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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 53)

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JOUR. Consultez, je vous prie, Monsieur, les meilleurs géographes, et si vous voulez même les moins exacts; vous verrez que tous, à l’exception de M. de Voltaire, pag. 30, n’étendent le gouvernement d’Astracan que jusqu’à la rivière de Jaïk; que le mont Caucase est en deçà de la mer Caspienne, et que la rivière du Don a toujours séparé l’Europe d’avec l’Asie. – Réplique de Voltaire: «Il suffit de consulter Oléarius; il rapporte beaucoup d’autorités, et décrit avec exactitude l’ancien royaume d’Astracan, conformément à ce qu’en a dit M. de Voltaire».

N. 57. – A la droite et à la gauche du Volga et du Jaïk, ce beau pays [le royaume d’Astracan] était infesté plutôt qu’habité par des Tartares qui n’ont jamais rien cultivé, et qui ont toujours vécu comme étrangers sur la terre (406).

REM. I. p. 31, l. 5., à la gauche du Volga. Les Calmoucs, sujets de la Russie, y mènent une vie ambulante, passant avec leurs troupeaux tantôt d’un côté, tantôt de l’autre de Volga. Ils sont souvent inquiétés par les Tartares du Cuban et par d’autres hordes vagabondes. Pour garantir les habitations russes contre les incursions de ces Tartares, on a tiré des lignes entre le Tanaïs et le Volga, et du Volga jusqu’en Sibérie. Elles sont garnies de distance en distance de petits forts et de troupes réglées.

REM. II. p. 31, l. 5., à la gauche du Volga. Il n’y a pas de Tatares. Ce sont les Calmoucks, sujets de la Russie, qui menant une vie ambulante, passent avec leurs troupeaux, etc. (La forme Tatares, et non pas Tartares est commune pour les REM. II.).

N. 58. – Des moutons sauvages, d’une nourriture excellente, paissaient dans ces solitudes [dans les déserts du royaume d’Astracan] (406).

SUPP. p. 31, l. 13. Des moutons sauvages. Lisés: «chevreuils ou Saïga» qui est une espèce de chevreuils.

N. 59. – Le czar Jean Basilides, petit-fils d’Ivan Basilovitz [édition 1761: Basilovis], et le plus grand conquérant d’entre les Russes, délivra son pays du joug tartare, au XVIme siècle, et ajouta le royaume d’Astracan à ses autres conquêtes en 1554 (406).

ЛОМ. II. p. 32. Россию от татарского владения освободил не царь Иван Васильевич, но дед его, великий князь того же имени; a царь Иван Васильевич взял самых татар под иго. В сем случае должно упомянуть сочинителю, что иное есть самому от порабощения освободиться, a иное прежних своих владетелей привести в порабощение.

REM. II. p. 31. l. 22. Jean Basilides. C’est le grand duc Iwan Basilovits qui secoua le joug de Tatares. Son petit-fils, le tsar du même nom, acheva cette ouvrage, et ajouta le royaume d’Astracan à ses autres états. (REM. I: même texte: Tartares, Basilowits.)

JOUR. Il est bien difficile de comprendre, pourquoi M. de Voltaire écrit d’une manière différente, le même nom porté par deux régens célèbres de l’empire de Russie, Iwan Wasiliowitch; l’un étoit cependant le grand duc, et l’autre le czar, son petit-fils: l’historien appelle le premier Iwan Basilovis, et l’autre Jean Basilides, ou Basilide; n’étoit-il pas plus simple de les distinguer par les chiffres 1 et 2? Une faute bien plus considérable: M. de Voltaire, pag. 25, donne la qualité de czar à son Iwan Basilovis qui n’a jamais porté que le titre de grand duc.

N. 60. – Astracan est la borne de l’Asie et de l’Europe (406).

SUPP. p. 32, l. 4. Astracan est la borne de l’Asie et de l’Europe. C’est plustôt au Tanaïs que les géographes mettent cette borne.

Voir réplique de Voltaire au N. 56.

N. 61. – Orenbourg. [édition 1759: Orembourg] (406).

REM. II. p. 32. l. 12. Orembourg. Lisés: «Orenbourg». Cette ville a été transférée en 1742 dans un autre endroit plus avantageux par sa situation. C’est sur le même Yaick, mais plus bas à la distance d’environ 250 verstes de l’ancien endroit qu’on nomme à présent Orskaya Krepost. (REM. I: même texte, mais sans le dernier mot: «Krepost».)

N. 62. – Au sud-est du royaume d’Astracan est un petit pays nouvellement formé, qu’on appelle Orenbourg [édition 1759: Orembourg] (406).

SUPP. p. 32, l. 14. petit pays qu’on appelle Orenbourg. Un pays qui s’étend de 15 degrés en longitude et de 10 en latitude ne doit pas être nommé petit.

JOUR. Au sud-est du royaume d’Astracan est un petit pays nouvellement formé qu’on appelle Orenbourg. Ce pays, si petit aux yeux de M. de Voltaire, s’étend depuis l’embouchure de Jaik jusqu’aux environs de Catherinenbourg, en Sibérie: c’est-à-dire, que sa largeur est de 10 degrés, et sa longueur de 15. La ville d’Orembourg, dont parle l’historien, fut bâtie en 1735. Mais celle dont il veut parler, et la seule qui doive l’occuper dans cet article, n’a été construite qu’en 1741; elle est éloignée de l’autre de 35 mille d’Allemagne. Quelle géographie!

