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Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 47)

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SUPP. p. 4. l. 15. Onze cent mille de nos lieues quarrées. Un auteur qui a de la réputation pour la géographie, compte pour tout l’Empire Russien 200.000 [sic] mille lieues de France.

N. 7. – Il faudra encore des sičcles et des czars tels que Pierre le Grand (395).

ЛОМ. I, Chapitre I, p. 3. Таких царей, как Петр Великий. Лучше бы было: «таких императоров».

REM. I. p. 4, l. 24. Des czars. On prie Mr. de Voltaire de se servir plutôt du mot de Prince que de celui de Tsar, puisque le mot de Czar en esclavon veut dire Roy comme cela se trouve dans tous nos anciens livres traduits de grec. Les étrangers écrivent Tsars, ce qui a contribué à persuader Mr. de Voltaire qu’il vient de mot de Tchach.

REM. II. p. 4, l. 24. Des czars. Il paroit plus convénable de se servir du mot de Prince que celui de Tsar, depuis que les souverains de la Russie ont pris le titre d’Empereurs.

N. 8. – De Pétersbourg ŕ Pékin on trouverait ŕ peine une montagne dans la route que les caravanes pourraient prendre par la Tartarie indépendante (édition 1759).

REM. II. p. 5, l. 18. à peine une montagne. Il y en a plusieurs, en prenant la route par la Sibérie, il faut passer les montagnes de Verkoturie, et en descendant par eau jusqu’à Astrakan pour aller de là par la Tartarie méridionale, ou Bockarie, on rencontre une autre chaîne de montagnes appellée le mont Altai, qui traverse le pays dépuis la Sibérie jusqu’aux Indes. La Sibérie elle-même est remplie de montagnes. (REM. I: le même, mais de façon plus succinte.)

JOUR. La Tartarie indépendante, pag. 5, est bien loin de la route de St.-Pétersbourg à Pékin. Le petit nombre de Tartares qui sont sur cette route dépendent ou de la Chine, ou de l’empire de Russie, ou de leurs propres chams. Est-ce là de l’indépendance? – Réplique de Voltaire: «L’auteur de la critique n’est pas fort sur la géographie; il se pourroit bien faire aussi qu’il n’a jamais été, quoiqu’il en dise, à Pétersbourg. La route la plus courte pour aller de cette capitale à Pékin est Samarcand, Chalzac, Gascar, Tanchut; c’est là certainement la Tartarie indépendante; mais si l’on veut traverser la grande Moscovie, passer par Sélinga, Albassin, descendre par le Matsiney [?] à la Corée, et de là remonter à Pékin, on s’éloignera sans doute de la Tartarie indépendante; mais on s’écartera immensément de la route la plus courte de Pétersbourg à Pékin».

Malgré cette réplique, Voltaire tint compte de ces remarques et déjà dans la préface au deuxième volume il déclarait: «après des mots: dans la route que les caravanes pourraient prendre, ajoutez: en passant par les plaines des Calmoucs, et par le grand désert nommé Kobi». – Le texte définitif de ce passage est devenu dans les nouvelles éditions (Garnier, p. 395) ce qui suit: «De Pétersbourg à Pékin on trouverait à peine une grande montagne dans la route que les caravanes pourraient prendre par la Tartarie indépendante, en passant par les plaines des Calmoucs et par le grand désert de Cobi».

Ces dernières lignes furent évidemment ajoutées sous l’influence du JOUR. Voir aussi Appendice II, paragraphe 2.

N. 9. – La ville de Moscou, capitale de cet empire (396).

ЛОМ. I. chap. I, p. 4. Москва нарочитый город. Москва великий город, первого рангу во всей Европе.

ЛОМ. II. chap. I, р. 4. Москва столицею учинилась в XV веке. Однако, князь Иван Данилович Калита столицу из Владимира в Москву перенес около 1320 года.

Je ne puis pas affirmer que les observations de Lomonosov se rapportent précisément à ces paroles de Voltaire: en outre elles ne se suivent pas immédiatement, étant intercalées à d’autres observations encore; on pourrait même écrire que le renvoi à la p. 4 dans l’un des deux cas ne soit dû qu’à une erreur de plume. Et même si l’on considère le texte imprimé on voit qu’à la p. 4 il n’y aurait pas eu de place pour les deux phrases. Par contre, à la p. 401 de l’édition Garnier nous lisons: «Moscou, la capitale de l’empire. Cette ville fut longtemps le centre des États russes»; et à la p. 402: «tout cela faisait de Moscou une des plus considérables villes de l’univers».

N. 10. – Je ne dois point rechercher ici pourquoi on a nommé les contrées depuis Smolensko jusqu’au delà de Moscou la Russie Blanche, et pourquoi Hubner la nomme Noire, ni pour quelle raison la Kiovie doit être la Russie Rouge (396).

REM. I. p. 6, l. 22. Russie Blanche ne comprend que le gouvernement de Smolensco, et une partie de la Lithuanie. La Russie Rouge est cette partie de la Pologne qui renferme les palatinats de Leopol et de Galitsch. La Kiovie est située dans la province qu’on appelle communément la Petite Russie. Le reste est compris sous le nom de la Grande Russie; quant à la Russie Noire on n’en connoît point. (REM. II: La Russie Noire n’est rien.)

