Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 78)
N. 333. – Tandis que l’armée ottomane passait le Danube, le czar avançait par les frontières de la Pologne, passait le Borysthène pour aller dégager le maréchal Sheremetof, qui, étant au midi d’Yassi sur les bords du Pruth, était menacé de se voir bientôt environné de cent mille Turcs et d’une armée de Tartares (522).
SEC. p. 9. Le Tsar avançoit par les frontières de Pologne. Il arriva le 23 juin sur les bords du Dniester et non pas du Boristène. Le 28 toute l’armée passa cette rivière sur deux ponts sous la petite ville de Soroka.
SEC. ibid. dégager le maréchal Sheremetoff. Il avoit pris les devants avec la cavallerie. Les Tatares qui étoient venûs en grand nombre pour s’opposer à son passage du Dniester, furent bientôt repoussés et il se trouva au milieu de juin sur les bords du Pruth. Les Turcs dans ce temps-là étoient encore derrière le Danube, ainsi il n’y avoit rien à craindre pour Sheremetoff.
Voltaire ne voulut pas renoncer à son idée; il ne corrigea même pas une erreur essentielle, en confondant le Dniestr avec le Dniepr.
N. 334. – Pierre, avant de passer le Borysthène… (522).
SEC. ibid. avant de passer le Boristène. Il faut dire le Dniester.
Encore une fois Voltaire fit la sourde oreille à l’erreur évidente qui lui était signalée.
N. 335. – Elle [Catherine] se servait rarement de voiture (522).
SEC. p. 10. Elle se servit rarement de voiture. Ce n’est que dans cette campagne et particulièrement dans la marche vers le Pruth ainsi que dans le retour jusqu’au Dniester qu’on l’a vu quelquefois à cheval. Ordinairement elle se servoit de voiture.
N. 336. – Il fallut marcher au delà du Borysthène par quelques déserts, traverser le Bog, et ensuite la rivière du Tiras, qu’on nomme aujourd’hui Niester; après quoi l’on trouvait encore un autre désert avant d’arriver à Yassi sur les bords du Pruth (522).
SEC. ibid. Marcher par des déserts. Les déserts de ce coté du Dniester ne sont pas considérables, mais de l’autre ce sont des plaines immenses, où l’on ne traversent que rarement et fort peu d’eau. L’armée les traversa en trois marches faisant halte pendant le grand jour à fin de se garantir de l’ardeur du soleil qui est brûlant dans ces contrées, cependant on ne put éviter ni se parer du fléau des sauterelles: les exécrables insectes devorent l’herbe n’en laissant que la racine et infectoient après l’armée par la puanteur de leurs excremens. Elles ont causé à l’armée la perte de beaucoup de chevaux et de bétail. On ne perdit pas moins d’hommes par l’ardeur du soleil et la soif. Pierre qui arriva le premier avec ses gardes sur les bords du Pruth, envoya d’abord des tonneaux remplis d’eau aux troupes qui marchoient dans les déserts.
N. 337. – Bassaraba… lui proposa la paix (522).
SEC. ibid. proposa la paix. Voyés la note à la page 8ème.
Voir plus haut le N. 327.
N. 338. – Les provisions que Cantemir avait promises, et qu’il espérait en vain tirer de la Valachie, ne pouvaient arriver (522).
SEC. ibid. que Cantemir avoit promises et qu’il espéroit de tirer de la Valachie. La Moldavie étant un pays rempli de déserts peu peuplé, fournissant à peine à la subsistance de ses habitants.
N. 339. – Un fléau dangereux se joignit à tous ces contretemps; des nuées de sauterelles couvrirent les campagnes, les dévorèrent et les infectèrent: l’eau manquait souvent dans la marche, sous un soleil brûlant et dans des déserts arides; on fut obligé de faire porter à l’armée de l’eau dans des tonneaux (523).
Évidemment ces quelques lignes ne figuraient pas dans le manuscrit: elle constituent une répétition presque intégrale de ce que l’Académie avait cru bon de communiquer à Voltaire dans les observations à propos de ce manuscrit. Voir plus haut le N. 336.
