Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 57)
Cette question du marquis d’Exideuil a soulevé une véritable polémique entre Voltaire et Müller. Voltaire a publié dans l’introduction au 2me vol. de son «Histoire» ses réponses aux observations qui lui avaient été adressées.
Voir plus haut, p.p. 146–153.
N. 92. – Le gouvernement ressemblait à celui des Turcs par la milice des strélitz, qui, comme celle des janissaires, disposa quelquefois du trône, et troubla l’état presque toujours autant qu’elle le soutint. Ces strélitz étaient au nombre de quarante mille hommes. Ceux qui étaient dispersés dans les provinces subsistaient de brigandages; ceux de Moscou vivaient en bourgeois, trafiquaient, ne servaient point, et poussaient à l’excès l’insolence. Pour établir l’ordre en Russie, il fallait les casser; rien n’était ni plus nécessaire ni plus dangereux (420).
REM. I. p. 62. l. 20. subsistoient de brigandages. Comme ils recevoient une solde réglée en argent et en vivres, tout comme ceux qui demeuraient à Moscou, ils n’étoient pas forcés d’avoir recours aux brigandages pour subsister.
REM. II. p. 62. l. 20. subsistoient de brigandages. Jamais. Ils recevoient une certaine paye en argent et en denrées, tout comme ceux qui demeuroient à Moscou.
SUPP. p. 62. l. 14. Le gouvernement ressembloit à celui des Turcs par la milice des strélitz qui, comme celle des janissaires, disposa quelquefois de trône. La comparaison n’est pas juste. Mr. de Voltaire veut donner une idée du gouvernement de Russie en général, et les strélitz n’ont été formés que du temps du zar Iwan Wasiliewitsch. Les janissaires ont disposé du trône plusieurs fois, les strélitz ne l’ont entrepris qu’une seule fois et non pas de leur propre chef, mais par sollicitation de la princesse Sophie. Les autres particularités que Mr. de Voltaire rapporte des strélitz demandent aussi quelque rectification, p. e.: les strélitz dispersés dans les provinces ne vivoient point de brigandages, mais recevoient leur paye comme ceux de Moscou; quoique faisant un petit trafic dans leur slobodes ils n’étoient cependant pas exempt du service à leur tour. Ils ne furent pas cassés tous à la fois, et il n’y avoit en cela rien de dangereux. Quelques régiments de strélitz se trouvèrent encore au premier siège de Narva. La garnison de strélitz à Astrachan a substituée jusqu’en 1705. Ceux qui étoient coupables de rébellion furent punis, et les autres incorporés dans des régimens réguliers sans que le nom ait été abrogé par aucun ordre formel.
N. 93. – Beaucoup d’impôts étaient payés en denrées, selon l’usage des Turcs (421).
SUPP. p. 63. l. 10. Beaucoup d’impôts étoient payés en denrées, selon l’usage des Turcs. Un autre parallèle du gouvernement Turc, mais également faux. Le peuple a toujours payé les impôts en argent depuis que l’argent monnaye a été introduit en Russie, excepté un petit impôt en blé que les paysans appartenant à la Couronne ont en quelques endroits été obligés de fournir de leurs terres. Quelques nations mahométanes et payennes dans le gouvernement de Casan et en Sibérie payent encore aujourd’hui leurs impôts en fourrures, parce que du temps de leur subjugation ils connoissent peu l’argent, et que la chasse est le principal moyen de leur subsistance.
N. 94. – Quant au titre de czar, il se peut qu’il vienne des tzars ou tchars du royaume de Casan (421).
ЛОМ. II. p.
REM. I. p. 63. Tsars du royaume de Casan. Dans la bible Slavonne les rois David, Salomon, Alexandre, etc. sont nommés tsars, tout comme les Français les qualifient de rois. On a parlé sur cet article dans les mémoires précédens.
REM. II. p. 63. Tchars du royaume de Casan. La dérivation du nom de tsar, qui a paruë si vraisemblable à Mr. de Voltaire, ne l’est pas pour quiconque sait la langue slavonne ou russe. Les mots tsar et tsarevits (fils de tsar) signifient la même chose qu’en françois roi et prince royal, et en allemand Koenig et koeniglicher Printz. Dans la bible Slavonne ainsi que partout les rois David, Salomon, Alexandre sont nommés tsars, tout comme les François les qualifient du nom de roi. On espère avoir assé clairement prouvé dans les mémoires précédents, ainsi que dans les réponses aux demandes séparées de Mr. de Voltaire, la véritable origine et l’usage de mot tsar, et l’on prie Mr. de Voltaire de vouloir bien s’en rapporter avec confiance aux remarques envoyées à ce sujet.
