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Блейк Пирс – Avant Qu’il Ne Faillisse (страница 9)

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- D’accord, répondit Ellington. Mais seras-tu honnête avec moi, et me diras-tu si tu commences à te sentir faible ou pas dans ton assiette ?

- Oui. Promis.

Il l’examina d’un air suspicieux et en même temps joueur, comme s’il n’était pas sûr de pouvoir lui faire confiance. Puis il lui prit la main tout en les conduisant vers le centre ville pour trouver un hôtel pour la nuit.

***

Ils avaient à peine eu le temps de s’installer dans leur chambre quand le téléphone de Mackenzie sonna. Même si elle ne connaissait pas le numéro, elle répondit tout de suite. Elle sentait le poids du compte-à-rebours imposé par McGrath, l’heure qui tournait. Elle savait que si cette affaire n’était pas résolue au moment où les cours reprendraient la semaine suivante – dans cinq jours, en réalité – il serait de plus en plus difficile d’avancer avec le retour de tous les étudiants.

- Agent White à l’appareil, dit-elle en décrochant.

- Agent White, ici Charles McMahon, conseiller de parcours pédagogique à l’Université Queen Nash. Je vous rappelle suite au message que vous m’avez laissé.

- Génial, merci pour votre rapidité. Êtes-vous à l’université en ce moment ?

- Non. Je croule sous le travail, donc j’ai redirigé tous les messages de la ligne de mon bureau sur mon téléphone personnel.

- Oh, je vois. Eh bien, je me demandais si vous accepteriez de répondre à quelques questions au sujet d’un meurtre récent.

- Je suppose que vous parlez de Jo Haley.

- En réalité, non. Un autre meurtre a eu lieu il y a deux jours. Une autre étudiante de Queen Nash. Une jeune femme nommée Christine Lynch.

- C’est terrible, dit-il, l’air vraiment choqué. Est-ce… eh bien, deux étudiantes en si peu de temps… pensez-vous que ce soit prémédité ? Un tueur en série ?

- Nous n’avons toujours pas la moindre certitude, répondit Mackenzie. Nous espérions que vous puissiez nous apporter des informations supplémentaires. J’ai vu sur le site de l’université qu’il y avait seulement deux conseillers de parcours pédagogiques pour le département de sciences politiques et vous êtes l’un d’eux. J’ai aussi eu vent du fait que Jo Haley et Christine Lynch avaient le même conseiller. Serait-ce vous, par hasard ?

McMahon laissait échapper un ricanement nerveux à l’autre bout du fil.

- Non. D’ailleurs, c’est l’une des raisons principales pour lesquelles j’ai autant de travail. L’autre conseiller de parcours pédagogique de notre département, William Holland, a démissionné trois jours avant les vacances d’hiver. J’ai récupéré la plupart de ses étudiants… et je continuerais probablement à m’occuper d’eux jusqu’à ce qu’ils lui trouvent un remplaçant. Nous avons un assistant, mais j’ai été débordé.

- Avez-vous une idée de la raison qui a poussé Holland à démissionner ?

- Eh bien, la rumeur a couru qu’il avait eu une relation avec une étudiante. D’après ce que je sais, il n’y a jamais eu la moindre preuve, donc j’ai toujours pensé qu’il s’agissait seulement d’une rumeur. Mais quand il a démissionné, de nulle part, j’avoue m’être posé des questions.

Ouais, moi aussi, je me pose des questions, songea Mackenzie.

- D’après ce que vous savez, a-t-il commis un acte louche ? Est-ce le type d’homme pour lequel une nouvelle pareille vous choquerait ?

- Je n’ai aucune certitude. Enfin… Je le connaissais seulement parce qu’on travaillait ensemble. Je ne le fréquentais pas en dehors de la fac.

- Donc je suppose que vous n’avez aucune idée de l’endroit où il vit ?

- Désolé, non.

- Tant que je vous ai au téléphone… Monsieur McMahon, quand avez-vous parlé pour la dernière fois à Jo ou à Christine ?

- Je ne leur ai jamais parlé. On me les a assignées toutes les deux quand j’ai récupéré les étudiants de Holland mais je n’ai jamais eu de contact avec elles, en dehors des mails groupés envoyés à tous les étudiants concernés. (Il marqua une pause et ajouta) : Vous savez, étant donné la nature de ce qui est arrivé, je pourrais probablement vous obtenir l’adresse de Holland. Je dois juste passer quelques coups de fil.

- C’est très aimable, répondit Mackenzie. Mais ce n’est pas nécessaire. Je peux obtenir cette information par moi-même. Mais je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé.

Sur ce, elle raccrocha. Ellington, assis sur le bord du lit, un pied nu, l’autre encore chaussé, avait tout écouté.

- Qui est Holland ? demanda-t-il.

- William Holland.

Elle partagea toutes les informations obtenues durant sa brève conversation avec McMahon avec lui. Tout en parlant, elle s’assit sur le bord du lit. Elle n’avait pas réalisé à quel point elle était épuisée avant de s’asseoir.