N. 340. – Pierre se hâta de marcher sur la rive droite du Pruth, dès qu’il eut formé quelques magasins. Le point décisif était d’empêcher les Turcs, postés au-dessous sur la rive gauche de passer ce fleuve et de venir à lui. Cette manœuvre devait le rendre maître de la Moldavie et de la Valachie: il envoya le général Janus avec l’avant-garde pour s’opposer à ce passage des Turcs; mais ce général n’arriva que dans le temps même qu’ils passaient sur leurs pontons: il se retira, et son infanterie fut poursuivie jusqu’à ce que le czar vint lui-même le dégager
SEC. p. 11. Pierre se hâta. Comme il étoit impossible de trouver assés de provision dans ce pays ruiné, il fut arrêté dans un conseil de guerre que toute l’armée resteroit près de Yassi pendant qu’on y formeroit des magasins. Cependant on eût avis que les Turcs n’avoient pas encore tous passé le Danube. L’hospodar de Moldavie et les seigneurs de ce pays en profitèrent pour prier le Tsar de prévenir l’ennemi; ils représentèrent que les Turcs avoient formé de grands magasins au delà de la rivière de Syreth dont il seroit facile de s’emparer, puisqu’ils n’étoient pas gardés. Castriot envoyé de l’hospodar de Valachie et le Comte Thomas Cantacouzène qui dans la suite passa au service de Russie confirmèrent la même chose. Quoique il fut très dangereux de se prêter à leurs propositions, on se flattoit néanmoins de prévenir les Turcs au passage du Danube et de pouvoir alors plus facilement à la subsistance de l’armée. On ordonna en conséquence à toute l’armée de s’avancer le long de la rive droite du Pruth jusqu’à l’endroit nommé Falksin, où il auroit été très difficile aux Turcs de passer la rivière à cause de grands marais. Le général Rönne fut détaché en même temps avec la moitié de la cavalerie vers la rivière de Syreth pour y enlever tous les vivres. On continua ainsi la marche jusqu’au 18 juillet que l’on reçu la nouvelle inattendue du général Janus qui formoit l’avant-garde avec la cavalerie à la distance de deux mille de l’infanterie, que les Turcs avoyent déjà passé le Pruth. Ce… [?] cependant étoit faux car l’ennemi ne l’avoit pas encore passé; Janus auroit pu arrêter s’il avoit marqué plus de courage, mais d’abord qu’il aperçut quelques têtes blanches de ce côté-ci de la rivière, il prit le parti de se retirer vers l’infanterie. Les ennemis enhardis par sa retraite se hâtèrent de passer le Pruth avec leurs meilleurs troupes et le poursuivirent jusqu’à Pierre I arriva lui-même à son secours avec un corps d’infanterie et le dégagea. Janus avoit formé de sa division un quarré long entouré de chevaux de frise que les Turcs ne purent enfoncer malgré tous les efforts qu’ils firent.
N. 341. – L’armée du grand visir s’avança donc bientôt vers celle du czar le long du fleuve. Ces deux armées étaient bien différentes: celle des Turcs, renforcée des Tar-tares, était, dit-on, de près de deux cent cinquante mille hommes; celle des Russes n’était alors que d’environ trente-sept mille combattants (523).
SEC. p. 11. Celle de Turcs. Elle étoit au delà de 200 mille hommes et celle de Russes ne surpassait pas 38.000. Le Journal de Pierre I, Nordberg, Fabrice etc. attestent la même chose.
N. 342. – Un corps assez considérable, sous le général Renne, était au delà des montagnes de la Moldavie (523).
SEC. ibid. un corps très considérable. Ce corps étoit d’environ 7.000 hommes.
Ayant pris connaissance du chiffre exact, Voltaire trouva opportun d’affaiblir cette expression en remplaçant le mot «très» par le mot «assez».
N. 343. – Le czar commençait à manquer de vivres (523).
SEC. ibid. à manquer de vivres. On étoit déjà réduit à une telle nécessité que pour suppléer au défaut du pain les soldats faisoient rôtir des tranches de bœuf, et après les avoir coupé en petits morceaux et séché il s’en servirent comme du biscuit.
N. 344. – Il paraît… que le vizir Baltagi Mehemet, loin d’être un imbécile, comme les Suédois l’ont représenté, s’était conduit avec beaucoup d’intelligence. Passer le Pruth à la vue d’un ennemi, le contraindre à reculer, et le poursuivre; couper tout d’un coup la communication entre l’armée du czar et un corps de sa cavalerie, enfermer cette armée sans lui laisser de retraite, lui ôter l’eau et les vivres, la tenir sous des batteries de canon qui la menacent d’une rive opposée: tout cela n’était pas d’un homme sans activité et sans prévoyance (523).
SEC. p. 12. le chasser devant soi. Cette marche en arrière se fit en très bon ordre.
SEC. ibid. deux armées. L’autre n’étoit qu’un corps de cavalerie comme on l’a remarqué plus haut.
«Plus haut» – voir N. N. 340, 342.
Le manuscrit fut probablement soumis à des amendements à la suite des indications reçues de Pétersbourg, sans être du reste considérablement modifié.
N. 345. – Il décampa dans la nuit [note: 20 juillet 1711]; mais à peine est-il en marche que les Turcs tombent sur son arrière-garde au point du jour. Le régiment des gardes Préobrazinski arrêta longtemps leur impétuosité. On se forma, on fit des retranchements avec les chariots et le bagage. Le même jour [note: 21 juillet 1711] toute l’armée turque attaqua encore les Russes (524).
SEC. ibid. il décampa dans la nuit. On décampa le 19 au soir. Les gros bagages prirent les devants et les troupes les suivirent. On rejoignit dans la même nuit les divisions des généraux Weide et Repnin. Mr. de Voltaire est prié de vouloir bien donner aux plus grands détails des événements de ces deux jours remarquables du 20 et 21 juillet. On en joint ici la relation tirée du Journal de Pierre I qu’on eu soin de revoir et de corriger une seconde fois sur l’original russe.