Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 54)
N. 67. – Si, après avoir parcouru de l’œil toutes ces vastes provinces, vous jetez la vue sur l’orient, c’est là que les limites de l’Europe et de l’Asie se confondent encore. Il aurait fallu un nouveau nom pour cette grande partie du monde. Les anciens divisèrent en Europe, Asie et Afrique, leur univers connu: ils n’en avaient pas vu la dixième partie; c’est ce qui fait que quand on a passé les Palus-Méotides, on ne sait plus où l’Europe finit et où l’Asie commence; tout ce qui est au delà du mont Taurus était désigné par le mot vague de Scythie, et le fut ensuite par celui de Tartarie ou Tatarie. Il serait convenable peut-être d’appeler terres arctiques ou terres du nord tout le pays qui s’étend depuis la mer Baltique jusqu’aux confins de la Chine, comme on donne le nom de terres australes à la partie du monde non moins vaste, située sous le pôle antarctique, et qui fait le contre-poid du globe (408).
SUPP. p. 35, l. 19. Il auroit fallu un nouveau nom. La découverte de l’Asie septentrionale ne s’est pas faite à la fois, mais peu à peu en acquérant toujours plus de connaissance de ce grand pays. Ainsi on n’a pas pu penser à lui donner un nouveau nom. Outre cela il y auroit une grande difficulté de fixer les limites pour les terres Arctiques, puisqu’elles sont fort différentes en cela des terres Australes que les dernières sont séparées du reste du monde connu par l’Océan.
N. 68. – Des frontières des provinces d’Archangel, de Résan, d’Astracan… (408).
REM. I. p. 36, l. 17. Resan. De Casan et d’Astrachan.
REM. II. p. 36, l. 17. Resan. Apparement qu’on a voulu dire Casan.
N. 69. – (la Sibérie) touche au midi de la Russie par le mont Caucase; de là au pays de Kamtschatka [1759: Kamshatka], on compte environ douze cents lieues de France; et de la Tartarie septentrionale, qui lui sert de limite, jusqu’à la mer Glaciale, on en compte environ quatre cents, ce qui est la moindre largeur de l’empire (408).
SUPP. p. 36. l. 22. douze cents lieues de France. Cette somme est trop grande d’un tiers à proportion de la distance en habitude que Mr. de Voltaire compte ci-après pour 400 lieues de France. On n’a qu’à voir la carte générale de la Russie dans laquelle la Sibérie est représentée à peine deux fois plus longue que large.
N. 70. – Cette contrée [la Sibérie] produit les plus riches fourrures, et c’est ce qui servit à en faire la découverte en 1563. Ce ne fut pas sous le czar Feodor Ivanovitz, mais sous Ivan Basilides, au XVIme siècle, qu’un particulier des environs d’Archangel, nommé Anika, homme riche pour son état et pour son pays, s’aperçut que des hommes d’une figure extraordinaire, vêtus d’une manière jusqu’alors inconnue dans ce canton, et parlant une langue que personne n’entendait, descendaient tous les ans une rivière qui tombe dans la Duina [note de Voltaire: «Mémoires envoyés de Pétersbourg»]… C’étaient des Samoyèdes… Ils vivent dans des cavernes [note: «ibidem»], dans des huttes au milieu des neiges… On persuada quelques-uns de ces sauvages de se laisser conduire à Moscou. Tout les y frappa d’admiration. Ils regardèrent l’empereur comme leur bon dieu, et se soumirent à lui donner tous les ans une offrande de deux martres zibelines par habitant. On établit bientôt quelques colonies au delà de l’Oby et de l’Irtis; on y bâtit même des forteresses. Un cosaque fut envoyé dans le pays en 1595, et le conquit pour les czars avec quelques soldats et quelque artillerie, comme Cortès subjugua le Mexique; mais ne conquit guère que des déserts (408–410).
SUPP. p. 37, l. 3. la découverte en 1563. Cette découverte pourroit être détaillée plus exactement d’après l’histoire de la Sibérie, de même que la conquête de ce pays, dont Mr. de Voltaire parle dans les pages suivantes.
REM. I. p. 37, l. 6. sous Ivan Basilides. Sous le tsar Iwan Basilovits; on a suivi partout ailleurs la terminaison russe en vits.
REM. II. p. 37, l. 6. sous Iwan Basilides. Il faudroit ajouter, sous son père Ivan Basilovits. Basilides ou Basilovits signifie également fils de Basile. L’un est latin, et l’autre est russe. On a suivi partout ailleurs la terminaison russe en vits.
REM. I. p. 38, l. 5. dans des cavernes. Leurs habitations sont les mêmes que celles des Lapons.
REM. II. p. 38, l. 5. dans des cavernes. Pas dans des cavernes, mais dans des cabanes portatives faites des peaux de rennes ou d’élans.
REM. I. p. 40 [l. 17]. Un cosaque fut envoyé. Il y alla de son propre chef, comme on l’a marqué dans les mémoires précédents.
REM. II. p. 40, l. 17. Un cosaque. L’histoire de la découverte de la Sibérie et des premières conquêtes faites par les Russes dans ce pays mérite d’être plus détaillée après les mémoires envoyés à Mr. de Voltaire.
FAUTES, p. 40, l. 12. empereur. Lisés: «tsar». (Dans la phrase: «ils regardèrent l’empereur comme leur bon dieu».)