JOUR. Savez-vous, Monsieur, ce que c’est, pag. 6. que la Russie noire? y a-t-il sur la terre un pays qu’on appelle ainsi? Quel garant que ce Hibner? Personne ne le lit, personne ne le croit. M. de Voltaire le cite. – Réplique de Voltaire: «M. de Voltaire ne dit point qu’il y a une Russie Noire, au contraire il dit qu’il ne cherchera point, pourquoi Hibner a nommé ainsi les contrées depuis Smolensko jusqu’au delà de Moscou».

Voir Appendice N. 2, par. 3.

N. 11. – L’art de l’écriture fut longtemps inconnu dans tout le Nord; le patriarche Constantin, qui a écrit en russe l’histoire de Kiovie, avoue que dans ces pays on n’avait point l’usage de l’écriture au Vme siècle (396).

ЛОМ. II. Патриарх Константин писал историю. Не правда: писал ее Нестор и другие.

REM. II. p. 7, l. 20. le patriarche Constantin. On n’en connoît aucun de ce nom. C’est un moine du couvent de Percherski ŕ Kief, nommé Nestor, qui a écrit en russe l’histoire de Kiovie ou plustôt les premičres annales de Russie. (REM. I; presque dans les męmes termes.)

REM. II. ib. à la fin. au Vme siècle. C’est vers la fin du huitième siècle que Methodius et Cyrillus furent envoyés par les empereurs grecs, pour enseigner aux Russes l’écriture avec des caractères inventés exprès pour leur usage. Il y a encore d’autres caractères dont les Bolgares, aussi peuples slavons, qui habitoient les bords du Danube, se servoient depuis le Vme siècle, et dont on attribue l’invention au Saint Hyeronyme. (Dans les REM. I ce point manque).

SUPPL. (seulement dans le brouillon), p. 7, l. 20. Patriarche Constantin – cinquième siècle. Selon les précédentes remarques il faut mettre Constantin au lieu de Nestor. Mais Nestor ne dit pas que l’usage de l’écriture ait été inconnu en Russie au cinquième siècle. Il dit seulement que l’écriture Slavonne a été inventée par Cyrillus nommé Constantin au neuvième siècle. Apparement elle a été introduite en Russie avec le Christianisme.

JOUR. Ou je me trompe fort, ou jamais patriarche, ni historiographe n’ont porté, pag. 7, le nom de Constantin. Tout le monde sait que le patriarchat n’a commencé en Russie qu’en 1588: à quel propos l’historien du czar appuye-t-il un fait qui c’est passé dans le Vme siècle, par le témoignage du patriarche Constantin?

N. 12. – Je me sers du nom de Russes pour désigner les habitants de ce grand empire. Celui de Roxelans, qu’on leur donnait autrefois, serait plus sonore; mais il faut se conformer à l’usage de la langue dans laquelle on écrit. Les gazettes et d’autres mémoires depuis quelque temps emploient le mot de Russiens; mais comme ce mot approche trop de Prussiens, je m’en tiens à celui de Russes, que presque tous nos auteurs leur ont donné; et il m’a paru que le peuple le plus étendu de la terre doit être connu par un terme qui le distingue absolument des autres nations (396).

SUPP. p. 8, l. 11. Russes – non Russiens. Les raisons que Mr. de Voltaire cite en faveur de son orthographe ne paroissent pas être concluantes. Je souhaiterois pour le moins conserver Russien comme un adjectif, p. ex.: la flotte Russienne.

Voltaire n’a pas voulu céder en matière d’orthographe: soit dans la première édition de son livre que dans les éditions successives il s’est servi du mot Russe (lettre majuscule) pour désigner le nom commun et du mot russe (lettre minuscule) pour l’adjectif. Dans sa lettre à Šuvalov du 24 décembre 1758 il a motivé de la façon suivante sa décision: «Le mot Russe a d’ailleurs quelque chose de plus ferme, de plus noble, de plus original que celui de Russien; ajoutez que Russien ressemble trop à un terme très-désagréable dans notre langue, qui est celui de ruffien; et la plupart de nos dames prononçant les deux ss comme les ff, il en résulte une équivoque indécente qu’il faut éviter».

Tout d’abord cependant Voltaire n’avait pas répudié cette forme: voir Histoire de Charles XII, p. 278, 324: «du rite russien», «un boïard russien».

N. 13. – Cet empire, partagé aujourd’hui en seize grands gouvernements, qui seront un jour subdivisés, quand les contrées du septentrion et de l’orient auront plus d’habitants (397).

ЛОМ. I. chap. I, p. 4. Губернии со временем разделены будут. Губернии разделены у нас давно на провинции и уезды, и на приписные городы.

Voir Appendice N. I, objection 1.

N. 14. – La province la plus voisine de nos climats est celle de la Livonie. C’est une des plus fertiles du Nord. Elle était païenne au XIIme siècle. Des négociants de Brême et de Lubeck y commercèrent (397).