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Блейк Пирс – Le Déguisement Idéal (страница 9)

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– Avions, corrigea Jessie.

– Avions, concéda-t-il. Donc, si je n’ai pas Hernandez, il me faut au moins votre aide. C’est une affaire trop en vue pour que je la confie à des éléments de second rang.

Jessie n’apprécia pas ce que cela impliquait.

– Donc, si la victime avait été une employée d’épicerie inconnue de Hollywood, vous auriez accepté d’employer des … Quel terme avez-vous employé, déjà ? Des « éléments de second rang » ?

– Ne me compliquez pas la tâche, Hunt. Si cela avait été une employée d’épicerie, on ne nous aurait jamais appelés. Vous savez ce que fait la SSH. C’est notre spécialité. Alors, acceptez-vous de m’aider ?

Decker avait commencé sa phrase d’un ton grincheux mais, à la fin de sa phrase, son ton avait frôlé la supplication. Pour autant que Jessie se souvienne, c’était la première fois qu’il prenait ce ton-là. Elle ne put s’empêcher de ressentir une certaine compassion pour lui. En ce moment, malgré tout ce qui l’incitait à refuser, elle savait qu’elle allait dire oui.

– Si j’accepte, commença-t-elle, ce ne sera que pour cette fois-ci, comme consultante, comme Garland le faisait avant moi. Je ne suis pas employée de la Police de Los Angeles et on ne s’attendra pas à ce que je continue après cette affaire. D’accord ?

– D’accord, dit immédiatement Decker.

– J’ai des entretiens d’embauche à plusieurs universités la semaine prochaine. Je ne les manquerai pas, que cette affaire soit résolue ou pas. Je ne bousculerai pas ma vie pour elle, capitaine. C’est pour cette raison que je suis partie. Est-ce que c’est clair ?

– Limpide, dit-il en formant un début de sourire.

– Quant à Trembley ici présent, il devra faire des efforts, ajouta-t-elle. Pas question qu’il fasse le bête.

L’inspecteur eut l’air déçu, mais il ne dit rien.

– Je ne peux pas vous promettre ça, admit Decker avec ironie.

– Moi, si, lança Trembley, qui s’était vite remis de ses émotions.

Jessie le regarda. Il débordait d’enthousiasme et bondissait presque sur place. En ce moment-là, il était l’incarnation même de la bêtise.

– Allons-y, soupira-t-elle. C’est toi qui conduis.

CHAPITRE SIX

Alors qu’ils n’avaient été que cinq minutes dans la voiture, Jessie commença à regretter sa décision.

Trembley parlait sans arrêt et passait du coq à l’âne sans cohérence visible.

– Trembley ! finit-elle par dire pour l’interrompre. Calme-toi.

– Désolé, dit-il.

Elle jeta un coup d’œil à son téléphone qui vibrait. Jessie avait envoyé un SMS à Hannah pour lui dire qu’elle aidait la police sur une affaire. Elle vit alors que Hannah avait répondu en envoyant une unique émoticône à visage de fou. Quand Jessie expliquerait sa décision ce soir, ça serait dur. Kat n’avait pas encore répondu.

– Récapitulons ce que nous savons sur Corinne Weatherly et ce film, dit-elle. Je suppose que tu as des informations ?

– Ouais, dit-il avec un enthousiasme débridé avant de se calmer un peu. Je veux dire, oui. Est-ce que tu la connais ?

– Je ne suis pas très fan. Je sais qu’elle a tourné dans un film romantique il y a longtemps puis qu’elle a continué avec des films d’horreur. De plus, elle a participé à une émission nulle sur la police il y a longtemps. C’est tout ce que je sais.

– Tu sais le principal, confirma Trembley, qui semblait maintenant contrôler son exubérance. Elle a eu plusieurs petits rôles avant de devenir célèbre dans la comédie romantique Pétales et Irritabilité. Après, elle a obtenu le rôle principal dans le film d’horreur Maraudeur. Par contre, après ça, elle n’a pas vraiment percé. Elle a fait la suite du Maraudeur, qui était nulle. Les quelques années qui ont suivi, elle a participé à beaucoup d’autres trucs. Certains ont bien commencé mais ont fini par être nuls. Elle était dans la série Les Profileurs de Tacoma. Je croyais que tu l’aurais regardée.

– Je crois qu’elle a été diffusée pendant que j’étudiais pour ma maîtrise en psychologie judiciaire. À cette époque-là, je n’avais pas le temps de regarder grand-chose.

– Tu n’as pas manqué grand-chose, concéda Trembley. Elle se déroulait à Tacoma, mais ils l’ont filmée à Vancouver. Elle n’a duré que trois ans. Après ça, Corinne Weatherly a fait beaucoup de nullités. Je ne t’embêterai pas en rentrant dans les détails. Ce nouveau film était censé être son grand retour. C’était un autre Maraudeur, mais il devait renouveler le genre. Ils avaient embauché un réalisateur étranger à la mode. En fait, j’aurais voulu le voir, ce film. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire, maintenant.

– Est-ce que les inspecteurs du Poste de Hollywood acceptent qu’on les remplace ? demanda-t-elle.

