Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 76)
BÜSCH. de Pernau et de Revel. Esthland ist keine Provinz von Liefland, sondern eine besondere Provinz, welche Liefland gegen Norden liegt. Die Stadt Pernau gehört zu Liefland, und nicht zu Esthland.
N. 300. – Dans la seule ville de Stockholm (édition 1759. Dans l’édition Garnier, p. 515: Stockholm).
FAUTES, p. 293. l. 21. Stokolhm [sic]. Lisés: «Stockholm».
N. 301. – La Porte avait pris ombrage de ses vaisseaux sur le Palus-Méotides et sur la mer Noir, de la ville d’Azof fortifiée, du port du Taganrock, déjà célèbre (517).
SEC. pag. 1. De son port d’Azoff. Azoff c’est la forteresse, et le port de vaisseaux étoit à Taganrock.
Il est évident que Voltaire ait corrigé son manuscrit d’après les instructions reçues.
N. 302. – Il n’est ni vraisemblable ni vrai que la Porte-Ottomane ait fait la guerre au czar vers les Palus-Méotides parce qu’un vaisseau suédois avait pris sur la mer Baltique une barque dans laquelle on avait trouvé une lettre d’un ministre qu’on n’a jamais nommé. Nordberg a écrit que cette lettre contenait un plan de la conquête de l’empire turc; que la lettre fut portée à Charles XII, en Turquie; que Charles l’envoya au divan, et que, sur cette lettre, la guerre fut déclarée. Cette fable porte assez avec elle son caractère de fable. Le kan des Tartares, plus inquiet encore que le divan de Constantinople du voisinage d’Azof, fut celui qui, par ses instances, obtint qu’on entrerait en campagne (517),
SEC. ibid. lettre d’un ministre. C’est un fort ample mémoire dont Nordberg prétend qu’il a été présenté à Moscou par un ministre étranger. Dans une re-marque ajoutée à cet endroit de son livre on lit que ce n’étoit pas sans raison que le roi brusquoit les Turcs puisqu’il leur avoit fait voir par des lettres et projets interceptés, tout ce qu’ils devoient craindre pour l’avenir de la part du Tsar, ce qui ayant donné de l’épouvante aux Turcs les avoit déterminé à commencer cette guerre. Si Mr. de Voltaire croit devoir relever l’absurdité de ce conte, il ne seroit pas hors de propos d’en nommer l’auteur.
Il est à croire que le manuscrit de Voltaire ait été quelque peu modifié d’après les indications reçues.
N. 303. – Ce que rapporte Nordberg sur les prétensions du Grand Seigneur n’est ni moins faux ni moins puéril: il dit que le sultan Achmet envoya au czar les conditions auxquelles il accorderait la paix avant d’avoir commencé la guerre. Ces conditions étaient, selon le confesseur de Charles XII, de renoncer à son alliance avec le roi Auguste, de rétablir Stanislas, de rendre la Livonie à Charles… de démolir Pétersbourg. Cette pièce fut forgée par un nommé Brazey, auteur famélique d’une feuille intitulée Mémoires satiriques, historiques et amusants. Nordberg puisa dans cette source. Il parait que ce confesseur n’était pas le confident de Charles XII (517).
SEC. ibid. Prétensions du Grand Seigneur. Nordberg en parle sur le rapport de Brasey auteur des Mémoires satiriques, politiques et amusants qui dit que le Baron Lövenwolde, plénipotentiaire de Pierre I en Livonie, les lui avoit confiés dans ses quarts d’heures de plaisir qu’ils avoient passé ensemble. Tout cela est faux, comme plusieurs autres choses que Brasey débite sur la Russie.
Il y a lieu de croire que ces observations ne soient pas restées pour Voltaire lettre morte.
N. 304. – Ils [le kan des Tartares et Charles XII] étaient unis par les mêmes intérêts, puisque Azof est frontière de la petite Tartarie (518).
SEC. p. 2. Puisque Asoff est dans la petite Tartarie. Les bornes de la petite Tartarie n’ont jamais été bien déterminées; ordinairement on entend sous ce nom la Crimée. Ne seroit-il pas mieux de dire: puisque les Russes étoient maîtres d’Asoff et du Palus Méotide?
Voltaire n’accepte pas ce conseil, mais il corrige l’erreur, en appelant Asoff ville frontière.
N. 305. – D’abord il [le czar] fait avancer vers la Moldavie dix régiments qui étaient en Pologne (519).
SEC. p. 4. Vers la Valachie. Il faut dire vers la Moldavie. Les noms de ces deux provinces sont souvent confondus par les écrivains. Les Polonais et les Russes par une erreur commune appellent Moldavie ce que les autres nations de l’Europe appellent Valachie. La province dont Yassi est la ville principale est proprement la Moldavie, et l’autre est la Valachie. Ces deux noms sont aussi confondus dans le Journal de Pierre Ier.
SEC. p. 4, qui étaient en Pologne. Il faut ajouter: aux ordres du lieutenant-général Galitzin.
Voltaire substitue le nom de Moldavie à celui de Valachie et même dans une des éditions suivantes il ajoute la note: «il est bien étrange que tant d’auteurs confondent la Valachie et la Moldavie» (Œuvres, XVI, 519). Dans la première édition du 2evol. (1764) cette note n’existe pas encore.
