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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 60)

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N. 117.– Une loi même d’État et de religion, également sacrée et pernicieuse, défendait aux Russes de sortir de leur patrie, et semblait les condamner à une éternelle ignorance (427).

REM. II. p. 76, L 15. une loi d’État. Il n’existe aucune loi ni d’État ni de religion (comme on l’a déjà remarqué dans les mémoires précédents) qui défend absolument aux Russes de sortir du pays. Cependant il est vrai, qu’ils n’osoient le faire sans permission. Le peu d’envie qu’ils temoignoient eux-mêmes de voir les pays étrangers, étoit fondé sur un préjugé de religion, par lequel ils avoient en aversion toutes les autres nations, qui n’étoient pas de leur croyance, et dont les mœurs ne s’accordoient pas avec celles de leur pays. (REM. I.: idem.)

JOUR. Page 76. Une loi même d’État, etc. Personne ne connoît en Russie cette loi, c’est M. de Voltaire qui l’a faite.

Voir appendice N. 1, objection 10.

N. 118. – Le tyran Boris Godonou fit assassiner, en 1597, l’héritier légitime Demetri (427).

SUPP. p. 78, l. 12. en 1597. Lisés: «en 1591».

FAUTES, p. 78, l. 12. Godonou. Lisés: «Godounoff».

N. 119. – Démétrius… chassa l’usurpateur, et usurpa lui-même la couronne… Trois autres faux Demetrius s’élevèrent l’un après l’autre (428).

ЛОМ. I, chap. 2, p. 32. Гришка согнал Бориса, Борис уморил себя ядом.

ЛОМ. I, chap. 2, męme page. Три других ложных Дмитриев один за другим. Самозванцев было вдруг иногда по четыре, и не все назывались Дмитриями; но был ложный царевич Август, Лаврентий, Феодор и другие.

SUPP. p. 78 à la fin. il chassa l’usurpateur. Boris Godounow prit du poison et en mourut à l’approche du faux Demetrius. Le fils de Boris fut étranglé par ordre du vainqueur.

SUPP. p. 79, l. 4. Trois autres faux Demetrius. Il n’y en a eu que deux en tout à savoir celui qui a régné presqu’un an à Moscou et qui a été massacré, et l’autre qui s’est donné pour ce premier feignant de s’être échappé du massacre.

N. 120. – Une assemblée composée des principaux boïards élut pour souverain, en 1613, un jeune homme de quinze ans (428).

SU PP. p. 79, l. 9. jeune homme. Cette expression est-elle assés honorable? ne faudrait-il pas dire «jeune seigneur»? On le trouve encore à la page 82.

FAUTES,p.9. boyards. Lisés: «boyars». En russe il n’y a point de d à la fin de ce mot.

Voir à la p. 429: «Les Russes n’imitèrent point les Polonais, qui font un contrat avec le roi qu’ils élisent. Quoiqu’ils eussent éprouvé la tyrannie, ils se soumirent à un jeune homme sans rien exiger de lui».

Voir appendice N. 1, objection 11.

N. 121. – Ce jeune homme était Michel Romano [note de Voltaire: «Les Russes écrivent Romanow; les Français ne se servent point du w. On prononce aussi Romanof], grand-père du czar Pierre, fils de l’archevêque de Rostou, surnommé Philarète, et d’une religieuse, allié par les femmes aux anciens czars (428).

ЛОМ. I, chap. 2, p. 33. сын архиерея Ростовского. Експрессия дурна. Лучше написать: «сын боярина Федора Никитича Романова, который был неволею пострижен от Годунова, а потом был Ростовским архиереем, и наконец патриархом».

ЛОМ. II. Происхождение государево от патриарха и от монахини весьма изображено неприлично. И прямая Волтерская букашка. Ему надобно сообщить государево родословие.

REM. I. p. 80, fils de l’archeѵêque de Rostof. Il serait convenable autant qu’intéressant pour le lecteur de dire, comment le père et la mère du tsar Michel Fedorowits furent obligés d’embrasser l’état monastique, et comment le premier est devenu archevêque et après patriarche de Russie. Le jeune Michel Romanoff étoit à l’âge de trois ans lorsqu’on força son père de se faire moine. Tous ces événements sont rapportés dans les mémoires précédents.

REM. II. p. 80. fils de l’archevêque de Rostof. Mr. de Voltaire est prié de changer cette période, ainsi que celle à la page 68. On a marqué fidèlement dans les mémoires, qu’il a entre ses mains, l’origine de la famille de Romanof, et les malheurs qui ont obligé le père et la mère du tsar Michel Fedorovits d’embrasser l’état monastique. Par un récit fait après ces mémoires, il ne sera pas moins intéressant pour le lecteur d’apprendre les événements par lesquels le père du tsar Michel est devenu archevêque et puis patriarche de Russie. Le jeune Romanof étoit à l’âge de trois ans, lorsqu’on força son père de se faire moine. Il fut enfermé avec sa mère dans un couvent à Costroma (MÜLLER: même texte).

FAUTES, p. 79. au lieu de Romano, etc. il faut écrire «Romanoff», et de même: «Soltycoff, Cheremetoff, etc.», comme on a écrit Menchicoff, parceque la lettre f qui se trouve à la fin de ces noms se prononce distinctement.