JOUR. Page 40, on persuada quelques-uns de ces sauvages, etc. Tout ce morceau n’est autre chose qu’un roman épisodique; voici la vérité. L’ataman des Cosaques, Jermak Timofeew ravagea par ses brigandages tout le pays qu’arrose la Volga; poursuivi par les troupes zariennes, il fut contraint de se retirer en 1577 vers la source de la rivière de Kama. Bientôt il entreprit de dévaster la Sibérie, il essuya beaucoup de pertes, mais parvint à régner sur les Jattres et sur les Ostiakes. Seul maître du pays, il envoya des députés à Moscou, soumit au zaar toute la contrée, fit bâtir la ville de Tuemen en 1586 et celle de Tobolsk. Il y a très-longtemps que l’on connoît ces faits.
N. 71. – On établit bientôt quelques colonies au delà de l’Oby et de l’Irtis [note de Voltaire: «en russe, Irtisch»]…. En remontant l’Oby, à la jonction de la rivière d’Irtis avec celle de Tobolsk [1759: Tobol], on trouva une petite habitation dont on a fait la ville de Tobolsk [note de Voltaire: «en russe, Tobolskoy»; dans l’édition de 1759: la ville de Tobol, avec la même note: «en russe, Tobolskoy»], capitale de la Sibérie, aujourd’hui considérable. Qui croirait que cette contrée a été longtemps le séjour de ces mêmes Huns qui ont tour ravagé jusqu’à Rome sous Attila, et que ces Huns venaient du nord de la Chine? Les Tartares Usbecks ont succédé aux Huns, et les Russes aux Usbecks… Toute cette partie du monde, depuis le soixantième degré ou environ jusqu’aux montagnes éternellement glacées qui bornent les mers du Nord, ne ressemble en rien aux régions de la zone tempérée (410).
REM. I. p. 41, l. 2. La rivière se nomme Tobol et la ville Tobolsk.
REM. II. p. 41, l. 2. La rivière s’appelle Tobol, et la ville Tobolsk. En faisant cette correction la note en bas sera superfluë. Voyés aussi p. 44, l. 14.
SUPP. p. 40, à la fin. En remontant l’Oby à la jonction de la rivière d’Irtisch avec celle du Tobol on trouva une petite habitation dont on a fait la ville de Tobol. Ce n’est pas en remontant l’Oby qu’on est venu à la jonction des rivières Irtisch et Tobol. Les gens qui ont bâti la ville de Tobolsk ont été envoyés de Tumen ville située sur la rivière Toura.
SUPP. p. 41. l. 3. Qui croirait que cette contrée a été longtemps le séjour des Huns? C’est ce qu’il sera très difficile à prouver.
SUPP. p. 41. l. 7. Les Tatares Usbecs ont succédé aux Huns et les Russes aux Usbecs. Les Usbecs n’ont jamais demeuré en Sibérie.
SUPP. p. 41. l. 16. montagnes éternellement glacées qui bornent les mers du Nord. Il n’y a presque aucune montagne le long de la mer Glaciale.
JOUR. Croyez-vous, Monsieur, qu’il soit plus difficile d’écrire Irtisch que Irtis, selon M. de Voltaire, pag. 40; Tobolskoi que Tobol (pag. 41)? – Objection de Voltaire: «Tous ces noms sont écrits dans l’histoire de M. Voltaire comme on les écrit en Russie».
JOUR. On a envoyé à M. de Voltaire un extrait des chartes et des papiers imprimés à Pétersbourg. Il n’a pas vû dans ces mémoires que les Usbecs, pag. 41, ayent jamais passé en Sibérie. S’il les eût lus, il eût appris que le long de la mer Glaciale il n’y a point de montagnes, mais des plaines immenses et couvertes de mousse, nourriture ordinaire des rennes.
N. 72. – Au-dessous de la contrée des Samoyèdes est celle des Ostiaks le long du fleuve Oby. Ils ne tiennent en rien des Samoyèdes… les uns sans religion, parce qu’ils ne sont pas rassemblés; les autres, qui composent des hordes, ayant une espèce de culte, faisant des vœux au principal objet de leurs besoins; ils adorent, dit-on, une peau de mouton, parce que rien ne leur est plus nécessaire que ce bétail (410).
SUPP. p. 42. l. 5. Ostiaks sans religion. Ils avoient la même religion que les Lappons et à présent ils sont presque tous chrétiens.
SUPP. p. 42. l. 9. ils adorent une peau de mouton parce que rien ne leur est plus nécessaire que ce bétail. Il ne nourrissent aucun bétail, par conséquent aussi point de moutons. Ce sont les peaux des ours qu’ils ont adoré autrefois.
JOUR. On a envoyé à M. de Voltaire un extrait des chartes et des papiers imprimés à Pétersbourg… S’il les eut lus… Il n’y eut pas trouvé ce culte ridicule qu’il attribue aux Ostiakes, et n’eut pas dit que ces peuples adorent une peau de mouton, parce qu’il est absurde de penser que dans un pays où il n’y a pas de moutons les habitants adorent la peau de cet animal. – Réplique de Voltaire: «Si ce n’est point une peau de mouton, c’est une peau d’ours, qu’ils adorent: l’erreur, si c’en est une, mérite-t-elle une critique?»