N. 306. – L’amiral Apraxin va dans Azof commander sur terre et sur mer (519).
SEC. p. 4. L’Amiral Apraxin. Le major-général Buturlin eut en même temps ordre de se rendre avec huit régiments à Kamennoï Saton sur le Boristène, où le hetman Skoropatski devoit le joindre.
N. 307. – Il [le czar] ordonne dans Moscou qu’on reconnaisse une nouvelle czarine: c’était cette même personne faite prisonnière de guerre dans Marienbourg en 1702 (519).
SEC. p. 5, qu’on reconnaisse une nouvelle Tsarine. Pierre Ier fit publier le 6/17 de Mars que la Tsarine Catherine Alexievna étoit sa véritable et légitime épouse. Ce sont les propres termes de la déclaration auxquels il ne faut rien changer.
SEC. ibid. dans Mariendal en 1700, à Marienbourg en 1702.
Cette fois Voltaire se contente de corriger l’erreur essentielle.
N. 308. – Pierre avait répudié, l’an 1696, Eudoxia Lapoukin [note de Voltaire: «ou Lapouchin»], son épouse, dont il avait deux enfants (519).
SEC. ibid. Pierre n’avoit plus de femme. Il vaut mieux dire: Pierre avoit répudié en 1696 sa première femme Eudoxie fille de Théodore Lapukin dont il eût deux fils. L’un étoit le malheureux Tsarévitch Alexis né le 19 Février v. st. 1690, et le second Alexandre qui naquît le 3 Octobre 1691 et mourut la même année.
Voltaire modifia son texte, mais jusqu’à quel point?
N. 309. – La jeune prisonnière de Marienbourg (519).
SEC. p. 5, prisonnière de Mariendal. De Marienbourg.
Voltaire corrigea l’erreur sur laquelle on avait attiré son attention.
N. 310. – à qui [à la jeune prisonnière de Marienbourg] 0n avait donné le nom de Catherine (519).
SEC. ibid. à qui on donna le nom de Catherine, qui portoit le nom de Catherine. Elle n’en a jamais eût d’autre autant qu’on sait.
N. 311. – étoit tombé en partage au prince Menzicoff.
SEC. ibid. Il n’y eût aucun partage. Lorsque la petite ville de Marienbourg fut prise par le général Bauer allemand de nation qui commandoit sous le maréchal Scheremetoff, pris d’abord sous sa protection le pasteur luthérien Glück avec toute la famille parmi laquelle se trouvoit aussi Catherine qui étoit chez lui en pension. Pierre la vit chez Bauer, elle lui plut, et il la confia aux soins de son favori Menschicoff. Il est faux qu’elle ait gouverné sa maison. Elle n’avoit pas encore ni l’âge ni l’expérience pour se charger d’une telle fonction. Menschicoff la traita d’abord qu’elle entra dans sa maison avec tous les égards dûs aux dispositions favorables que son maître mar-quoit pour elle. Elle n’y resta pas longtemps et occupa bientôt un appartement à la Cour. L’Impératrice Catherine est née en 1688, par conséquent elle n’avoit que 14 ans lorsque les Russes se rendirent maîtres de Marienbourg.
Les paroles qui avaient provoqué ces observations et qui étaient si peu flatteuses pour la mémoire de Catherine, ainsi que pour la tsarine Elisabeth, alors sur le trône («étoit tombé en partage au prince Menzicoff») disparurent complètement dans le texte imprimé.
N. 312. – Elle se rendit si agréable par son caractère que le czar voulut l’avoir auprès de lui; elle l’accompagna dans ses courses et dans ses travaux pénibles, partageant ses fatigues, adoucissant ses peines par la gaieté de son esprit et par sa complaisance (519).
SEC. ibid. Adoucissant ses peines par la gayeté de son esprit et par sa complaisance. Il sera plus approchant du véritable caractère de Catherine si on dira: «adoucissant ses peines par un tendre empressement d’aller au devant de tout ce qui pouvoit lui plaire».
N. 313. – Elle [Catherine] calma souvent la colère du czar, et le rendit plus grand encore en le rendant plus clément (520).
SEC. ibid. En le rendant plus humain. Mr. de Voltaire est prié de vouloir bien changer cette expression qui présente l’opposé d’un homme dur et cruel ce que Pierre n’étoit pas. Un prince est souvent forcé d’user de sévérité sans y avoir le moindre penchant. Pierre étoit dans le même cas.
Voltaire fit ce qu’on lui demandait et remplaça le mot «humain» par le mot «clément».
N. 314. – Enfin elle lui devint si nécessaire qu’il l’épousa secrètement en 1707. Il en avait déjà deux filles, et il en eut l’année suivante une princesse qui épousa depuis le duc de Holstein. Le mariage secret de Pierre et de Catherine fut déclaré le jour même [note de Voltaire: «17 mars 1711»] que le czar [note de Voltaire: «Journal de Pierre le Grand»] partit avec elle pour aller éprouver sa fortune contre l’empire ottoman (520).