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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 40)

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B. Il y a plusieurs collections de lettres de Pierre I, écrites aux Grands de son empire, qui sont conservées dans les familles comme des trésors. La plus grande est celle du Grand Amiral Comte Apraxin. On tâchera de recueillir incessamment les plus intéressantes de ces lettres, lesquelles étant traduites en français et imprimées à la suite de l’histoire, pourront servir de documents et d’éclaircissemens à plusieurs faits y rapportés, si Mr. de Voltaire n’aimera pas mieux les faire entrer dans le corps de l’ouvrage.

Les ouvrages publics, grands chemins, canaux, ports construits par son ordre.

A. Les ouvrages publics que Pierre le Grand a construits, ce sont des villes entières, des ports de mer, des canaux. Ces fondations se trouvent spécifiées dans l’abrégé chronologique. Les soins de Pierre le Grand pour les grands chemins consistoient non seulement de les faire accommoder et réparer, où il étoit besoin, mais aussi d’en fixer la longueur d’un endroit à l’autre, par des mesures exactes et par des colonnes de bois, placées à chaque werste, où le nombre des werstes fut marqué. Cela se fit par tout l’empire. En même tems, nombre d’ingénieurs furent envoyés pour cela en 1715 de l’Académie de Marine. Ils levèrent en même tems des cartes de tous les gouvernemens et provinces. Pierre I a aussi fait faire un chemin droit de Moscou à S. Petersbourg, qu’on nomme le chemin de la Perspective. Il est long de 595 werstes. Mais il n’est fréquenté que depuis S. Petersbourg jusqu’à la rivière Wolchow, ce qui fait 120 werstes. Le reste demande encore beaucoup de travail, avant qu’on puisse en profiter.

B. Ces fondations sont pour la plus part marquées dans un abrégé chronologique des faits les plus mémorables du règne de Pierre I, ainsi que dans une note séparée, à la suite du mémoire sur la police. Les soins de ce Monarque pour les grands chemins consistaient non seulement à les élargir et raccommoder, mais aussi d’en déterminer les distances d’un endroit à l’autre par des mesures exactes et par des poteaux, placés à chaque werste, sur lesquelles le nombre de werstes était marqué. Cela a été fait par tout l’empire à la fois. Nombre d’ingénieurs furent envoyés pour cet effet de l’Académie de Marine en 1715. Ils levèrent en même temps les cartes de tous les gouvernements et provinces. Pierre I a fait aussi tirer un chemin en ligne droite de Moscou à Petersbourg qu’on nomme communément le chemin de la perspective. Il est de la longueur de 595 werstes, mais il n’est pas fréquenté que depuis St. Petersbourg jusqu’à la rivière de Wolchof, ce qui fait 120 werstes. Le reste demande encor beaucoup de travail avant qu’on puisse s’en servir.

Tout ce qui pourra rendre son mariage et la nomination de sa femme à l’empire plus respectable aux nations[431].

B. Ce sont sans contredit ses qualités éminentes de corps et d’âme, son zèle à soutenir son auguste Epoux dans ses grandes entreprises, son attachement à sa personne en le suivant partout sans craindre ni fatigue, ni danger, et ses sages conseils, dont Pierre I s’est toujours bien trouvé et qui lui ont gagné et conservé jusqu’à la mort de ce monarque, toute sa tendresse et toute sa reconnaissance. On pourra y ajouter la juste persuasion, dans laquelle était Pierre I, qu’après sa mort les rênes de l’empire étant entre ses mains, elle ne cesserait pas de travailler sur le même plan, qu’il avait commencé et d’achever ce qui lui restait encore à faire pour le bonheur de ses peuples.

Tout ce qui peut diminuer l’idée d’une sévérité excessive dans le procès criminel du Csarewits.

A. Les actes du procès sont imprimés par autorité publique. C’est à eux qu’un historien doit se conformer.

B. On ne peut appeler sévérité la justice nécessaire, dont Pierre I fut obligé d’user dans ce cas; les raisons qui l’y portèrent sont détaillées au long dans les actes du procès, imprimés par autorité publique. Les prétendues anecdotes, ajoutées dans les mémoires d’Etat de Lamberti, sont des calomnies atroces et je puis assurer à monsieur de Voltaire sur tout ce que l’honneur a de plus sacré que l’on ne doit y prêter aucune foi: ce sont des faits inventés par la haine et l’envie, et démentis par l’évidence des preuves contenues au procès même.

Quelle part il eut au dessein, que Görts insinua à son maître Charles XII de rétablir le Prétendant.

A. Mr. de Voltaire n’a qu’à consulter là-dessus les mémoires de Mssrs. Wesselowski et Bestouchef, présentés en ce tems-là à la cour de Londres. Ils sont imprimés. Il seroit malséant pour un historien de vouloir contredire à de telles pièces originales et authentiques.

