Коллектив авторов – Очерки истории Франции XX–XXI веков. Статьи Н. Н. Наумовой и ее учеников (страница 37)
La toute première appréciation du RPF a vu le jour dans la presse officielle soviétique, le 17 avril 1947, dix jours après la déclaration de De Gaulle fondant le nouveau Rassemblement. C’est la
La presse du Parti reprend ses invectives contre le RPF à maintes occasions: au mois d’octobre 1947 lors des élections municipales, le 17 juin 1951, jour des élections législatives, en avril-mai 1953, en commentant les élections municipales, les dernières auxquelles le RPF a pris part. Les jugements sur le RPF dont les activités se réalisaient en pleine guerre froide restaient toujours les mêmes: «Comploteurs du RPF qui visent à priver les Français de toutes leurs libertés»[599]; «parti pro-américain» et «clique de De Gaulle»[600], «soutien des forces réactionnaires, pro-fascistes»[601]. La presse soviétique accusait le RPF non seulement d’avoir l’intention de subordonner les intérêts de la France à ceux de l’impérialisme américain – ce qui était diamétralement opposé au but de De Gaulle d’assurer «la grandeur nationale de la France» – elle condamnait aussi sa soi-disant volonté «d’instaurer en France une dictature fasciste», contre laquelle le Général a lutté de façon intrépide, persévérante et conséquente durant les années de la Deuxième Guerre mondiale. Telles sont les caractéristiques les plus frappantes du RPF à l’époque: «Le parti néo-fasciste de De Gaulle qui s’est attribué le nom menteur de «Rassemblement du peuple français» met en exécution le programme et la tactique qui ne sont que los répliques françaises du programme et de la tactique du fascisme allemand et avant tout du fascisme italien»[602]. Le RPF et de Gaulle personnellement «sont soutenus par le bloc des partis réactionnaires agissant sur l’ordre de Washington pour frayer le chemin à de Gaulle, candidat au dictateur fasciste»[603].
Après les élections législatives de 1951, la
D’autres journaux soviétiques reprennent les invectives de l’organe du CC du PCUS. Entre autres, la
Si la presse soviétique ne justifie généralement pas ses opinions négatives au sujet du RPF et ne cite jamais le programme de ce parti, les archives appartenant naguère au PCUS[606]témoignent d’une autre approche. Ayant des contacts constants et suffisamment étroits avec les responsables du mouvement communiste français, les fonctionnaires de la section internationale du CC du PCUS suivent avec attention les activités du RPF, étudient les orientations de son programme. Néanmoins, la guerre froide, le regain de la répression en URSS, l’hystérie anti-impérialiste toujours plus intense, l’hostilité à l’égard de tout «parti bourgeois», «défenseur du régime capitaliste», toutes ces particularités du moment contribuent au fait que les documents du Parti de même que la presse soviétique officielle attribuent à l’activité de De Gaulle et de son Rassemblement des caractéristiques défavorables, le plus souvent injustes et fausses, basées sur les informations largement subjectives fournies au CC du PCUS par les dirigeants du Parti communiste français. Suivant le principe que «celui qui ne se range pas du côté du PCF est l’ennemi du socialisme», le mouvement gaulliste était présenté comme la menace principale à l’indépendance nationale de la France et au maintien du régime républicain. L’intention de De Gaulle d’instaurer «un pouvoir fort» est considérée comme sa volonté d’établir la dictature; l’idée gaulliste de «grandeur nationale» est interprétée comme une preuve de la «politique impérialiste d’expansion»; les réformes sociales avancées par le RPF – comme celles n’ayant pour but que de détruire la solidarité de classe des travailleurs français afin «d’intensifier par la suite leur asservissement par le grand capital»[607].
Analysant les informations fournies par les leaders du PCF, dont Étienne Fajon à la section internationale du CC du PCUS les responsables soviétiques précisent dans les documents secrets, en septembre 1947, que «l’activité actuelle de la fraction gaulliste et de son chef donne un éclat nouveau à la diffusion des thèmes idéologiques du néo-fascisme: le culte de «l’État fort» et de l’homme providentiel, l’anathème contre les partis, le paternalisme, le corporatisme»[608]. Les documents du parti datés du mois de septembre 1947 signalent que «les partis gouvernementaux de la Troisième Force cherchent à frayer le chemin au RPF, à créer la base de «réconciliation», à faire naître une large coalition anticommuniste et à réunir les forces des partis américains»[609]. Le RPF y figure en tant que «mouvement de caractère fasciste au service de l’impérialisme américain»[610]. En se fondant sur les jugements de Georges Soria, membre du PCF, chef de la rubrique internationale du journal parisien
Youri Jokov, éditorialiste connu, correspondant de la
Or, les élections législatives n’apportent pas la victoire réelle au RPF: le Rassemblement n’arrive pas à obtenir la majorité absolue au Parlement qui aurait permis de modifier la Constitution de 1946; et, lors des élections, de Gaulle n’a pas voulu présenter de candidats en faisant union avec d’autres partis. Même devant ces faits, les responsables des partis communistes français et soviétique signalant dans les documents secrets un certain recul du RPF, soutiennent l’idée que «le danger de l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle reste toujours réel» [616]. Au printemps 1952, Youri Joukov présentant son rapport à L. Ilitchev, rédacteur en chef de la