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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 43)

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J’ai en main les Mémoires d’un ministre public, oůje trouve ces propres mots: «J’était[437] présent quand le czar dit au duc de Holstein que Catherine l’avait prié d’empęcher qu’on ne prononçât au czarowitz sa condamnation. «Contentez-vous, me dit-elle, de lui faire prendre le froc, parce que cet opprobre d’un arręt de mort signifié rejaillira sur votre petit-fils» (587).

Ceci est-il bien?

Ceci n’est-il pas essentiel?

(La réponse est donnée en même temps aux deux objections:) Je souhaitrais qu’on ajoutât à cela que la raison d’Etat alléguée par la Tsarine n’était qu’un détour que la compassion lui suggéra. Tout le monde sait que cette impératrice avait entre autres grandes qualités une bonté d’âme peu commune.

L’arręt fut prononcé au prince. Les męmes Mémoires m’apprennent qu’il tomba en convulsion ŕ ces mots: «Les lois divines et ecclésiastiques, civiles et militaires, condamnent ŕ mort, sans miséricorde, ceux dont les attentats contre leur pčre et leur souverain sont manifestes» (587).

Pourquoi ne m’a-t-on pas fourni de Pétersbourg quelques mémoires authentiques qui fortifient ce que j’ai déterré ici avec tant de peine?

Comme ce fait n’est point entré dans les détails du procès et qu’on n’a point ici l’histoire de la vie du Tsarovitch je ne saurais, Monsieur, Vous fournir là-dessus des mémoires authentiques, mais Vous ne devés pas être moins certain de cette particularité, elle est encore récente dans la mémoire de quelques personnes qui ont été témoins oculaires et sur la foi desquelles on peut se reposer.

On est indispensablement obligé ici d’imiter, si on ose le dire, la conduite du czar, c’est-ŕ-dire de soumettre au jugement du public tous les faits qu’on vient de raconter avec la fidélité la plus scrupuleuse, et non-seulement ces faits, mais les bruits qui coururent, et ce qui fut imprimé sur ce triste sujet par les auteurs les plus accrédités. Lamberti, le plus impartial de tous, et le plus exact, qui s’est borné ŕ rapporter les pičces originales et authentiques concernant les affaires de l’Europe, semble s’éloigner ici de cette impartialité et de ce discernement qui fait son caractčre; il s’exprime en ces termes (plus loin on trouve une longue citation tirée de Lamberti) (588).

Si je ne prend pas ce parti tous les soupçons subsistent, mon histoire est decréditée, et je me courre d’opprobre sans rien faire pour la mémoire du Czar.

Je suis d’autant plus content que Vous ayés pris ce parti que ce que Lamberti débite à ce sujet est ci-connu qu’en le passant sous silence Vous n’auriés fait que fortifier les mal informés dans des soupçons également faux et injurieux.

Le texte du manuscrit manque. Dans l’«Histoire» nous lisons:

Cette anecdote[438] que son pčre se servit du fer, détruit celle qu’il se servit du poison (589).

Puis-je mieux faire que de saisir la contradiction apparente du fer et du poison?

Il est vrai que cette contradiction ne sert qu’à mettre l’esprit du lecteur en suspens, mais l’authorité d’un historien de Votre poid le détermine, il abandonne sur-lechamp l’une et l’autre opinion et guidé par Vous et la vérité il retrouve dans Pierre le héros et le père.

Comment se serait-il pu faire que le czar eűt tranché de sa main la tęte de son fils, ŕ qui on donna l’extręme-onction en présence de toute la cour? était-il sans tęte quand on répandit l’huile sur sa tęte męme? en quel temps put-on recoudre cette tęte ŕ son corps?

Trouvés-Vous ces raisons solides?

Si la nature avait permi au Tsar une action aussi atroçe, il ne lui aurait pas été difficile de la commettre à l’aide de quelques gens affidés.

Il est vrai qu’il est trčs-rare qu’unjeune homme expire d’une révolution subite causée par la lecture d’un arręt de mort, et surtout d’un arręt auquel il s’attendait; mais enfin les médecins avouent que la chose est possible. (589).

Dans le manuscrit: «Il est vrai…… la lecture d’un arrêt de mort, mais on en a quelques exemples».

J’en cherche.

Vous ne sauriés manquer d’en trouver. Je me souviens d’en avoir lu, mais ma mémoire ne me sert pas assés fidellement pour les citer. Rien ne me parait moins extraordinaire que la frayeur causée par une sentence de mort et rien n’est plus commun que les accès d’apoplexie causés par une frayeur subite.

Un homme prudent, un monarque sur qui la terre a les yeux, se résout-il ŕ faire empoisonner lâchement celui qu’il peut faire périr par le glaive de la justice? Veut-on se noircir dans la postérité par le titre d’empoisonneur et de parricide, quand on peut si aisément ne se donner que celui d’un juge sévčre? (589).

Cette raison Vous parait-elle assés vraissemblable?

La conviction où je suis, que Pierre Ier n’a pas été le meurtrier de son fils ne la fait trouvé telle, je crois même que tout lecteur sera frappé de la justice et de l’excellence d’un raisonnement qui en disculpant le héros, fait voir en même temps l’élévation des sentiments de l’historien.

