Евгений Шмурло – Вольтер и его книга о Петре Великом (страница 74)
N. 260. – Les débris de quelques bastions de Niantz furent les premières pierres de cette fondation [de Pétersbourg] (483).
REM. II. p. 216. Les remparts de Nyenschantz n’étoient que de terre. Il n’y avoit aucun bastion de pierre dont les débris auroient pu servir à l’usage qu’on suppose (REM. I.: idem. MÜLLER: même texte que dans les REM. II.).
N. 261. – Les Suédois ne craignaient pas cet établissement dans un marais où les grands vaisseaux ne pouvaient aborder (483).
REM. II. p. 216. l. 18. dans un marais. Les bords de la Neva étoient un peu marécageux, mais la rivière elle-même est une des plus belles qui soit en Europe par la pureté de ses eaux et par sa profondeur. Ce n’est qu’à son embouchure qu’il y a quelques bancs de sable qui empêchent le gros vaisseaux de remonter la rivière (MÜLLER: idem. Manque dans les REM. I.).
N. 262. – La petite île de Cronslot, qui est devant la ville… (483).
REM. II. p. 217. isle de Cronslot. L’isle où est le port des vaisseaux s’appelle Cronstadt. Les Russes la nommoient Kotlin, et les Suédois Retusari. Elle est éloigné à plus de 4 lieues d’Allemagne de l’embouchure de la Neva. Cronslot n’est qu’un petit fort bâti sur un banc de sable vis-à-vis du port de Cronstadt pour défendre le passage (REM. I.: idem. MÜLLER: même texte).
N. 263. – Des ouvriers de toute espèce venaient de Moscou, d’Astracan, de Ca-san, de l’Ukraine, travailler à la ville nouvelle (483).
FAUTES, p. 217. l. 8. Le gouvernement d’Astracan est trop éloigné et, comme il n’y a pas des paysans, comme dans les autres provinces, il n’a pû fournir des travailleurs pour la nouvelle ville.
N. 264. – Ce n’était qu’un assemblage de cabanes avec deux maisons de briques, entourées de remparts (483).
REM. II. p. 217. l. 18. deux maisons de briques. Il n’y en avoit aucune. Pierre I avoit fait bâtir pour lui-même une petite maison de bois sur le bord de la Grande Neva, hors de l’enceinte de la forteresse que l’on voit encore aujourd’hui (REM. I. et MÜLLER: idem).
Réplique de Voltaire à propos de cette observation dans l’introduction au 2me vol. de l’«Histoire»: «Que Pierre est logé d’abord dans une maison de bois, ou dans une maison de briques, cela est je crois fort indifférent».
N. 265. – Un colonel suédois, nommé Croniort, s’était posté sur la rivière Sestra, et menaçait la ville naissante (483).
REM. II. p. 218. l. 6. Kroniort. Il étoit major général (REM. I. et MÜLLER: idem).
REM. ib. Sestra. Ou, comme on le nomme communément, Systerbeck (REM. I. et MÜLLER: idem).
N. 266. – Tandis qu’il fait les préparatifs de ce siège [de Narva, en 1704] une petite flotte de brigantins suédois parait sur le lac Peipus pour s’opposer à ses desseins. Les demi-galères russes vont à sa rencontre, l’attaquent, et la prennent tout entière (484).
REM. I. p. 220. l. 18. demi-galères. Il n’y en avoit point sur le lac de Ladoga. C’étoient de petites barques.
REM. II. p. 220, l. 18. demi-galères. Il n’y en avoit point sur le lac Ladoga (MÜLLER: idem).
Au lieu de «Ladoga», il semblerait plus naturel de lire «Peipus». Il faut admettre ou que le critique ait fait erreur en mettant un nom à la place de l’autre ou que Voltaire, dans sa première édition ait écrit «Ladoga». Mais déjà dans l’édition de Leipzig, 1761 nous trouvons Peipus.
N. 267. – La ville de Derpt en Estonie (485).
REMI II. p. 221. l. 1. La ville de Dörpt n’est pas dans la province d’Estonie, elle est dans celle de Livonie (REM. I. et MÜLLER: même texte).
N. 268. – Le général suédois Slipenbach était auprès de Derpt avec environ deux mille cinq cents hommes. Les assiégés [de Derpt] attendaient le moment où il allait jeter du secours dans la place. Pierre imagina une ruse de guerre dont on ne se sert pas assez. Il fait donner à deux régiments d’infanterie, et à un de cavalerie, des uniformes, des étendards, des drapeaux suédois. Ces prétendus Suédois attaquent les tranchées. Les Russes feignent de fuir; la garnison, trompée par l’apparence, fait une sortie [note de Voltaire: «27 juin»]: alors les faux attaquants et les attaqués se réunissent, ils fondent sur la garnison, dont la moitié est tuée, et l’autre moitié rentre dans la ville. Slipenbach arrive bientôt en effet pour secourir, et il est entièrement battu. Enfin Derpt est contrainte de capituler [note de Voltaire: «23 juillet»] au moment que Pierre allait donner un assaut général (485).
REM. II. p. 221. l. 9. jusqu’à l. 3. de la page suivante. Ce récit ne s’accorde ni avec le journal de Pierre le Grand, ni avec aucune autre relation. Schlippenbach n’étoit pas près de Derpt, mais du côté de Revel, d’où les assiégés attendoient un secours. La ruse de guerre, dont il est fait mention ici, a été employée devant Narva, et non pas devant Dörpt. (REM. I.: même texte, mais sans la phrase: «Ce récit – relation». MÜLLER: comme dans les REM. II.).
N. 268. – Le champ d’élection, nommé Kolo, près de Varsovie (485).
BÜSCH. nommé Kolo. Der Ort heisst nicht Kolo, sondern Wola.