- Je vais passer un appel pour obtenir ses coordonnées. S’il travaille à la fac, il y a de grandes chances pour qu’il habite près d’ici.

- Et si c’est notre coupable, renchérit Mackenzie, mon appel et le message que je lui ai laissé l’ont probablement paniqué.

- Je suppose donc qu’il faut qu’on agisse vite.

Elle hocha la tête et se rendit compte qu’elle avait une fois de plus posé une main sur son ventre. C’était presque habituel maintenant, comme quelqu'un qui se rongeait les ongles ou faisait nerveusement craquer ses phalanges.

Il y a de la vie là-dedans, pensa-t-elle. Et cette vie, si j’en crois ce que j’ai lu, ressent la même chose que moi. Elle ressent mon anxiété, mon bonheur, mes peurs…

Tout en écoutant Ellington en pleine recherche de l’adresse de William Holland, Mackenzie se demanda pour la première fois si elle avait commis une erreur en cachant sa grossesse à McGrath. Elle prenait peut-être un énorme risque en restant Agent actif, sur le terrain.

Une fois cette affaire bouclée, je le lui dirai, décida-t-elle. Je me concentrerai sur le bébé, sur ma nouvelle vie et…

Elle était manifestement tellement plongée dans ses réflexions qu’elle n’avait pas entendu une question d’Ellington. Ce dernier la dévisageait, comme s’il attendait une réponse.

- Je suis désolée, dit-elle. J’étais perdue dans mes pensées.

Il sourit et répondit :

- Pas de problème. J’ai obtenu une adresse pour William Holland. Il vit en ville, à Northwood. Tu te sens assez en forme pour aller lui rendre visite ?

Honnêtement, ce n’était pas le cas. La journée n’avait pas été excessivement fatigante mais se plonger dans une enquête juste après un séjour en Islande, et avoir peu dormi pendant les trente-six heures précédentes commençait à attaquer ses réserves. Elle savait aussi que le bébé en pleine croissance logé dans son ventre absorbait une partie de son énergie. Cette pensée la fit sourire.

Mais par ailleurs, qu’il s’agisse d’interroger ce type ou de l’arrêter, ce serait relativement rapide. Elle afficha donc son expression « allons attraper les méchants » la plus convaincante et se leva.

- Ouais, allons le saluer.

Ellington l’imita et plongea son regard dans le sien.

- Tu es sûre ? Tu as l’air fatiguée. Tu m’as dit il y a moins d’une demi-heure que tu te sentais un peu crevée.

- Ça va. Je me sens bien.

Il l’embrassa sur le front et hocha la tête.

- Alors d’accord. Je te crois sur parole.

Avec un autre sourire, il se pencha et caressa son ventre avant de se diriger vers la porte.

Il s’inquiète pour moi, pensa-t-elle. Il aime déjà tellement cet enfant que ça le bouleverse. Il sera un si bon père…

Mais avant qu’elle ait le temps de s’appesantir sur cette idée, ils étaient sortis de la chambre et se dirigeaient vers la voiture. Ils avançaient avec une telle détermination et une telle rapidité qu’elle se rappela une fois de plus pourquoi elle ne pourrait pas vraiment se concentrer sur ses réflexions au sujet de leur futur ensemble avant la clôture de l’enquête.

CHAPITRE SEPT

Il était dix-neuf heures passées lorsqu’Ellington gara sa voiture devant la maison de William Holland. C’était une petite maison située un peu à l’écart dans un lotissement charmant, le type de maison qui ressemblait plus à un cottage égaré qu’à autre chose. Une seule voiture était garée devant, dans l’allée pavée et plusieurs lumières étaient allumées à l’intérieur.

Ellington frappa à la porte, plein d’assurance. Sa détermination n’était impolie en aucune façon mais il montrait clairement à Mackenzie que chaque fois que sa santé le préoccuperait, il prendrait les devants sur tous les aspects de l’enquête : conduire, frapper aux portes, etc.

L’homme qui ouvrit était d’apparence très soignée, âgé d’une quarantaine d’années. Il portait une paire de lunettes à la mode et un ensemble blazer-pantalon kaki. S’ils en croyaient les effluves qui émanaient de la porte ouverte derrière lui, il avait commandé à chinois pour le dîner.

- William Holland ? demanda Ellington.

- Ouais. Vous êtes ?

Ils montrèrent tous les deux leurs badges. Mackenzie avança d’un pas à ce moment-là.

- Agents White et Ellington, du FBI. Nous savons que vous avez récemment quitté votre poste à Queen Nash.

- Oui, dit Holland, l’air incertain. Mais je ne comprends pas. En quoi cela justifie-t-il une visite du FBI ?

- Pouvons-nous entrer, Monsieur Holland ? demanda Ellington.

Holland réfléchit un instant avant d’accepter.