Il est nécessaire ŕ présent de faire voir ce qui fut la premičre cause de la conduite d’Alexis, de son évasion, de sa mort et de celle des complices qui périrent par la main du bourreau (591).

Dans le manuscrit: «mille complices qui périrent par les mains du bourreau».

Je voudrais quelques anecdotes sur ce fait qui est très c e r t a i n.

Il n’y en a aucune tout est exposé aux yeux du publique dans le procès imprimé. Il y eut que dix ou douze personnes qui perdirent la vie dans cette affaire, les autres subirent des peines corporelles, et le reste fut exilé.

Dans le manuscrit il n’y a qu’un renvoi à la «p. 58». Il est question de la prophétie de Dosithée, évêque de Rostov. Il avait dit à la tsarine Eudoxie, réléguée dans le couvent de Suzdal avoir eu une vision, pendant laquelle St-Démétrius lui aurait prédit la mort de Pierre à trois mois de là.

Cependant les trois mois s’écoulčrent. Eudoxie reproche ŕ l’évęque que le czar est encore en vie. «Les péchés de mon pčre en sont cause, dit Dozithée: il est en purgatoire, et il m’en a averti (592).

Je crois l’avanture de Dozithée et du purgatoire fort antérieure à la fuite d’Alexis.

Elle l’est de deux ans.

Приложение шестое

Сводка критических замечаний Ломоносова, Миллера и Бюшинга на книгу Вольтера

А. Хранящиеся в рукописном виде (см. о них выше, во Введении).

1. Remarques на первый том, в краткой редакции (обозначаем их условным знаком: REM. I).

2. Те же Remarques в редакции распространенной (REM. II).

3. Remarques дополнительные, с их продолжением: «Suite» (SUPPL.).

4. Замечания, по значению, второстепенные – «Fautes» (FAUTES).

5. Замечания на второй том «Истории» (SEC.).

6. Замечания, внесенные в «Remarques sur quelques entroits du chapitre contenant la condamnation du Tsarévitch, avec les réponses aux questions mises en marche» – см. Приложение V (ALEX.).

Б. Напечатанные.

1. Первая группа замечаний Ломоносова, более ранняя (ЛОМ. I).

2. Вторая группа его же замечаний, более позднего происхождения (ЛОМ. II).

3. Замечания, напечатанные в «Journal Encyclopédique» 1762 года (JOUR.).

4. Примечания Миллера (MÜLLER) и Бюшинга (BÜSCH.) к немецкому переводу «Истории» Вольтера.

5. Замечания Миллера на десятую главу второго тома (о царевиче Алексее) в Büsching’s Magazin für die neue Historie und Géographie 1769 года (MAGAZ.).

Замечания Ломоносова, отнесенные нами в отдел печатного материала, дошли до Вольтера, конечно, в рукописном виде, а потому в дальнейшей своей краткой характеристике вышеперечисленных 11 групп я считаю более правильным руководиться меркою, которую приложил к ним сам Вольтер, и разбить их на отделы рукописный и печатный, в зависимости от того, в каком виде дошел материал до автора критикуемой книги.

I. ЛОМ. I подверг разбору главы 1–6 и 8-мую первого тома и сделал 40 указаний, причем он имел перед собою не печатный текст, a рукописный. Последнее явствует из нижеследующего:

1. Из заключительной фразы: «многие российские имена написал неисправно; однако, можно тогда исправить, как печатать начнут, или и прежде».

2. Некоторые из указанных ошибок исправлены и отсутствуют уже в самом первом издании (1759 г.). См. перечень таковых в Добавлениях к Четвертой главе.

3. Для первых шести глав сочинения пагинация общая, глава же восьмая с особым счетом страниц: вероятно, она была переписана в отдельной тетради.

4. ЛОМ. I, по всем видимостям, имел дело с текстом, который у самого Вольтера еще не получил окончательной формы: именно с тем «легким наброском», о котором сам автор говорит, что он из восьми глав и охватывает период времени «с воцарения Михаила Романова до Нарвской битвы» (1700 года). Последнее замечание Ломоносова приходится как раз на «главу восьмую» (опровержение, будто Нарва – «маленький город»). Между тем в печатном тексте глава эта занумерована как одиннадцатая; да и другие главы, в обозначении ЛОМ. I, не соответствуют печатному тексту, что можно ясно видеть из нижеследующей таблички:

И в той и в другой рубрике, как видим, отсутствует глава седьмая (в печатном тексте она содержит «Congrès et traité avec les Chinois»); можно думать, что в ту пору она еще не была готова и Вольтер еще не посылал ее.

II. ЛОМ. II. Группа эта много беднее первой: всего 16 указаний, и разобраны лишь две первых главы («Описание России»). Главное внимание критика, как и раньше, в ЛОМ. I, обращено на ошибки и выражения недостаточно, по его мнению, выставлявшие положительные стороны русской жизни и прошлого, или – еще хуже – подчеркивавшие ее недостатки. Вообще, в замечаниях Ломоносова объективный историк уступает место горячему патриоту.