реклама
Бургер менюБургер меню

Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 46)

18

Le nombre total des remarques rédigées par les académiciens de Pétersbourg (y compris celles de Büsching) est de 1091. Nous les reproduisons sous forme de notes avec renvoi aux expressions, paroles et phrases du livre de Voltaire auxquelles elles se rapportent. Pour plus d’évidence, nous faisons précéder les notes des citations correspondantes puisées dans l’ouvrage même. Le Sommaire contient 500 notes, numérotées de 1 à 490. Les NN. 1, 4, 210, 216, 268, 291, 292, 293, 295 sont marqués d’un astérisque; un deuxième N. 1 porte deux astérisques. Cette différence de 500 et 1091 résulte du fait que nous nous trouvons souvent en face des mêmes observations répétées à plusieurs reprises (voir REM. I et REM. II) et n’avons pas cru devoir leur assigner un numéro spécial. De plus, une grande partie des observations concerne un seul et même texte: nous avons par conséquent groupé sous un numéro unique plusieurs observations relatives à un même texte.

N. 1. – Les bords du Volga et de Saïk (Œuvres, XVI, 377). ЛОМ. II. Saique вместо Jaique.

N. 1*[455] – L’auteur qui donne au public l’Histoire de l’empire de Russie sous Pierre le Grand est le même qui écrivit, il y a trente ans, l’Histoire de Charles XII sur les mémoires de plusieurs personnes publiques qui avaient longtemps vécu auprès de ce monarque. La présente histoire est une confirmation et un supplément de la première (380).

JOUR. Vous n’avez, j’en suis sûr, jamais entendu dire, que les intérêts de la nation Polonoise et ceux de l’empire de Russie fussent communs, inséparables; que les événemens qui se sont passés en Pologne fussent la suite ou le principe des révolutions qui ont agité la Russie. Pourquoi donc M. de Voltaire donne-t-il, pag. 9, son ouvrage, comme une simple continuation de l’histoire de Charles XII? a) Le czar fut-il le successeur du roi de Suède, ou les États de ce dernier furent-ils envahis par Pierre? Qu’est ce encore que ce certificat? b) Jamais auteur songea-t-il à se munir, comme les empiriques, d’une semblable attestation? Ne valoit-il pas mieux prouver par des raisons que Poniatovski, Motraye et Nordberg ont dit des faussetés? – Réplique de Voltaire (en deux fois): a) «Ce n’est point là du tout ce qu’a dit M. de Voltaire; il a dit que cette histoire seroit une confirmation et un supplément de celle de Charles XII, et cela est vrai». – b) «Un titre respectable qui devroit en imposer aux défenseurs des Nordberg, des Motraye, et des semblables rapsodistes».

N. 1** – On ne s’est point fatigué, dans cette Histoire de Pierre le Grand, à rechercher vainement l’origine de la plupart des peuples qui composent l’empire immense de Russie, depuis le Kamtschatka jusqu’à la mer Baltique. C’est une étrange entreprise de vouloir prouver par des pièces authentiques que les Huns vinrent autrefois du nord de la Chine en Sibérie, et que les Chinois eux-mêmes sont une colonie d’Égyptiens. Je sais que des philosophes d’un grand mérite ont cru voir quelque conformité entre ces peuples; mais on a trop abusé de leurs doutes; on a voulu convertir en certitude leurs conjectures[456] (381).

Il paraît qu’il faut s’en tenir à cette incertitude sur l’origine de toutes les nations. Il en est des peuples comme des familles: plusieurs barons allemands se font descendre en droit ligne d’Arminius; on composa pour Mahomet une généalogie par la-quelle il venait d’Abraham et d’Agar. Ainsi la maison des anciens czars de Russie venait du roi de Hongrie Bela; ce Bela, d’Attila, de Turck, père des Huns, et Turck était fils de Japhet. Son frère Russ avait fondé le trône de Russie; un autre frère, nommé Camari, établit sa puissance vers le Volga (383).

JOUR. M. de Voltaire se trompe, pag. 15: il n’est point inutile de remonter à l’origine des peuples a); mais il est plus commode de ne pas faire des recherches, et beaucoup moins aisé travailler utilement comme M. de Guignes, que de faire une satire contre l’excellent ouvrage de ce savant b). Cependant il est bien singulier qu’un auteur qui proscrit de l’histoire toute dissertation sur l’origine des peuples ait fait luimême des recherches pour prouver, pag. 22, que Bela fut le fondateur de la maison des anciens czars c). Cette fable est absurde, et ne méritoit pas d’être prise dans l’ouvrage de Fletcher, écrivain aussi faux dans les faits que ridicule dans les raisonnemens.

Réplique de Voltaire: a) «Très-inutile en effet, puisque les recherches n’ont servi jusqu’à présent, qu’à épaisir les ténèbres qui couvrent l’origine des peuples». – b) «A quoi a-t-il servi cet ouvrage savant de M. de Guignes? Quelle lumière a-t-il répandue?» – c) «Voilà donc ce que l’auteur appelle des recherches! Il s’en faut bien que M. de Voltaire ait dit ce qu’on lui fait dire ici: il s’en faut encore davantage qu’il l’ait pensé».

