Морис Леблан – Тайны Арсена Люпена. Уровень 1 / Les Confi dences d’Arsène Lupin (страница 2)
– Comment donc! Mais oui, s’écria la bonne femme, nous avons ce brave M. Lavernoux, qui est le secrétaire, l’intendant du baron. Il est bien malade, ce pauvre monsieur…
– Malade?
– Depuis quinze jours… depuis l’aventure de la baronne… Et son docteur défend qu’on entre dans sa chambre. Il m’a repris la clef.
– Qui?
– Le docteur. Un vieux à barbe grise et à lunettes, tout cassé[25]… Mais où allez-vous, monsieur?
– Je monte.»
L’un derrière l’autre[26], ils montèrent les trois étages. Lupin ouvrit la porte. Nous entrâmes. Lupin poussa un cri[27]:
«Trop tard!»
Je vis un homme à moitié nu gisait sur le tapis[28].
«Il est mort, fit Lupin, après un examen rapide. – On l’aura saisi d’une main à la gorge, et de l’autre on l’aura piqué au cœur[29]. Je dis «piqué», car vraiment, la blessure est imperceptible.»
Soudain, comme la concierge se lamentait et appelait au secours, Lupin se jeta sur elle et la bouscula:
«Taisez-vous!..[30] Écoutez-moi et répondez. C’est d’une importance considérable.[31] M. Lavernoux avait un ami dans cette rue, n’est-ce pas? à droite et sur le même côté… un ami intime?[32]
– Oui.
– Son nom?
– Monsieur Dulâtre.
– Son adresse?
– Au 92 de la rue.
– Un mot encore: ce vieux médecin, à barbe grise et à lunettes, dont vous m’avez parlé, venait depuis longtemps?
– Non. Je ne le connaissais pas. Il est venu le soir même où M. Lavernoux est tombé malade.»
Sans en dire davantage[33], Lupin m’entraîna de nouveau, redescendit et, une fois dans la rue, tourna sur la droite, ce qui nous fit passer devant[34] mon appartement. Quatre numéros plus loin, il s’arrêtait en face du 92. Lupin s’informa si M. Dulâtre se trouvait chez lui.
«M. Dulâtre est parti, répondit le marchand… voilà peut-être une demi-heure… Il semblait très agité, et il a pris une automobile, ce qui n’est pas son habitude[35]. Il a crié l’adresse assez fort! «À la Préfecture de Police»«
Lupin demanda encore si personne n’était venu après le départ de M. Dulâtre.
«Si, un vieux monsieur à barbe grise et à lunettes.
– Je vous remercie, monsieur,» dit Lupin.
Il se mit à marcher lentement, sans m’adresser la parole[36]. Nous étions arrivés sur les boulevards. Lupin entra dans un cabinet de lecture[37] et consulta très longuement les journaux de la dernière quinzaine[38].
La nuit était venue[39], nous dînâmes dans un petit restaurant et je remarquai que le visage de Lupin s’animait peu à peu. Quand nous partîmes, c’était vraiment le Lupin qui a résolu d’agir[40] et de gagner la bataille.
Le baron Repstein habitait dans un hôtel à trois étages.
«Halte![41] dit Lupin tout à coup. – Crebleu![42] le combat sera rude. Allez-vous coucher, mon bon ami. Demain, je vous raconterai mon expédition si elle ne me coûte pas la vie.»
Il déclama:
«
Je m’éloignai aussitôt. Trois minutes plus tard Lupin sonnait à la porte de l’hôtel Repstein.
«M. le baron est-il chez lui?
– Oui, répondit le domestique.
– M. le baron connaît l’assassinat de son intendant Lavernoux?»
Une voix cria d’en haut[44]:
«Faites monter, Antoine.»
Le domestique conduisit Lupin au premier étage. Là, le baron Repstein l’attendait.
C’était un homme très grand. Il portait des vêtements de coupe élégante[45].
Il introduisit Lupin dans son cabinet de travail et demanda:
«Vous savez quelque chose?
– Oui, monsieur le baron.»
Lupin s’assit, et commença:
«– Eh bien, monsieur le baron. Tantôt, de sa chambre, Lavernoux, qui, depuis quinze jours, était tenu par son docteur en une sorte de réclusion[46], a télégraphié certaines révélations à l’aide de signaux, que j’ai notés en partie[47]. Lui-même a été surpris au milieu de cette communication[48] et assassiné.
– Mais par qui? par qui?
– Par son docteur?
– Le nom de ce docteur?
– Je l’ignore. Mais le résultat, monsieur le baron, c’est que votre hôtel est cerné. Douze agents se promènent sous vos fenêtres. Dès que le soleil sera levé, ils entreront au nom de la loi[49], et ils arrêteront le coupable.»
Le baron Repstein se leva:
«Allez jusqu’au bout[50], monsieur. Il m’est impossible d’attendre davantage.»
Lupin reprit d’une voix lente et qui hésitait:
«C’est que… voilà… l’explication devient difficile… Il s’agit aussi de votre femme, la baronne…
– Je ne comprends pas.
– Il faut pourtant que vous compreniez, Monsieur le baron… Eh bien, il y a une excellente raison pour qu’on ne l’ait pas revue après sa fuite.
– Laquelle?
– C’est que la baronne Repstein a été assassinée…
– Assassinée!.. la baronne!.. mais vous êtes fou![51]
– Assassinée, et ce soir-là, tout probablement.
– Et cet assassin?
– Celui-là même qui, depuis quinze jours, sachant que Lavernoux, par la situation qu’il occupait dans cet hôtel, a découvert la vérité, le tient enfermé; celui-là même qui, surprenant Lavernoux en train de communiquer avec un de ses amis, le supprime froidement d’un coup de stylet au cœur.
– Le docteur, alors? Mais qui est ce docteur? Et je le connais?
– Oui.
– Qui est-ce?
– Vous!
– Moi!..»