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Блейк Пирс – Le Déguisement Idéal (страница 11)

18

– C’est extrêmement louche, convint Bray.

– Comment se fait-il que nous n’ayons pas de vidéo où l’on verrait le tueur la traîner hors de son mobile home ? demanda Trembley.

– Permettez que je vous montre, dit l’inspectrice Bray en les emmenant au mobile home de Weatherly. Il y a quelques choses qu’il faut que vous voyiez là-bas, de toute façon.

Quand ils passèrent devant plusieurs des membres de l’équipe de tournage qui s’affairaient aux alentours, Jessie entendit un homme très peu discret en jeans et en tee-shirt grommeler que, au moins, maintenant, ils n’auraient pas tous besoin d’aller à une thérapie de groupe. Elle fut tentée de s’arrêter et de lui demander ce qu’il entendait par là mais, avant qu’elle ne puisse le faire, Bray parla.

– On y est, dit-elle.

Ignorant la foule de badauds, elle se baissa pour passer sous le ruban jaune de la police et entra dans le mobile home. Jessie et Trembley la suivirent. Ils se retrouvèrent immédiatement dans un autre monde. Quand Jessie pensait à un mobile home, elle imaginait un bâtiment frêle et temporaire avec des parois intérieures en liège et des néons. Cet endroit-là ressemblait à un studio onéreux.

Il contenait tous les équipements auxquels elle n’avait pas eu accès dans son vieil appartement et qu’il n’y avait pas non plus chez Kat. Le salon avait une jolie causeuse le long d’un mur. En face de la causeuse, il y avait une très grande télévision. Derrière, au fond du mobile home, il y avait un lit queen size. Le long de l’autre mur, il y avait la cuisine, qui contenait un réfrigérateur / congélateur immense, un four à micro-ondes, un four et une cuisinière.

Juste de l’autre côté, on trouvait une salle de bains étonnamment grande avec une douche qui contenait un petit banc intégré. Quand Jessie se tourna dans l’autre sens, elle vit un espace maquillage avec son grand miroir et ses lampes intégrées. Sur le miroir, un mot était écrit avec ce qui semblait être du rouge à lèvres : « Boatwright ».

– Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle.

– C’est une des choses qu’il fallait que vous voyiez, répondit l’inspectrice Bray.

– Est-ce que c’est ce que je crois ? demanda Trembley en approchant du miroir.

– Ça dépend de ce que vous croyez, répondit Bray.

– Je crois que c’est un nom.

– Le nom de qui ? demanda Jessie.

– Si je devais deviner, je dirais « Miller Boatwright ».

Il s’arrêta comme s’il avait résolu l’affaire et attendait qu’on le félicite.

– Je ne sais pas qui c’est, dit simplement Jessie.

Trembley regarda l’inspectrice Bray, qui semblait tout aussi étonnée par sa remarque.

– Ouah, dit Trembley, stupéfait. Quand tu as dit que tu avais raté quelques années de culture populaire, c’était du sérieux.

– J’ai été un peu occupée, Trembley. Tu vas expliquer ou tu comptes faire des manières toute la matinée ?

– Désolé. Miller Boatwright est un producteur de Hollywood, un des meilleurs de l’industrie cinématographique. Vous connaissez sûrement Jerry Bruckheimer ou Brian Grazer, n’est-ce pas ? Il a produit quelques-uns des films les plus célèbres des vingt dernières années.

– OK, dit Jessie. Dans ce cas, qu’est-ce que ça signifie ? Est-il producteur pour ce film ?

– Je ne sais pas, mais il a été producteur de Pétales et Irritabilité, le rôle qui a permis à Corinne Weatherly de devenir célèbre. Le casting de ce film est devenu légendaire. Weatherly a battu plus de deux cents actrices, dont quelques célébrités, et a obtenu le rôle principal féminin. Boatwright l’a défendue contre des actrices plus célèbres. Le film a finalement été un succès énorme. Weatherly a été nominée pour le Golden Globe. C’est grâce à ce film qu’elle a obtenu le rôle principal dans le Maraudeur original qui, selon moi, fait partie des cinq meilleurs films d’horreur de toute l’histoire du cinéma.

– C’est assez intéressant, convint Bray.

– Où veux-tu en venir, Trembley ? demanda Jessie, dont l’exaspération montait.

– Ce que je veux dire, c’est que, de plus d’une manière, Corinne Weatherly doit sa carrière à Miller Boatwright. Donc, le fait que son nom soit écrit sur le miroir de maquillage du mobile home où elle a été tuée ne me semble pas être une coïncidence. Je ne sais pas si Weatherly l’a écrit ou si c’est le tueur qui l’a fait ou s’il faut considérer Boatwright comme un suspect, mais je crois que nous devrions probablement discuter avec ce monsieur. D’ailleurs, son bureau se trouve dans ces studios-là.

– Comment sais-tu ça ? demanda Jessie.

– Je croyais que nous avions compris que j’étais un passionné de cinéma, lui dit-il comme si c’était évident.

