Блейк Пирс – Avant Qu’il Ne Faillisse (страница 4)
Tandis que Mackenzie et Ellington sortaient de la salle dédiée aux mariages et arpentaient le couloir principal, Yardley fit de son mieux pour leur adresser un petit discours de félicitation avant de s’éloigner précipitamment.
Mackenzie la regarda s’en aller en se demandant pourquoi elle était si pressée.
- Je ne dirais pas que c’est impoli, loin de là, fit-elle remarquer à Ellington. Mais on aurait dit qu’elle mourait d’envie de filer au plus vite.
- C’est parce que je lui ai parlé avant la cérémonie, répondit Ellington. Je lui ai dit de prendre ses jambes à son cou à la fin.
- Ce n’est pas très sympathique de ta part. Puis-je savoir pourquoi ?
- Parce que j’ai convaincu McGrath de nous accorder un congé jusqu’à lundi prochain. J’ai mis à profit tout le temps et le stress que j’aurais investis dans la planification d’un mariage pour organiser une lune de miel.
- Quoi ? Tu te moques de moi ?
Il secoua la tête. Elle l’enlaça, en essayant de se souvenir d’un moment où elle avait été aussi heureuse. Elle se sentait comme une très jeune fille à qui on aurait offert tout ce qu’elle désirait pour Noël.
- Quand as-tu réussi à faire tout ça ? demanda-t-elle.
- Principalement sur mon temps de travail, répondit-il en souriant. Maintenant, il faut qu’on se dépêche. Nous avons des valises à préparer et un mariage à consommer. Notre avion décolle pour l’Islande dans quatre heures.
Le choix de la destination commença par lui paraître étrange. Mais elle se souvint soudain de leur conversation sur la liste de ce qu’ils souhaitaient faire avant de mourir, rédigée quand elle avait découvert qu’elle était enceinte. Ce qu’elle voulait accomplir avant de mettre un enfant au monde. Mackenzie avait mentionné son rêve de dormir à la belle étoile et de voir une aurore boréale.
- Ouais, alors filons, lança-t-elle. Parce que vu mon humeur et ce que je compte te faire de retour chez nous, je ne sais pas comment nous allons réussir à arriver à temps à l’aéroport.
- Oui, madame, dit-il, en se hâtant vers la porte. Une question, cependant.
- Quoi donc ?
Il lui sourit et demanda :
- Puis-je t’appeler Mme Ellington maintenant ?
Son cœur bondit dans sa poitrine en entendant sa question.
- Je suppose que oui, dit-elle alors qu’ils sortaient, faisant leurs débuts dans le monde en tant que couple marié.
CHAPITRE DEUX
Commettre un meurtre n’avait rien eu à voir avec ses expectatives. Il pensait qu’il serait obsédé, à un degré ou à un autre, par le : qu’ai-je fait ? Qu’il vivrait peut-être un moment de culpabilité déterminant, ou aurait la certitude d’avoir altéré définitivement la vie d’une famille. Mais il n’avait rien ressenti de tel. Le seul sentiment qu’il avait éprouvé après les meurtres – après avoir tué ses deux victimes – était une paranoïa accablante.
Et, s’il était honnête, de la joie.
Il avait peut-être été stupide de commettre ces meurtres avec une telle nonchalance. Il avait été surpris de trouver cet acte si naturel. Cette perspective le terrifiait avant qu’il pose ses mains sur leurs cous – avant qu’il ne serre et regarde la vie abandonner leurs beaux corps. Le meilleur moment avait été d’observer la lumière quitter leurs yeux. Il ne s’y attendait pas, mais cela avait été érotique – la plus grande preuve de vulnérabilité dont il avait été témoin de toute sa vie.
La paranoïa, en revanche, était pire qu’il l’avait imaginée. Il s’était révélé incapable de dormir pendant trois jours après avoir tué la première fille. Il s’était donc prémuni contre un tel désagrément après la seconde. Quelques verres de vin rouge et un somnifère juste après l’assassinat et son sommeil avait été plutôt réparateur, en fin de compte.
Mais ce qui le taraudait, c’était la difficulté qu’il avait éprouvée pour quitter la scène du crime la seconde fois. La manière dont elle s’était effondrée, la manière dont la vie avait disparu de ses yeux en un instant… cela lui avait donné envie de rester là, à fixer ces yeux fraîchement morts pour percer les secrets qu’ils renfermaient. Il n’avait jamais ressenti un tel désir auparavant, même si pour être honnête, il n’avait jamais considéré la possibilité de tuer avant l’année dernière. Donc apparemment, exactement comme les papilles gustatives, la morale d’une personne pouvait évoluer d’une minute à l’autre.
Il y pensait, assis face à sa cheminée. La maison tout entière était tellement silencieuse et calme qu’il percevait le bruit de ses doigts sur son verre de vin. Il regardait le feu crépiter tout en sirotant un vin rouge à l’arôme puissant.
