Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 41)
S’il est vrai que l’Impératrice Catherine, étant rebaptisée dans le rite de l’Eglise Grecque, fut obligée de dire: «je crache sur mon Père et sur ma Mère qui m’ont élevée dans une religion fausse»?
Si ces mots étaient en
A. Des minuties, comme celle-ci, ne devroient pas entrer dans l’histoire de Pierre le Grand. La cérémonie dont Mr. de Voltaire parle, est décrite dans les livres qui traitent des rits de l’Eglise Grecque et Russienne. On n’y voit rien de ces exécrations.
B. On ne rebaptise pas les personnes, qui d’une autre religion chrétienne passent à la religion grecque. Cette cérémonie ne se pratique qu’avec les Juifs, Mahometans et idolâtres; aux Chrétiens on ne donne que l’onction. Il est vrai qu’ils crachent, mais ce n’est pas sur leur père et mère; c’est seulement pour marquer qu’ils reconnaissent comme fausses les opinions, dans lesquelles ils ont été élevés. Toutes ces cérémonies sont décrites dans les livres qui traitent des rits de l’Eglise Grecque et Russienne, et n’appartiennent guère à l’histoire.
Si Pierre le Grand a prononcé en
A. On n’a pas raison d’en douter, parce que la chose est rapportée par un auteur qui y a été présent. C’est Mr. Weber, résident d’Hanovre, dont les mémoires sont traduits en français.
B. Il n’y a pas la moindre raison d’en douter. Pierre I ne parlait pas moins éloquemment, qu’il écrivait avec justice et énergie. Mr. Weber, qui avec plusieurs autres ministres étrangers fut présent, lorsque Pierre I prononça ce discours, en a donné une traduction dans ses mémoires imprimés.
S’il est vrai que l’Impératrice Catherine envoya une somme considérable au Grand Visir et fit la paix du Pruth?
A. Il y a beaucoup d’apparence que cela soit vrai, puisqu’il n’y avoit d’autres moyens pour sortir de la mauvaise situation, où on étoit.
B. Pierre I voyant, qu’il était environné de tous côtés par ses ennemis, et qu’il n’y avait pas moyen de sortir du mauvais pas, dans lequel il se trouvait, avait fermement résolu de vaincre, ou de mourir. Dans cette funeste crise, l’Impératrice Catherine fut la première, qui osa lui donner des avis. Elle lui proposa de tenter la voye des négociations et offrit de sacrifier tous ses bijoux pour gagner le Grand-Vizir. Pierre I admira la justesse de l’esprit de son épouse, et trouva ses raisons si fortes, qu’il y donna les mains. On fit d’abord passer dans le camp Turc un émissaire, chargé d’une bonne somme d’or et de quelques pierreries pour s’ouvrir l’accès auprès du Kihaia du Grand-Vizir, que l’on savait de bonne part être très sensible aux présens. Le 10/21 Juillet le Feldmaréchal Schérémetof écrivit une lettre au Grand-Vizir, dans laquelle il lui proposa la paix. En attendant la réponse on avait ordonné aux troupes de sortir de leur camp pour hazarder en cas de refus une bataille, parce qu’il était impossible de se soutenir plus longtemps à cause de la disette des vivres et des fourrages, et que toute voye de retraite était fermée. Le Grand-Vizir, intimidé autant par la perte du jour précédent, et par la fermeté avec laquelle les Russes se préparaient à un nouveau combat, que son Kihaia était ébloui par les présens qu’il avait reçus, répondit à la fin, qu’il acceptait la paix, et demanda que l’on chargeât quelqu’un pour traiter des conditions. On publia sur le champ une suspension d’armes et le Vice-Chancellier Schaphirof, pourvu de tout ce qui pouvait tenter l’avance naturelle aux ministres de la Porte, se rendit le même soir au camp turc, pour traiter avec le Grand-Vizir même. Il en revint le lendemain pour demander à Pierre I la confirmation du traité qu’il avait projeté, et l’ayant obtenu, il retourna au camp turc et y conclut définitivement ce traité. (Voyés le reste dans le journal des campagnes de Pierre I.) On vient d’observer une faute grossière dans la traduction française de ce journal; au lieu d’onze jours employés par le Baron Schaphirof à cette négociation, il faut lire: «le 11/22 Juillet le Baron Schaphirof, étant convenu des articles du traité, etc.»
S’il est vrai, qu’après la journée de Pultava Pierre le Grand donna son épée à Reinschild et prit la sienne?
A. Si cela étoit vrai, Nordberg, qui y étoit présent, l’auroit sans doute rapporté dans son Histoire de Charles XII. Aussi n’en a-t-on jamais entendu parler en Russie.