N. 269. – Maître de toute l’Ingrie, Pierre en conféra le gouvernement à Menzikoff [1759: Menzikof], et lui donna le titre de prince et le rang de général-major. L’orgueil et le préjugé pouvaient ailleurs trouver mauvais qu’un garçon pâtissier devint général, gouverneur et prince… (486–487).
FAUTES, p. 225. C’est en 1706 que Pierre I donna à Menschikoff le titre de prince d’Ingrie. Il avoit été fait peu avant par l’empereur prince de l’empire Romain.
FAUTES, p. 225, l. 6. garçon pâtissier. Cette opinion reçue presque par tous les auteurs qui ont parlé de l’origine de Menschicoff est fausse. Il étoit fils d’un valet de l’écurie de la Cour, et un des premiers qui se firent inscrire dans la compagnie que Pierre I. forma pour son amusement. Il étoit dans sa jeunesse d’un caractère fort enjoué, et entre autres jeux, dont il divertissoit le jeune tsar, il savoit parfaitement imiter les cris avec lesquels les garçons pâtissiers appelloient les passants dans les rues de Moscou, pour acheter leurs petits pâtés, ce qui dans la suite du temps a donné aux étrangers l’occasion d’en faire un garçon pâtissier.
N. 270. – Menzikoff [1759: Menzikof]… avait appris plusieurs langues (487).
REM. II. p. 229. l. 5. Menschikof ne savoit aucune langue étrangère excepté un peu d’allemand, qu’il avoit appris dans ses voyages avec Pierre I. (REM. I. et MÜLLER: même texte).
N. 271. – Il [Menzikoff] hâtait les travaux de Pétersbourg; on y bâtissait déjà plusieurs maisons de briques et de pierres, un arsenal, des magasins (487).
REM. II. p. 226, l. 10. C’est n’est qu’en 1709 qu’on a commencé à bâtir des maisons de briques. Il n’y a point d’arsenal bâti en pierre. (REM. I.: même texte, mais sans la dernière phrase: «Il n’y a – en pierre». MÜLLER: même texte que dans les REM. II.).
N. 272. – Les troupes de transport firent leur descente dans la petite île de Kotin (487).
FAUTES, p. 227. l. 22. Kotin. Lisés: «Kotlin».
JOUR. Vous ne connoissez pas l’isle de Kotin, pag. 227, et vous ne penseriez pas que M. de Voltaire a voulu désigner sous cette dénomination Kotlinnoi Ostrov où a été bâtie la ville de Cronstadt?
N. 273. – Il se donna une bataille rangée dans un lieu appelé Gémavershof [1759: Gémauers-hof], ou Gémavers (488).
FAUTES, p. 229, 1. 5. Gémauers hof ou Gémauers. Il faut dire: «Gemauert hof»; item. l. 11. et à la page suivante.
N. 274. – Le général Maderfeld. (Édition 1759).
FAUTES, p. 238. Marderfeld. Lisés: «Mardefeld».
Dans l’édition Garnier à la p. 492: Meyerfelt, avec la note de Beuchot: «Voltaire nommait ici Maderfeld…».
N. 275. – Pierre alors, voyant que le roi Auguste avait renoncé à sa protection et au trône, et qu’une partie de la Pologne reconnaissait Stanislas, écouta les propositions que lui fit Yolkova d’élire un troisième roi (494).
REM. II. p. 243. Yolkova. C’est une petite ville en Pologne. On n’y connoît point de famille de ce nom. (REM. I. et MÜLLER: idem).
JOUR. Savez-vous encore ce que c’est que Yolkova? et soubçonneriez-vous que c’est Zolkiew, ville polonoise? Savez-vous que l’historien du czar a pris sérieusement cette ville pour un homme, et qu’il en parle, pag. 243, comme d’un particulier qui propose l’élection d’un roi? – Réplique de Voltaire: «Quant on ne connoît point le génie d’une langue, il n’en faut pas critiquer les autres. M. de Voltaire a dit: «Pierre voyant qu’une partie de la Pologne reconnoissoit Stanislas, écouta les propositions que lui fit Yolkova d’élire un troisième roi»., – est ce parler d’un homme? Si l’on disoit: «toute la France s’est empressée d’offrir des vaisseaux à son roi, le Languedoc a donné l’exemple, et Paris l’a suivi», seroit-ce parler de deux hommes?».
N. 276. Charles arrive à quelques lieues de Grodno en Lithuanie [note de Voltaire: «6 février 1708»]; on lui dit que le czar est en personne dans cette ville avec quelques troupes; il prend avec lui, sans délibérer, huit cents gardes seulement, et court à Grodno. Un officier allemand, nommé Mulfelds, qui commandait un corps de troupes à une porte de la ville, ne douta pas, en voyant Charles XII, qu’il ne soit suivi de son armée; il lui livre le passage au lieu de le disputer; l’alarme se répand dans la ville; chacun croit que l’armée suédoise est entrée; le peu de Russes qui veulent résister sont taillés en pièces par la garde suédoise; tous les officiers confirment au czar qu’une armée victorieuse se rend maîtresse de tous les postes de la ville. Pierre se retire au delà des remparts, et Charles met une garde de trente hommes à la porte même par où le czar vient de sortir. Dans cette confusion, quelques jésuites, dont on avait pris la maison pour loger le roi de Suède parce que c’était la plus belle de Grodno, se rendent la nuit auprès du czar, et lui apprennent cette fois la vérité. Aussitôt Pierre rentre dans la ville, force la garde suédoise: on combat dans les rues, dans les places; mais déjà l’armée du roi arrivait. Le czar fut enfin obligé de céder, et de laisser la ville au pouvoir du vainqueur, qui faisait trembler la Pologne (495–496).