C’est ta vie maintenant, se dit-il. Tu ne t’es pas contenté de tuer une personne, tu en as supprimé deux. Bien sûr, ces meurtres étaient nécessaires. Tu devais le faire, c’était une question de vie ou de mort pour toi. Même si techniquement, aucune de ces filles ne méritaient de mourir, seule la nécessité a guidé ta main.
Il se répétait la même chose en boucle. C’était l’une des raisons pour lesquelles la culpabilité à laquelle il s’attendait ne l’avait pas encore paralysé. C’était peut-être aussi la raison pour laquelle il y avait autant de place pour que la paranoïa s’immisce et s’enracine en lui.
Il s’attendait à ce qu’on frappe à sa porte à tout moment et à trouver un policier sous le porche. Peut-être même les membres d’une unité spéciale, équipés d’un bélier. Et le pire, c’était qu’il savait qu’il le méritait. Il ne caressait pas l’illusion de s’en tirer en toute impunité. Il savait qu’un jour, la vérité éclaterait. Le monde fonctionnait ainsi, de nos jours. Le secret n’existait plus, il n’était plus possible de vivre sa propre vie.
Lorsque le moment viendrait, il se pensait capable d’encaisser la décision que prendrait la justice, en restant debout, comme un homme. La seule question qui le tourmentait était celle du nombre de ses futures victimes. Combien de personnes serait-il obligé de tuer ? Une part de lui le suppliait d’arrêter, tentait de le convaincre qu’il avait déjà fait son travail et que personne d’autre ne devait mourir.
Mais il avait la certitude que ce n’était pas le cas.
Et pire encore, la perspective de recommencer éveillait une excitation qui vibrait dans tout son corps et le consumait à l’image du feu devant lui.
CHAPITRE TROIS
Elle était consciente que c’était seulement dû au changement de décor, mais faire l’amour dans la nature islandaise, sous le majestueux tourbillon de l’aurore boréale, était phénoménal. La première nuit, lorsqu’Ellington et elle en eurent fini avec les festivités, Mackenzie passa sa nuit la plus exquise depuis très longtemps. Elle s’endormit heureuse, physiquement satisfaite, sentant qu’une vie croissait en elle.
Ils se réveillèrent le matin suivant et burent un café très amer autour d’un petit feu dans leur campement. Ils se trouvaient dans la partie nord-est du pays, bivouaquaient à environ douze kilomètres du lac Myvatn, et Mackenzie avait l’impression qu’ils étaient seuls au monde.
- Que dirais-tu de poisson frais pour le petit-déjeuner ? demanda Ellington à brûle-pourpoint.
- Je pense qu’un porridge et du café sont amplement suffisants.
- Le lac est seulement à douze kilomètres. Je pourrais pêcher quelques poissons et nous préparer un vrai repas d’aventuriers.
- Tu pêches ? demanda-t-elle, surprise.
- Je pêchais très souvent, avant, répondit-il.
Son regard se perdit au loin. Elle savait maintenant que ce regard signifiait qu’il abordait un sujet lié à un élément de son passé étroitement lié à son premier mariage.
- Je serais curieuse de voir ça.
- C’est du scepticisme que j’entends dans ta voix ?
Sans rien ajouter, elle se leva pour se diriger vers le quatre-quatre qu’ils avaient loué.
- Va pour du poisson.
Ils montèrent dans le quatre-quatre et prirent le chemin du lac. Mackenzie était charmée par les espaces verts à perte de vue, les fjords, la nature qui semblait parfois tout droit sortie d’un conte de fées. Le contraste était total avec le bruyant tourbillon d’activités auquel elle s’habituait chaque jour un peu plus à Washington. Elle jeta un coup d’œil à Ellington, concentré sur la route. Il était beau avec son apparence négligée, ses cheveux encore légèrement ébouriffés après une nuit dans la tente. Et alors qu’ils avaient prévu de passer la nuit dans un petit motel, principalement pour prendre des douches avant de retrouver leur bivouac, elle devait admettre que son aspect un peu crasseux, brut de décoffrage, avait quelque chose d’attrayant. Étrangement, le voir comme ça l’aidait à concevoir l’idée de passer le reste de sa vie avec lui.
Ils arrivèrent au lac vingt minutes plus tard et Ellington s’installa sur un vieux ponton défraîchi, armé de la canne à pêche qu’il avait louée. Mackenzie se contenta de le regarder, et ils échangèrent seulement quelques propos anodins. Elle appréciait de le voir faire quelque chose qu’elle n’aurait jamais même imaginé qu’il pouvait apprécier. Cela lui rappelait qu’elle avait encore tant de choses à apprendre sur lui – une pensée qui lui donnait à réfléchir quand elle observait l’homme qu’elle avait épousé seulement deux jours plus tôt.