Dans l’introduction au 2me vol. de son «Histoire», Voltaire déclare: «On peut laisser au païs d’Orembourg l’épitète de petit, parce qu’en effet ce gouvernement est petit en comparaison de la Sibérie à laquelle il touche».

N. 63. – La ville d’Orenbourg [édition 1759: Orembourg] est devenue le refuge des Persans et de leurs fortunes (407).

REM. II. p. 32, à la fin. les Persans. Ils y viennent aussi, mais très rarement. Ce sont les peuples de la Tartarie méridionale indépendante, et principalement de la Bockarie, qui font le plus grand commerce à Orenbourg avec des marchandises tirées de leur pays et des Indes. Il seroit trop loin pour les Persans d’y apporter et de déposer leurs effectes [sic] échappés aux guerres civiles. (REM. I: même texte, mais sans la dernière phrase: «Il seroit – civiles»; là encore, comme plus haut: Tartarie, et non pas Tatarie.)

N. 64. – Au delà du Volga et du Jaïk, vers le septentrion, est le royaume de Casan, qui, comme Astracan, tomba dans le partage d’un fils de Gengis-kan, et ensuite d’un fils de Tamerlan, conquis de même par Jean Basilides (407).

SUPP. p. 33, l. 9. Au delà du Volga et du Jaïk est le royaume de Casan. Le royaume de Casan ne s’étend pas même jusqu’au Jaïk; ce fleuve appartient au gouvernement d’Orenbourg.

SUPP. p. 33, l. 12. fils de Tamerlan. On ne connoît point de fils de Tamerlan qui ait régné sur Casan.

JOUR. Page 33, au delà de Casan qui comme fils de Gengiskan, et

de la A s t r a e n s u i

Volga et du J can, tomba da te d’un fils d

aïk est le royaume ns le partage d’un e Tamerlan. Point du tout. Le royaume de Casan est en deçà du Jaïk. Ce fils de Tamerlan est un enfant créé par M. de Voltaire; la postérité de Tamerlan, s’il en a eu, ce qu’on ignore, n’a jamais régné. Il n’est pas vrai non plus que la grande Permie s’appelle toujours ainsi, ni qu’elle ait tiré son nom de Solikamsk. Dans les mémoires que M. de Strahlenberg a envoyé à M. de Voltaire tout cela est bien expliqué. – Objection de Voltaire: «M. Petit de la Croix, le moine de St.-Denis et Vatter ont écrit l’histoire de Tamerlan. Ils disent qu’il laissa 36 fils, sans comprendre les filles, que ses fils partagèrent ses conquêtes. Ils régnèrent donc après lui. Quant à ce que le Critique dit au sujet de la Permie, voy: si ce que dit Oléarius dans sa relation de Moscovie, n’est point exactement ce qu’en dit M. de Voltaire».

N. 65. – Une province de ce royaume [de Casan], appelée la grande Permie, et ensuite le Solikam, était l’entrepôt des marchandises de la Perse et des fourrures de Tartarie (407).

REM. II. p. 33, l. 20. Solikam. La grande Permie n’a jamais changé de nom. Solikamsk n’est qu’une petite ville située dans cette province. Anciennement Tsherdyn en étoit la ville principale, aujourd’hui c’est Koungour. (Dans les REM. I la dernière phrase manque: «Anciennement – Koungour». De plus, dans les deux cas Solicam, Solicamsk, avec un c à la place du k.)

REM. I. p. 33, l. 22. fourrures. Pas de la Tartarie, mais de la Sibérie; le pays compris communément sous le nom de la Tartarie, n’en fournit aucune. (REM. II: même texte, mais chaque fois dans le mot Tartarie, manque le premier r: Tatarie.)

FAUTES, p. 33, l. 20. Solikam. Lisés: «Solikamsk».

Voir réplique de Voltaire au N. 64.

N. 66. – Pline et Pomponius Mela rapportent que du temps d’Auguste, un roi des Suèves fit présent à Metellus Celer de quelques Indiens jetés par la tempête sur les côtes voisines de l’Elbe. Comment des habitants de l’Inde auraient-ils navigué sur les mers germaniques? Cette aventure a paru fabuleuse à tous nos modernes, surtout depuis que le commerce de notre hémisphère a changé par la découverte du cap de Bonne-Espérance; mais autrefois il n’était pas plus étrange de voir un Indien trafiquer dans les pays septentrionaux de l’Occident que de voir un Romain passer dans l’Inde par l’Arabie. Les Indiens allaient en Perse, s’embarquaient sur la mer d’Hyrcanie, remontaient le Rha, qui est le Volga, allaient jusqu’à la grande Permie par la Kama, et de là pouvaient aller s’embarquer sur la mer du Nord ou sur la Baltique. Il y a eu de tout temps des hommes entreprenants (407).

REM. II. p. 34, l. 18. quelques Indiens. Le fait en général peut être vrai; mais que ce soient des Indiens, c’est ce qui est incroyable. Par quel chemin auroientils pû arriver jusqu’à l’Elbe? On n’est que trop persuadé de l’impossibilité d’un passage par la mer Glaciale. Il est donc plus probable que c’étoient des Lappons, ou de quelque autre nation du Nord, qu’on a pris dans ces temps réculés, faute de meilleure connoissance géographique, pour des Indiens. (Manque dans les REM. I.)