaisseaux de guerre; mais il n’est pas vrai que les Russes n’aient eu avant le czar aucun vaisseau sur ces mers. Il est si peu vrai aussi que la langue manquât de termes pour exprimer les mots flotte, vaisseau, qu’après la mort d’Iwan Wasiliewitsch les commerçans de cette nation faisoient des courses maritimes sur des vaisseaux appellés suivant leur différente grandeur Kotschen ou Lodji. Voyez Oléarius. Le czar Alexis Michaelowitsch fit construire l’Aigle, vaisseau qui pouvoit le disputer à tous ceux qui pour lors voguoient sur l’Océan. Basezki rapporte les désordres que les Cosaques russiens ont faits à Sinope, à Trapezonte et dans les fauxbourgs de Constantinople.