– J’ai parlé à une inspectrice de cette équipe avant que tu n’arrives au poste. Elle s’appelle Bray. Elle avait l’air un peu vexée, mais j’ai compris qu’elle était aussi un peu soulagée. Je crois qu’ils n’ont pas envie de subir le tohu-bohu que cette affaire va générer. Je veux dire, c’est quand même du lourd.

Jessie l’observa du coin de l’œil.

– Tu es sûr que tu vas pouvoir supporter ça, Trembley ? Je ne veux pas que tu t’affoles parce qu’on va croiser un groupe de célébrités. Il faut que tu gardes une distance professionnelle. Est-ce que tu peux le faire ?

Il eut l’air légèrement offensé.

– Bien sûr, dit-il.

Jessie n’en était pas entièrement convaincue.

Quand ils arrivèrent aux Studios Sovereign, Jessie remarqua qu’un petit mémorial avait été érigé près de la porte de l’entrée principale. Il n’y avait que quatre personnes avec quelques bougies et quelques affiches. Jessie ne savait pas si cela signifiait que Weatherly n’avait pas été si populaire que ça ou si la nouvelle ne s’était pas encore répandue.

Un vigile du studio corpulent à l’expression affable du nom de Paul les attendait. Il les dirigea vers le parking des invités, les suivit en voiturette de golf jusqu’à l’endroit où ils se garèrent et leur proposa de monter avec lui.

– Nous devons traverser la moitié du parking, dit-il pour s’expliquer. Ce serait loin, à pied.

Ils montèrent et il partit sur le sentier pavé. Jessie, qui avait étudié à l’Université de Californie du Sud et passé la plus grande partie de sa jeunesse en ville, n’avait jamais été impressionnée par sa proximité avec l’univers du cinéma, mais elle devait admettre que c’était très cool de pouvoir visiter un bâtiment où l’on tournait des films depuis presque cent ans. En route, ils passèrent devant un immense parking extérieur fermé situé en contrebas avec un énorme écran couleur ciel au fond.

– Qu’est-ce que c’est ? demanda Jessie en désignant l’endroit.

Paul le vigile suivit son doigt et sourit.

– Quand une production a besoin de tourner dans l’eau en environnement sécurisé, elle peut utiliser ça. Ils remplissent le parking avec de l’eau et il devient un énorme réservoir d’eau. Alors, ils peuvent projeter l’arrière-plan qu’ils veulent sur l’écran et, comme ça, vous êtes au milieu de l’océan, si vous le désirez.

Trembley se tourna vers Jessie avec une expression qui disait « C’est incroyable ». Elle lui adressa un regard noir et austère pour lui rappeler qu’il fallait qu’il se maîtrise. Cependant, Trembley devint presque fou quand la voiturette dépassa le réservoir et qu’il vit ce qu’il y avait derrière. Ils traversaient une restitution de plusieurs sections de New York City.

Une vitrine de bodega se dressait à côté d’une pizzeria. Ils passèrent devant un panneau de station de métro et Trembley se leva dans la voiturette pour voir jusqu’où les marches descendaient vraiment. Derrière les façades, Jessie remarqua qu’il n’y avait que des échafaudages et du vide. Ils passèrent un coin et l’apparence de la nouvelle rue changea du tout au tout.

– Quelle partie de la ville est-ce censé être ? demanda Trembley, incapable de se retenir.

– Là, c’est le Lower East Side, lui dit Paul le vigile quand ils passèrent devant une rangée de maisons de ville mitoyennes en grès rouge, mais nous avons aussi d’autres pâtés de maisons comme Greenwich Village, le Financial District et même Brooklyn. Nous avons aussi une rue de Chicago. La scène de crime est près de SoHo.

Cette dernière phrase fit disparaître une partie de son enthousiasme du visage de Trembley. Il se tut. Quelques secondes plus tard, ils s’arrêtèrent au fond du faux quartier, à côté d’une énorme salle de tournage avec « 32 » peint dessus.

– On y est, dit Paul comme si ce n’avait pas été évident, vu la foule qui s’affairait derrière le ruban jaune que la police avait installé près du studio.

– Paul, puis-je vous demander quelque chose ? essaya Jessie.

– Vous pouvez me demander ce que vous voulez, mais je ne vous promets pas d’avoir les réponses.

– J’en doute un peu, répliqua-t-elle. Vous semblez être la sorte de personne qui sait ce qui se passe par ici. Depuis combien de temps travaillez-vous dans ces studios ?

– Huit ans, dit-il. Avant, j’ai travaillé sept ans chez Sony. Je crois que je vais rester ici.

– Donc, vous savez comment ces endroits fonctionnent, dit-elle. À quoi ressemble le gardiennage de nuit, ici ? Est-il strict ou plus détendu ?

– Ça dépend. Il y a toujours du personnel. En général, nous fermons les portes latérales autour de minuit, mais il y a toujours quelqu’un à la porte principale. De plus, il y a des vigiles qui surveillent le parking toute la nuit. Cependant, s’il y a des tournages en cours la nuit, il nous faut bien évidemment plus de personnel.