B. Mr. de Voltaire n’a qu’à consulter là-dessus les mémoires de Mrs. Veselofski et Bestouchef, présentés à ce temps-là à la cour de Londres. Les mêmes déclarations ont été répétées après la mort de Pierre le Grand. Voyés le Recueil d’actes et de négociations par Rousset.

S’il est vrai qu’il y ait toujours eu une famille des anciens Czars de Sibérie et ce qu’est devenue cette famille.

A. La famille des anciens Czars de Sibérie subsiste encore à Moscou sous le titre des Knjäses. Pour ne pas se former une trop haute idée des anciens Czars de Sibérie, il est bon d’observer, que leur état ne comprenoit que la contrée des rivières Irtisch et Tobol, avec les environs de l’embouchure de cette dernière. Mille Cosaques vinrent facilement à bout de mettre en fuite le dernier Chan Kutschum et de s’emparer de sa capitale, qu’on appelloit Sibir, dont à peine on connoit à présent l’emplacement, cependant quelques uns des descendants de ces Princes, aiant été faits prisonniers et transportés à Moscou, on leur a donné le titre de Czarewitsch de Sibérie, et ils ont eu le rang devant toute la noblesse de Russie. Cela a duré jusqu’en 1781[432], année dans la quelle Pierre I a aboli ce titre avec les prérogatives qui y étoient annexes, par ce que le dernier Czarewitsch de Sibérie avoit eu part à la conspiration, qui se trama alors contre l’Empereur, ce qui le fit envoyer en exil à Archangel.

B. La famille des anciens Kans de Sibérie, que les Russes nommèrent Tsars, existe encore sous le titre Knäses. Pour ne pas se former une trop haute idée de ces anciens Tsars de Sibérie, il est bon d’observer, que leurs états ne comprenaient que la contrée des rivières d’Irtisch et de Tobol, vers l’embouchure de cette dernière. Six à huit cents Cosaques vinrent facilement à bout de mettre en fuite le dernier Kan Koutschoum et de s’emparer du lieu de sa résidence, qu’on appelait Sibir, mais dont à peine connaiton à présent l’emplacement. Cependant quelques uns des descendants de ce Prince, ayant été faits prisonniers, et amenés à Moscou, où ils embrassèrent la religion chrétienne, on leur donna le titre de Tsarewitsch de Sibérie, en leur accordant le rang sur toute la noblesse de Russie, ce qui a duré jusqu’en 1718, que Pierre I abolit avec les prérogatives y annexées parce que le dernier Tsarewitsch de Sibérie avait eu part à la conspiration, qui se tramait alors, ce qui le fit envoyer en exil à Arkangel.

Quelle était la dignité du Vice-Czar, dont était revêtu le Knes Romodanovski et quelles étaient ses fonctions?

A. La dignité de Vice-Czar ne consistoit presque qu’en cérémonies. Pierre I paroit l’avoir créée pour qu’il y eût quelqu’un qui puisse présider à ses avancemens d’un degré militaire à l’autre. Ces avancemens se faisoient ordinairement devant le trône où le Vice-Czar étoit assis. Le Vice-Czar présidoit aussi aux inquisitions secrètes contre les trahisons et autres crimes de lèse Majesté. Mais ce n’étoit pas en qualité de Vice-Czar, parce que la même fonction a été exercée après lui par d’autres personnes sans le titre de Vice-Czar. Romodanowski la devoit à la confiance que Pierre I mettoit en sa fidélité. Il étoit juge sévère et incorruptible.

B. La dignité du Vice-Tsar n’était qu’une pure cérémonie, ou plus tôt un jeu. Pierre I parait l’avoir créée pour qu’il eut quelqu’un qui présidât à ses avancements d’un degré militaire à l’autre toutes les fois qu’il avait fait quelque nouvel exploit par terre ou par mer, voulant par là donner lui-même un exemple à ses sujets et surtout à la haute noblesse. Ces avancements se faisaient ordinairement devant le trône, sur lequel le Vice-Tsar était assis. On lisait publiquement la relation de cette affaire, on faisait semblant de délibérer là-dessus, quelquefois même on faisait naître des difficultés et à la fin le Vice-Tsar déclarait le nouveau degré, auquel il avançait Pierre I ou dans les troupes ou dans la marine. Romodanofski présidait aux inquisitions secrètes sur les ennemis d’état et sur toutes les injustices, dont les plaintes lui étaient adressées; mais cela n’avait aucune liaison avec son titre de Vice-Tsar. Il était juge aussi équitable, qu’incorruptible, et sa fidélité à toute épreuve avait gagné la confiance de Pierre I. Ce premier Vice-Tsar s’appelait Knes Fedor Jurjewitsch Romodanofski. Après sa mort, qui arriva en 1718, son fils unique, Knes Iwan Fedorowitsch Romodanofski lui succéda dans tous ses titres et employs, mais son mérite personnel n’approchait pas celui de son père. Dans ce dernier la race masculine de cette famille s’est entièrement éteinte.