Le renvoi à la «p. 68» se rapporte à ce que Voltaire dit à la p. 423 de l’édition Garnier (voir le Sommaire, N. 103).

N. 122. – Cet archevêque [de Rostou] était un seigneur puissant que le tyran Boris avait forcé de se faire prêtre. Sa femme Sheremeto fut aussi contrainte de prendre le voile (428).

REM. II. p. 80, l. 3. prêtre. Lisés: «moine». (REM. I. et MÜLLER: même texte.)

REM. II. p. 80, l. 7. sa femme Scheremeto. Elle étoit de la famille des princes de Sitzkoi, et son nom de baptême étoit Xenie. Après avoir pris le voile, elle fut connue sous le nom de Marthe. Presque tous les auteurs étrangers la nomment fautivement Iconomasie en corrompant les mots russes Inoka Massa [sic. Marta?] qui signifient «Marthe la religieuse». (MÜLLER: idem. Dans les REM. I. la dernière phrase manque: «Presque tous – religieuse».)

N. 123. – Le tyran Demetri donna à Philarète l’archevêché de Rostou, et l’envoya ambassadeur en Pologne (428).

REM. II. p. 80, l. 13. Ce n’est pas l’usurpateur Demetrius (peut-être s’est-il glissé une faute de copiste dans les remarques envoyées à Mr. de Voltaire) qui l’envoya; c’étoit l’assemblée des boyars et de la noblesse, qui après la déposition de Schuiski, en 1610, le firent partir conjointement avec les princes Galitzin et Mesetskoi en qualité d’ambassadeurs, pour prier le roi Sigismond, qui assiégeoit alors Smolensk, de leur accorder son fils Ladislas sous certaines conditions, pour occuper le throne de Russie. Ils amenèrent avec eux le tsar Basile Schuiski, qu’on avoit forcé de se faire moine, et le remirent entre ses mains. Sigismond prétendoit que les Russes devoient recevoir son fils sans aucune condition, et sans qu’il fut obligé de changer de religion. Les ambassadeurs ne voulant pas y consentir furent envoyés prisonniers en Pologne. (REM. I. et MÜLLER: idem.)

N. 124. – Ce vieillard [patriarche Philarète] fut souverain en effet sous le nom de son fils (428).

ЛОМ. I. chap. 2, p. 34. Сей старый человек был самодержец под сыновним именем. Правда, что св. патр. Филарет имел много силы в царство г. ц. Михаила Федоровича, однако, и сам государь был тогда в полном возрасте, как родитель его из Польши прибыл, и мог отправлять дела государственные.

N. 125. – Les monarques des Russies ne prenaient plus des épouses dans les autres États depuis l’an 1490. Il paraît que depuis qu’ils eurent Casan et Astracan, ils suivirent en tout les coutumes asiatiques, et principalement celle de ne se marier qu’à leurs sujettes (428).

REM. II. p. 81, l. 5. depuis qu’ils eurent Astrakan et Casan. Pour donner aux Russes des coutumes asiatiques, il faut remonter jusqu’au 14me et 15me siècle, lorsqu’ils étoient sous le joug et dans la dépendance des Tatares. C’est dans ce temps-là qu’ils adoptèrent plusieurs coutumes asiatiques et non pas après la conquête de Casan et d’Astrakan. Il n’y avoit rien à adopter des peuples aussi barbares et aussi grossiers, qu’étoient alors les habitants de ces deux villes et provinces. La raison pour qui dans ce temps-là les souverains de Russie se marioient plustôt à leurs sujettes qu’à des étrangères est assés clairement expliquée dans les précédentes remarques. (MÜLLER: même texte. REM. I.: avec de petites variantes, dont l’essentiel est: jusqu’au 14me siècle.)

SUPP. p. 81, l. 4. depuis l’an 1490. Mr. de Voltaire paroit avoir en vue le mariage du grand duc Iwan Wasiliewitsch avec la princesse Sophie, issue du sang des empereurs grecs, mais c’étoit en 1472, qu’il fut conclu. L’aîné des fils de ce grand duc (il s’appelloit Iwan Iwanowitsch) fut marié en 1483 avec Hélène fille d’Etienne hospodar de la Valachie.

N. 126. – Ce qui ressemble encore plus aux usages de l’ancienne Asie, c’est que pour marier un czar 0n faisait venir à la cour les plus belles filles des provinces; la grande maîtresse de la cour les recevait chez elle, les logeait séparément, et les faisait manger toutes ensemble. Le czar les voyait ou sous un nom emprunté ou sans déguisement. Le jour du mariage était fixé sans que le choix fût encore connu; et le jour marqué, on présentait un habit de noce à celle sur qui le choix secret était tombé: on distribuait d’autres habits aux prétendantes, qui s’en retournaient chez elles. Il y eut quatre exemples de pareils mariages (429).

SUPP. p. 81, l. 11. on faisoit venir. Quoique les auteurs en disent ce conte a tout l’air de roman. On n’en sait rien en Russie.

N. 127. – C’est de cette manière que Michel Romano épousa Eudoxe, fille d’un pauvre gentilhomme nommé Streshneu. Il cultivait ses champs lui-même avec ses domestiques, lorsque des chambellans, envoyés par le czar avec des présents, lui apprirent que sa fille était sur le trône (429).