N. 95. – Avant Ivan Basilides, les maîtres de la Russie portaient le nom de veliki knès (grand-prince, grand-seigneur, grand-chef) que les nations chrétiennes traduisent par celui de grand-duc. Le czar Michel Fédérovitz prit avec l’ambassade holstenoise les titres de grand-seigneur et grand-knès, conservateur de tous les Russes, prince de Vladimir, Moscou, Novogorod, etc.; tzar de Casan, tzar d’Astracan, tzar de Sibérie. Ce nom des tzars était donc le titre de ces princes orientaux; il était donc vraisemblable qu’ils dérivaient plutôt des Tshas de Perse que des Césars de Rome, dont probablement les tzars sibériens n’avaient jamais entendu parler sur les bords du fleuve Oby (421).
REM. I. p. 64, l. 7.(1) grand-chef. Grand duc.
REM. II. p. 64. l. 7.(1) grand-chef. Ni grand-seigneur, ni grand-chef. Grand seigneur signifie en russe: veliki hosoudar.
(1) Lisez chaque fois: «1» au lieu de «7».
SUPP. p. 64. l. 3. Le czar Michel Fédorovitsch prit les titres. Ce n’étoient pas des titres nouveaux, mais usités depuis le temps du zar Iwan Wasilievitsch. Le mot autocrator est mal traduit par «conservateur». Il signifie s o u v e r a i n.
SUPP. p. 64. l. 11. Tzar dérivoit plutôt des Tshas de Perse, que des Césars de Rome. Pourquoi chercher des dérivations forcées dans d’autres langues et chez d’autres nations, puisqu’il est incontestable que tsar est un mot originairement slavon qui de tout temps a signifié roy, avant même que le titre de Schack de Perse est venu en usage.
SUPP. p. 64. l. 13. Tsars sibériens sur les bords du fleuve Oby. Jamais il n’y a eu des zars sur le fleuve de Oby. Du temps de la conquête de la Sibérie il y eut un khan Tartare qui demeuroit sur les bords du fleuve Irtisch, plus haut que Tobolsk; ce sont les Russes qui ont traduit le titre de khan en zar; ils l’ont toujours fait en parlant des khans Tartares de Casan, d’Astrachan, etc. Ainsi le titre des zars n’a pu tirer son origine de ces khans.
Voir appendice N. 1, objections 7 et 8.
N. 96. – La Sibérie, jusqu’à la Chine, était idolâtre (422).
REM. II. p. 65. l. 6. La Sibérie idolâtre. Pas toute la Sibérie. Koutchum prince de Sibérie, vaincu par le cosaque Jermack Timofeevits, ainsi que ses sujets, qui habitaient les bords du fleuve Irtych, étoient mahométans. (REM. I.: idem.)
N. 97. – Le christianisme ne fut reçu que très-tard dans la Russie, ainsi que dans tous les autres pays du Nord. On prétend qu’une princesse nommée Olha l’y introduisit à la fin du Xme siècle, comme Clotilde, nièce d’un prince arien, le fit recevoir chez les Francs; la femme d’un Micislas, duc de Pologne, chez les Polonais; et la sœur de l’empereur Henri II, chez les Hongrois… Cette princesse Olha, ajoute-t-on, se fit baptiser â Constantinople: on l’appela Hélène, et, dès qu’elle fut chrétienne, l’empereur Jean Zimiscès ne manqua pas d’en être amoureux. Apparemment qu’elle était veuve (422).
REM. II. p. 65. l. 22. Le christianisme fut introduit dans toute la Russie par le grand duc Wolodimer vers la fin du Xme siècle (Manque dans les REM. I.).
ЛОМ. I. chap. I, p. 27. Ола вместо Олга.
REM. II. p. 65 à la fin. On prétend. C’est une vérité constatée par tous les historiens russes et grecs. (REM. I.: idem.)
REM. II. p. 66. l. 1. Olha l’y introduisit. Elle se fit baptiser à Constantinople au milieu du Xme siècle. (REM. I.: idem.)
REM. II. p. 66. l. 14. Apparemment qu’elle étoit veuve. Elle l’étoit en effet du grand duc Igor, mais elle avoit déjà plus de soixante ans lorqu’elle se fit chrétienne. (REM. I.: idem.)
SUPP. p. 66. l. 1. Olha introduisit le christianisme à la fin du Xme siècle. La grande duchesse Olha régnoit pendant la minorité de son fils Swetoslaw de 945 jusqu’en 956; elle mourut 970. Quoiqu’elle étoit chrétienne elle ne se trouva pas en état d’introduire le christianisme dans son pays, mais son petit-fils Vladimir le fit en 988 après avoir épousé la princesse Anne, sœur des empereurs grecs Basili et Constantin. Cette princesse Anne pourroit être substituée à Olga pour faire la comparaison avec la femme de Micislas duc de Pologne.