N. 2. —… un témoignage irrécusable, qui apprendra quelle foi on doit ajouter à l’Histoire de Charles XII. Il n’y a pas longtemps que le roi de Pologne, duc de Lorraine, se faisait relire cet ouvrage à Commercy; il fut si frappé de la vérité de tant de faits dont il avait été le témoin, et si indigné de la hardiesse avec laquelle on les a combattus dans quelques libelles et dans quelques journaux, qu’il voulut fortifier par le sceau de son témoignage la créance que mérite l’historien (380).

ЛОМ. II. Станислава приводит во свидетельство весьма насильно о Карле XII. Затем, что: 1) письмо очень молодо и в то время сочинено, когда Волтер начал писать о Петре В.; 2) что Станислав не был всех дел Карловых очевидной свидетель; 3) хотя бы и был, однако, свидетельство его ни малейшей важности не имеет: затем, что Карл ему дал, a Петр отнял корону. Из сего довольно явствует, что сочинитель не намерен того отменить, что он писал не в пользу чести нашей в «Жизни Карла XII», и явно выхваляет Станислава, которого по справедливости превозносить не может в рассуждении дел Петровых.

N. 3. – Il serait bien étrange de préférer le Scythe Anacharsis, parce qu’il était ancien, au Scythe moderne qui a policé tant de peuples (385).

ЛОМ. II. Петра B. скифом называет, что отнюдь не правда, затем, что славяне скифами никогда не назывались, не токмо что не бывали.

AVANT-PROPOS.

N. 4. – Dans les premières années du siècle où nous sommes, le vulgaire ne connaissait dans le Nord de héros que Charles XII (393).

ЛОМ. I. Приступление, p. 1. В первые 18 лет нынешнего столетия никакой герой в Севере не был известен, кроме Карла Втораго на десять. Геройские дела Петровы, великие предприятия и труды славны учинились еще прежде Левенгауптской и Полтавской баталий. Карл XII показал бегством своим больше себя героя в Петре В., задолго до 1718 года.

N. 4* – On juge aujourd’hui que Charles XII méritait d’être le premier soldat de Pierre le Grand (393–394).

JOUR. L’avant-propos de cette histoire seroit vraiment admirable, si M. de Voltaire eût supprimé ce trait injurieux: Charles XII méritoit d’être le premier soldat de Pierre le Grand. Une expression aussi dure offense également la nation Suédoise et la cour de Pétersbourg, qui ne demandoit pas que, pour louer le czar, on flétrit Charles XII. – Réplique de Voltaire: «Il faut pardonner au Critique, il ignore la signification du mot soldat: s’il regarde CharlesXII, comme un général; il faut lui pardonner encore, il ne sait pas que la bravoure seule n’a jamais fait un général».

BÜSCH. Soldat de Pierre le Grand. Kaiser Peter I. ist in der That an sich viel zu gross, als dass man nöthig hätte, um ihn zu erheben, den König Karl XII zu verkleinern. Sein wahrhaftig grosser und edler Geist dachte auch von diesen Helden keineswegs so geringschätzig, als Herr von Voltaire hier uf eine ungeziemende Weise von demselben urtheilet, und dabey erdichtet, dass dieses Urtheil von mehrern, oder wohl gar von der Welt, gefället würde.

N. 5. – L’empire de Russie… s’étend d’Occident en Orient l’espace de plus de 2.000 lieues communes de France, et il a plus de 800 lieues du Sud au Nord dans sa plus grande largeur… Sa longueur, de l’île de Dago, à l’occident de la Livonie, jusqu’à ses bornes les plus orientales, comprend près de 170 degrés… Sa largeur est de 3.600 verstes du Sud au Nord, ce qui fait 850 de nos lieues communes (394).

SUPP. p. 3. l. 3. deux mille lieues de France. C’est manifestement trop, puisque les degrés diminuent vers le Nord.

JOUR. Si l’empire de Russie, pag. 3, s’étend d’Occident en Orient, l’espace de 2.000 lieues; comment se peut-il faire que la longueur de l’isle de Dago à l’Occident jusqu’à ses bornes les plus orientales, renferme près de 170 degrés? Ce près fait une différence immense. Mais M. de Voltaire ne s’est pas souvenu que les degrés se rétrécissent du côté du Nord, et qu’afin de donner une mesure exacte il falloit tirer une ligne depuis Riga jusqu’à Tschukotskoi. – Réplique de Voltaire: «C’est précisement parce que les degrés se rétrécissent du côté du Nord, que la largeur de la Russie, du Sud au Nord, est exactement de 850 lieues; et que la mesure entière est bien donnée».

N. 6. – Ce qui est compris aujourd’hui sous le nom de Russie, ou des Russies…, contient plus de onze cent mille de lieues carrées. (édition 1759: de nos lieues quarrées). (395).