– Je pourrais imaginer un autre mot pour ce que tu es, répliqua-t-elle.

– Quoi qu’il en soit, je pense quand même que nous devrions lui parler.

– Bien, convint Jessie avant de se retourner vers Bray. Vous avez dit que vous pouviez nous montrer pourquoi il n’y pas de vidéo du moment où l’on sort Weatherly d’ici.

– Exact, dit Bray en hochant la tête. Voici pourquoi.

Elle alla au fond du mobile home et s’agenouilla au pied du grand lit. Ce ne fut qu’à ce moment que Jessie remarqua une marque rectangulaire sur le sol.

– C’est la porte coupe-feu, dit Bray. Tous les mobile homes sont équipés d’une porte de ce type au cas où la porte principale serait inaccessible. Elle ne peut s’ouvrir que de l’intérieur. Ne vous inquiétez pas. Nous avons déjà cherché s’il y avait des empreintes digitales et de l’ADN.

Elle appuya sur un bouton presque invisible situé sous le lit et la porte se déverrouilla. Bray retira le verrou et leur fit signe eux de baisser les yeux. Jessie s’approcha et comprit immédiatement ce qui s’était passé.

Sous le mobile home, il y avait une chaussure de femme. Jessie comprit que ce devait être la même que celle qu’on avait retrouvée sur le corps. Il y avait des bouts de tissu, apparemment d’un vêtement déchiré, sous le mobile home, où des fils avaient dû être arrachés quand le meurtrier avait traîné sa victime sur le sol.

– Donc, elle a été tuée ici, dit Jessie, puis traînée sous le mobile home jusqu’au studio. C’est pour ça qu’on n’a pas de vidéo de ce moment. Ai-je bien compris ?

– Cela semble s’être passé comme ça, confirma Bray.

– Pourquoi ne l’a-t-il pas laissée ici ? demanda Jessie. Pourquoi courir le risque de l’emmener à un endroit où on aurait pu les voir ou de rencontrer un problème inattendu ?

– Je ne connais pas la réponse à cette question mais, quand vous verrez le corps, je crois que vous comprendrez que, quelle qu’en soit la raison, le tueur a tenu à ce que Weatherly soit retrouvée où elle était, dans l’état où elle était.

Jessie et Trembley échangèrent des regards curieux.

– On vous suit, inspectrice, dit Trembley plus calmement que Jessie aurait cru possible.

CHAPITRE HUIT

Ils examinaient le corps de Corinne Weatherly.

Morte, elle était juste une personne ordinaire. L’aura de célébrité dont elle avait bénéficié de son vivant avait été effacée et remplacée par une peau froide et des yeux vides. Le corps qu’elle avait visiblement essayé d’entretenir avec tant de soin avait commencé à se déliter. Sa peau avait perdu son élasticité et ses membres étaient rigides.

Jessie essaya de prendre ses repères dans l’espace caverneux de la salle des accessoires. Trouver une morte dans un entrepôt, ça avait un côté bizarre. Partout où Jessie regardait, il y avait des faux cadavres et un nombre illimité de membres séparés en latex sanguinolent qui donnaient l’impression qu’on les avait arrachés à des torses. Jessie aurait cru être dans un établissement de conditionnement de viande, mais avec de faux humains. Plusieurs torses féminins « morts » avaient été placés en cercle autour de Corinne, au centre de la salle.

La médecin légiste adjoint se tenait humblement de côté, prête à récupérer le corps et à l’emporter à la morgue. Selon l’inspectrice Bray, elle attendait depuis une heure, mais on lui avait interdit de bouger le corps tant que les inspecteurs de la SSH ne l’auraient pas examiné.

– Désolé, lui dit Trembley. Nous allons faire vite.

Jessie lui fit signe de se rapprocher d’elle.

– Ne t’excuse jamais de faire ton travail, marmonna-t-elle à voix basse. Nous sommes ici pour résoudre ce meurtre, pas pour hâter les choses. Si nous avons besoin d’examiner le corps pendant deux heures avant qu’elle ne l’emporte, alors, on les prend, ces foutues deux heures, d’accord ?

– D’accord, dit Trembley en rougissant. Je voulais juste être poli.

– Décide quand tu dois être poli. Cette femme qui gît au sol mérite qu’on lui fasse justice aussi bien que possible, pas qu’on soit poli.

Elle sentait qu’il allait aussi s’excuser auprès d’elle et changea de sujet.

– Que penses-tu de ça ? demanda-t-elle en montrant d’un hochement de tête ce qu’ils avaient immédiatement remarqué tous les deux quand on leur avait présenté le corps.

Dans la main droite de Weatherly, il y avait une rose blanche. Visiblement, on l’y avait placée après la mort de l’actrice. Jessie ne comprenait pas sa signification. Quand elle regarda Trembley, elle constata qu’il avait son idée.

– Ça vient du film Pétales et Irritabilité, dit-il.

– J’ai vu le film, dit Jessie, mais il y a longtemps. Je crois que j’étais à l’université. Donc, je ne me souviens pas de la rose.