B. Pierre I dîna le lendemain de la bataille avec plusieurs de ses généraux et officiers de l’état major. Les généraux Suédois prisonniers y furent admis par son ordre. Après le dîner l’Empereur, faisant l’éloge de la bravoure que le Feldmaréchal Reinschild avait témoignée dans cette journée, il lui donna sa propre épée. Il fit aussi rendre aux autres généraux leurs épées, dans la juste attente qu’on aurait les mêmes égards pour les généraux Russes, prisonniers en Suède. Mais comme on n’y fit aucune réflexion à Stockholm, il ordonna d’ôter derechef les épées aux généraux Suédois et de retrancher les libertés qu’on leur avait accordées. A l’entrée triomphante que Pierre I fit à Moscou après la bataille, ils furent tous conduits à pied et sans épées. Cependant Pierre I, qui faisait toujours beaucoup de cas du Feldmaréchal Reinschild, étant arrivé à un des arcs de triomphe construits dans la ville, où l’on avait préparé toutes sortes de rafraîchissements, s’y arrêta, et, prenant un bocal, adressa à Reinschild la santé de ses maîtres qui lui avaient appris le métier de la guerre. Mr. Reinschild répondit à ce compliment gracieux du Monarque, que les choses ne pouvaient que tourner mal depuis que l’écolier était plus savant, que le maître. Au reste Nordberg, qui était présent lorsque Pierre I donna son épée à Reinschild, l’aurait sans doute rapporté dans son histoire de Charles XII, si l’Empereur eût pris celle de Reinschild.
Le journal de Pierre le Grand dit que l’Impératrice Catherine fut proclamée Czarine le 10 Mars 1711, avant
A. Mr. Taubert a répondu à cet article.
B. Voyés l’article 5.
S’il appliqua les revenus des monastères aux besoins de l’Etat et si le monastère de la Trinité conserva sous son règne ses biens immenses?
A. Il n’a rien ôté aux monastères. Il a seulement institué un bureau d’Oeconomie pour mieux administrer les revenus de l’Eglise. Le monastère de Troiza a conservé tous ses biens, excepté ceux qui ont été cédés au Monastère d’Alexandre Newski à S. Petersbourg.
B. Après la mort du dernier Patriarche, Pierre I établit deux différents bureaux. Il préposa au premier le métropolite de Resan, qui dirigea tout ce qui concernait les affaires spirituelles. L’autre bureau, dans lequel présidait le comte Mussin-Puschkin, et qui s’appelait du commencement le bureau des couvents et puis la Chambre d’Oeconomie, était chargé de l’administration des biens et revenus appartenants aux couvents et au clergé en général. Pierre I n’y a jamais touché. Tout ce qu’il a fait, c’est qu’il a employé le surplus de ce qu’il fallait pour la subsistance du haut clergé et des couvents à la construction des églises, à la fondation et à l’entretien des écoles, des hôpitaux, des maisons des pauvres et des orphelins, et de tout ce qu’on appelle communément œuvres pies. S’il y a eu des occasions, où il a emprunté de ce Collège d’Oeconomie quelques sommes d’argent, elles ont toujours été remboursées. Le revenu du clergé en Russie n’excède pas un million de roubles argent comptant. Outre cette somme, il tire de ses terres en bleds et autres denrées à peu près pour la même valeur.
On ne saurait pas dire que les biens du Monastère de la Trinité fussent immenses. Il possède en tout 106 à 107.000 âmes de paysans, ce qui lui rappotre un revenu d’environ 200.000 roubles en argent et en denrées. Pierre I ôta à ce couvent 2000 âmes, qu’il donna au nouveau Monastère d’Alexandre Newski à St. Pétersbourg, à condition, que le revenu de ces paysans seroit employé à la construction des bâtiments; mais du temps de l’Impératrice Anne, Warlaam, Abbé du Monastère de Troitza, sçut si bien profiter des circonstances, que les terres qu’on avait ôté à son monastère lui furent rendues toutes et qu’on trouva un autre fond pour achever les bâtiments de celui de St. Alexandre Newski.
Приложение пятое
REMARQUES SUR QUELQUES ENDROITS DU CHAPITRE CONTENANT LA CONDAMNATION DU TSAREVITCH AVEC LES RÉPONSES AUX QUESTIONS MISES EN MARGE
(Бумаги Вольтера. N. 242, т. I. N. 19; новая нумерация; старой не было; писарской список, с небольшими поправками; 9 листов).
Составив описание суда над царевичем Алексеем и его смерти (позднейшая глава X второго тома «Истории»), Вольтер отправил рукопись в Петербург на предварительный просмотр, одновременно прося некоторых дополнений и разъяснений. В Портфелях Миллера (N. 149, портфель II, тетрадь первая, л. 1–9 третьей нумерации) сохранился беловой список этого описания («Chapitre, Condamnation du prince Alexis Petrovitz etc.»), еще без наименования его главой «десятой», причем на полях списка, в соответственных местах, помечены и самые запросы Вольтера, числом 19. Разъяснения на эти запросы сохранились в его Бумагах и составили то, что выше названо «Remarques sur quelques endroits и т. д.». В Петербурге, однако, не удовольствовались посылкою требуемых разъяснений, но воспользовались случаем просмотреть всю рукопись целиком и указать на необходимость или желательность еще других изменений текста.